Paris sans se ruiner: les coups de coeur de Marie l’Enfer

Ototo, Paris

Après plus de deux ans de pandémie, il fait bon remettre les pieds dans la ville lumière. On ne vient pas à Paris pour y dormir. Entre les galeries d’art, musées, vestiges architecturaux, boutiques de luxe, la mode, la culture, les terrasses et les cafés, vous avez le choix. Il y en a pour tous les goûts et le temps file plus vite qu’on ne le souhaiterait!

Quoi de mieux que se balader gaiement d’un quartier à l’autre en vélo ou trottinette électrique afin de voir un maximum et s’éviter les transports en commun?

Ce ne sont évidemment pas les restaurants qui manquent à Paris. Un dédale de choix s’offre à nous, de la street food à la haute gastronomie étoilée, en passant par la bistronomie. Afin de maximiser votre expérience gastronomique, il est impératif de planifier un peu. Les restos affichent souvent complet et il peut s’avérer ardu de booker une table à la dernière minute. On risque moins d’être déçu si l’on s’y prend d’avance. Notez que la plupart des adresses gardent des places libres même si elles affichent complet en ligne. N’hésitez pas à appeler.

Toujours enchantée par les populaires adresses déjà visitées où l’on offre du sans faille, comme chez Clamato, Au passage, Septime, Frenchie, Déviant, Servan, la ville offre de plus en plus de petites adresses inspirées de la cuisine de rue en mode  « petits plats à partager » et des popups à des prix qui ne feront pas éclater votre budget.

Voici quelques adresses sympathiques dont plusieurs très abordables qui vous enchanteront à coup sûr.

Bang Bang — 9 Rue du Liban, 75020 Paris

Bang Bang, Paris

Sympathique petit restaurant du 20e arrondissement, à mi-chemin entre Belleville et Ménilmontant, Bang Bang arbore des allures de «dîner rétro moderne»: comptoir vert lime, tables jaune serin, néons oranges. Ici, on ne dégaine pas que le look mais les saveurs pimentées qui font BANG! Cuisine colorée inspirée de la street food sans pourtant manquer de finesse, on y déguste des petits plats inspirés des quatre coins du monde avec un focus asiatique en mode tapas à partager, le tout magnifiquement exécuté: Chili cheese croquetas coulante à tomber par terre agrémentées d’une sauce mangue-gingembre, tendres brochettes de poulpe caramélisé et pickle d’oignons doux, salade de «smashed cucumber», melon charentais, oseille, chipotle chili jam, salade de papaye verte et chicharron parfaitement relevée, décadent Empanada au porc fondant abricot au curry rouge, poulet BBQ et quelques plats plus costauds comme le curry de poisson et porc tomahawk chimichurri aux feuilles de shiso sont au menu. On apprécie la cuisine festive et généreuse sur un fond de musique rap dans un cadre décontracté.

À boire : Bière artisanale, mezcal, vin nature et soft drinks exotiques aromatisés au CBD. Plats entre 8€ et 32€.

Fabula — 16 Rue des Francs Bourgeois, 75004 Paris

Restaurant éphémère du candidat Top Chef Thibaut Spiwack, Fabula s’impose le temps d’un moment pour échapper au rythme effréné du vibrant et bruyant quartier Le Marais. Secret bien gardé, ce diamant brut niché dans le majestueux jardin intérieur du Musée Carnavalet, entre deux hôtels particuliers iconiques du Marais, vaut le détour non seulement pour sa vaste et somptueuse terrasse bordée de fleurs et de verdure mais pour sa cuisine inspirée et sa carte de cocktails signée Nico de Soto (meilleur bartender francais 2014).

De jour, on y propose un menu réduit de type snacks à partager en libre-service. Le soir, la carte s’étoffe de plats plus chics déclinés en quatre thèmes – végétal, viande, poisson et sucré – qu’on partage sans hésiter. Il faut faire vite pour en profiter. L’endroit éphémère ferme en octobre 2022. Réservation fortement recommandée.

