Le resto d’après: que reste-t-il de la pandémie?

Le resto d'apres - Affiche Verticale - © Bruno Florin Le resto d'après - Minh Phat Tu (Mui Mui) Le resto d'après - Menu Extra Le resto d'après - Anita Feng (J'ai Feng) Le resto d'après - Kim Côté (Côté Est) Le resto d'après - Le Mousso Le resto d'après - Julien Massia (Arvi)

Dans la websérie Le resto d’après, disponible dès aujourd’hui sur Mordu, le réalisateur Bruno Florin explore les effets de la pandémie sur le monde de la restauration, à travers des entretiens intimes avec plusieurs chefs québécois dont les vies ont été chamboulées par la crise sanitaire… et souvent pour le mieux.

«Toutes les facettes de ma vie pendant la pandémie ont fait un 360. Mais ce 360-là, aujourd’hui, je veux rien changer de ça», raconte le chef Minh Phat Tu (Mui Mui) dès les premières minutes de la série, mettant la table pour la suite.

Même son de cloche pour Simon Mathys (Mastard) qui, après avoir goûté la vie de famille pendant la quarantaine, ne s’imagine pas revenir à sa vie d’avant.

Pour Kim Côté du restaurant Côté Est, à Kamouraska, ce hiatus a surtout été l’occasion de prendre une pause – en s’isolant dans une cabane en forêt pendant tout un hiver – afin de repartir sur de meilleures bases. «J’étais en burn-out, mais quand la pandémie arrive, on peut tout changer. 2021 a été la pire et la meilleure année de ma vie», révèle-t-il au cours d’une entrevue particulièrement touchante dans lequel il aborde ses problèmes d’alcool et le rythme inhumain qu’il s’imposait avant la pandémie.

Avec Luca Cianciulli (Moccione), Anita Feng (J’ai Feng), Massimo Piedimonte (Cabaret l’enfer), Antonin Mousseau-Rivard (Le Mousso) et Julien Massia (Arvi), pour ne nommer qu’eux, ils font partie de cette jeune génération de chefs qui ont profité de la pandémie pour tout remettre en question – jusqu’à l’idée-même d’un restaurant, dans certains cas. Menu Extra et Moccione Pizza, qu’on suit tout au long du deuxième épisode, sont deux bons exemples de purs produits de la pandémie.

La série culmine au sixième et dernier épisode avec la création du collectif La Table ronde, initié par les chefs Normand Laprise (Toqué!, Beau Mont) et Charles-Antoine Crête (Montréal Plaza) au plus fort de la crise pour mobiliser les acteurs de la haute gastronomie québécoise.

Le réalisateur Bruno Florin en tournage avec le chef Normand Laprise

Le verre à moitié plein

Sans minimiser le cauchemar que le milieu de la restauration a vécu pendant ces deux années de pandémie, Bruno Florin a choisi de braquer sa lentille sur le positif: parce que malgré tout, il y a du beau qui en est ressorti.

Le réalisateur n’en est pas à ses premières armes avec la gastronomie: on lui doit aussi le balado La bouche pleine et la websérie Bouche à oreille, qui lui ont permis d’observer les coulisses du milieu pendant cette période trouble. C’est de là qu’est né le projet du Resto d’après.

«J’ai voulu montrer à quoi ressemble la restauration en 2022», explique-t-il. Et le portrait qu’il en dresse est bien loin de la démesure du documentaire Les durs à cuir (2007) ou de la fameuse scène de l’épisode de The Layover (2012) dans laquelle Anthony Bourdin, Normand Laprise et Martin Picard boivent au goulot dans la boîte d’un pick-up en dévalant le boulevard Saint-Laurent.

Plutôt que des chefs rock star qui brûlent la chandelle par les deux bouts, on y découvre des jeunes gens en quête d’équilibre, qui souhaitent continuer de vivre de leur passion tout en s’offrant et en offrant à leurs employés des salaires, un milieu de travail et des horaires décents.

Et ça, c’est une belle raison de voir le verre à moitié plein.

Visionnez la bande-annonce:



Les six épisodes de la série sont disponibles dès maintenant sur Mordu.ca.


Photographié par Bruno Florin

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