Faste — 52 Rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 Paris

Le croque-monsieur jambon béchamel de Faste

Faste : n.m. Déploiement de magnificence, de luxe. Adj. Jour faste, jour favorisé par la chance.

Chez Faste, on ne rigole pas avec l’emblématique croque-monsieur, item phare du patrimoine culinaire français. Le chef Nicolas Duquenoy le décline au gré de son humeur et des produits de saison dans son petit restaurant rue Faubourg Saint-Martin. Une douzaine de variétés sont offertes au comptoir, des plus classiques aux plus funky, tous préparés avec les meilleurs produits offerts sur le marché. Outre le classique jambon béchamel, on opte pour l’excellent veggie,  constitué de boursin, aubergine, courgette, fenouil, tomate, mozzarella et basilic, ou encore le  Plaisant pastrami, avec pastrami, cornichon, cheddar, béchamel et tomate confite. Quelques choix de salades sont aussi offerts pour agrémenter ces généreux et bourratifs sandwiches fromagés. Parfait pour un lunch rapide et décontracté qui détonne.

Entre 8€ et 13€, du lundi au samedi de 10h à 22h.

Gramme — 86 Rue des Archives, 75003 Paris

Véritable pépite du Haut Marais, Gramme est l’endroit par excellence pour « petit déjeuner » ou bruncher entre amis dans un lieu convivial avant une virée shopping. Posé sur la rue des Archives, le restaurant au décor vintage reflète la personnalité chaleureuse des proprios, Marine et Romain. Puisant leur inspiration dans la mixité culturelle parisienne, ils proposent une cuisine originale, qui repose sur la qualité des produits de saison des producteurs locaux.

Côté menu, on y déguste un bánh mì-dog composé de porc effiloché sur un moelleux pain au lait, garni de concombre croquant et d’échalotes frites, le tout nappé d’une mayonnaise à la coriandre. Pour les adeptes du brunch, l’œuf à la turque sur un yogourt aux herbes, tomates rôties, huile de chili à la rose et dukkha est tout simplement savoureux.

À la carte qui change selon les saisons s’ajoute un bel éventail de viennoiseries plus alléchantes les unes que les autres et un café délicieux. Noter que l’attente le weekend peut être longue puisqu’on compte seulement une vingtaine de places. Pas de réservation.

Le Dauphin — 131 Avenue Parmentier, 75011 Paris

Magnifique bar à vin, décoré de marbre du comptoir au plafond, on ne se trompe pas en visitant ce joyau du tapas situé dans le 11e. La qualité des plats et la carte des vins vous feront oublier l’accueil et le service typiquement Parisien. Sublime croquette fondante au jambon ibérique, artichaut vinaigrette, haddock délica ytement fumé accompagné de concombre, poivre rose et salicorne, thon au beurre noisette de câpre, palourdes persillées, tartare de bœuf ou pigeon entier, chaque plat est un délice exécuté à la perfection et nous donne envie de plonger un peu plus en profondeur dans la sublime carte des vins.

Du mardi au vendredi pour le lunch et du mardi au samedi en soirée.

Mokonuts — 5 Rue Saint-Bernard, 75011 Paris

Un charmant petit café perdu dans le 11e arrondissement qui n’a pourtant rien de banal. En mode coffee shop gourmet au petit déjeuner, on y sert tartines, granola, gaufres et café jusqu’à 10h30. S’ensuit un lunch fabuleux tout en fraîcheur, à l’humeur du chef et au gré des produits saisonniers, de midi à 14h30.

Mokonuts, c’est le projet de Moko Hirayama, originaire du Japon, ayant grandi à San Francisco et New York, et de son mari Omar Koreitem, né au Liban mais élevé à Paris. Elle signe la carte des pâtisseries et il gère fourneaux et le menu du midi pendant qu’elle opère seule le service.

On y retrouve une cuisine sophistiquée, inventive et minimaliste, dans une ambiance souriante et conviviale puisant dans les racines de chacun, au grand bonheur de nos papilles. Salade de tomates anciennes, pastèque et capocollo, tartare de chinchard, concombre et pesto de tomates vertes, thon rouge de ligne, aubergine fumée, tomates et sauce romesco… Le menu change au fil des saisons et de la disponibilité des produits, mais reflète toujours le même esprit de respect du produit avec une touche méditerranéenne. Impossible de ne pas céder à la tentation de goûter les pâtisseries inspirées et savoureuses de Moko, pleines de surprises, incorporant des ingrédients inusités comme le sumac, le tahini, le miso ou l’olive sèche. On quitte l’endroit enchanté, le sourire aux lèvres, une pâtisserie dans le sac pour la route.

Du lundi au vendredi pour le petit déjeuner et le déjeuner. Réservation pour le lunch fortement recommandée.

Ototo — 3 Rue des Ecouffes, 75004 Paris

Impossible de ne pas sourire en mettant les pieds dans cet amusant popup éphémère insta friendly du Marais. Les murs comme les plafonds y sont peints en jaune flash, les objets, tabourets et accessoires à l’effigie du « smiley » omniprésents. L’espace est décoré de jouets vintages et de posters qui ramènent droit en enfance. Allô Astro le petit robot!

Chez Ototo, on se spécialise dans le sando, ce sandwich culte de la street food nippone, fait sur un pain moelleux créé à partir d’une recette traditionnelle japonaise. Quatre choix au menu: le Torikatsu, garni de poulet frit et mayo gojuchang; le Katsu ‘O’ fish, à la morue frite et sauce tartare shiso-wakame-estragon; le Tamago Sando, avec salade d’œuf japonaise et sauce omurice; et finalement le Teriyaki Smash au bœuf et mayo teriyaki. Tous sont garnis de cheddar et chou rouge acidulé pour bien équilibrer le tout. On accompagne le tout d’une frite épicée en forme de smiley ou d’un poulet karaage juteux. Faites vite pour en profiter! Ototo pliera bagage en décembre 2022.

Du mardi au dimanche pour le lunch et les weekends en soirée.

Reyna — 41 Rue de Montreuil, 75011 Paris

Petite escale aux Philippines, rue Montreuil, pour découvrir la cuisine de la cheffe Erica Paredes (anciennement chez Mokoloco) aux commandes de son royaume umami chez Reyna (reine). L’enseigne rose laisse deviner une expérience inventive, pleine de caractère et débordante de saveur. On ne se trompe pas. L’espace exigu à la déco minimale et aux murs rose poudré est beaucoup plus sage que sa carte, qui donne envie de s’éclater dans cet univers de parfums exotiques.

On y déguste des plats inspirés non seulement des origines de la cheffe mais de ses voyages et apprentissages. Nul besoin de se formaliser d’une «cuisine authentique», il faut avoir du plaisir après tout. Le chou pointu est définitivement un item phare du menu. Braisé, puis grillé au beurre miso, ensuite relevé de mayo kewpie au sésame et gochujang. Qui eut cru que cet humble végétal pouvait révéler autant de noblesse? On se partage des petits plats comme une burrata agrémentée de kecap manis et huile pimentée, trois variétés de poulet frit garnis d’herbes et piment frais, débordant de saveur et juteux à souhait, avant de poursuivre vers des plats plus costauds. Il serait criminel de ne pas se partager plusieurs plats et une bouteille de vin de macération.

Entre 10$ et 36$. Mercredi au samedi 19h à 23h, dimanche midi à 16h.

Sapid — 54 rue de Paradis, 75010 Paris

En plein coeur du 11e, le célèbre chef Alain Ducasse présente Sapid, un resto qui se veut abordable et qui s’inscrit dans une démarche suivie par plusieurs chefs étoilés dernièrement, soit celle d’offrir une cuisine durable, basée sur la végétalité et prônant le non-gaspillage. Moins de sel, moins de gras, légumes accompagnés de céréales et assaisonnés de protéines marines.

Dans cet esprit, l’espace est magnifiquement décoré d’anciennes tables de 1882 provenant du lycée Lakanal, à Sceaux, et de panneaux effet marbre fabriqués avec des uniformes de policiers recyclés. Les luminaires sont des lampes anti-explosion ayant servis dans les milieux industriels chimiques du nord de la France dans les années 1950.

Pas de service aux tables chez Sapid; on commande au iPad et on se sert soi-même verre d’eau et ustensiles au fond du local. Combinaisons inusitées, fraîcheur et petits plats santé sont au rendez-vous: ceviche végétal de radis et framboise, leche de tigre et glace, petits pois frais, ricotta crémeuse, jus de cosses de pois brulées, courgettes entières cuites au four, ricotta, purée de graines de tournesol, sandwiche de pieuvre au cumin.

On y va pour apprécier un lunch santé tout en fraîcheur. Parfait après avoir abusé de la gastronomie riche en beurre que la ville peut nous offrir.

Plats entre 10€ et 14€. Du lundi au vendredi de 11h30 à 14h00 et de 19h à 21h30 (dernière réservation).

Sur Mer — 53 rue de Lancry, 75010 Paris

À deux pas du canal Saint-Martin se trouve une perle rare mettant à l’honneur des produits de la mer d’une fraîcheur irréprochable. L’espace assez restreint donne sur une cuisine ouverte et son comptoir ainsi que deux longues tables à partager.

La cheffe propriétaire Olive Davoux, qui à fait ses classes au Verre Volé, à deux pas de là, prépare un menu sexy tout en fraîcheur composé de poissons et crustacés, agrémenté d’une chouette carte de vin nature. Chez Sur Mer, les poissons sont issus de pêche à la ligne de petits bateaux et la carte s’accorde aux produits saisonniers et aux envies de la cheffe.

Les plateaux de coquillages, huîtres et bulots sont à consommer sur place ou à emporter. Le menu renouvelé au fil des arrivages assure les meilleurs produits sur le marché: palourdes vapeur, dashi à la langoustine et salicorne, calmars grillés, ceviche de chinchard, carpaccio de dorade royale, ventrèche de thon rouge grillé, truite des Pyrénées. Le menu est si excitant qu’il est difficile de faire un choix. Au menu salé s’ajoute un seul choix de dessert pour clore admirablement bien cette vague de plats savoureux et bien exécutés. On conseille 2 à 3 assiettes à partager par personne.

À propos de Marie l’Enfer

Marie-Élaine Thibault pendant son dernier voyage À Paris

Avant de devenir styliste et photographe culinaire, Marie-Élaine Thibault – alias Marie L’Enfer – a travaillé dans les cuisines de plusieurs restos réputés de Montréal, dont Kitchenette, Bouillon Bilk et Au Pied de Cochon. Elle partage aujourd’hui ses créations culinaires sur son site marielenfer.com, en plus d’enchainer les collaborations avec Le Devoir, Dinette et Mitsou Magazine.

Femme aux multiple talents, c’est aussi une figure emblématique du nightlife des années 2000: les soirées électro endiablées qu’elle organisait sous le nom de DJ Mary Hell ont fait les belles années du Saphir, du Belmont et du Royal Pheonix (aujourd’hui devenu le Ping Pong Club), entre autres. Elle poursuit aujourd’hui sa passion pour la musique en tant que gérante de Laurence Nerbonne, qu’elle accompagne dans ses tournées aux quatre coins du Québec et ailleurs dans le monde, profitant de l’occasion pour enchaîner les découvertes culinaires pour notre plus grand plaisir.


Photographié par Marie l'Enfer

À emporter

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