Boycott du homard de Nouvelle-Ecosse : Joe Beef, Le Garde Manger et d’autres adresses se joignent au mouvement

Publié le 20 octobre 2020   |   279 partages
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Boycott du homard de Nouvelle-Ecosse : Joe Beef, Le Garde Manger et d’autres adresses se joignent au mouvement

Les Micmacs sont en conflit sur les droits de pêche dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et ont récemment été la cible de violences et d’actes d’intimidation.
Quelques restaurateurs de la province ont réagi au conflit en boycottant le homard et en retirant ce dernier de leur menu.

Un peu d’histoire pour une mise en contexte…

Qui sont les pêcheurs ?

La Première nation Sipekne’katik est la première communauté à avoir lancé sa propre pêche de subsistance modérée à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse – à environ trois heures à l’ouest de Halifax, le long de la baie de Fundy. Deux autres communautés sont également sur le point de commencer leur propre pêche de subsistance modérée : Paqtnkek et Potlotek.

L’arrêt Marshall de 1999

En 1999, la Cour suprême du Canada a publié la Décision Marshall. La Cour n’a pas donné aux Micmacs le droit inconditionnel de pêcher, mais a reconnu et confirmé ce droit inscrit dans les traités.

Le juge a créé le terme « moyens de subsistance modérés » pour que les Micmacs puissent gagner de l’argent, mais pas s’enrichir. Le tribunal a ensuite rendu une deuxième décision précisant que ce droit peut être réglementé par le Canada.

Ce n’est pas illégal !

Les Micmacs ont donc un droit constitutionnel de pêcher pour une subsistance modérée, mais le Canada n’a pas encore appliqué la Décision Marshall et le ministère Pêches et Océans Canada n’a pas tenu compte du droit à une subsistance modérée dans ses règlements.

Que se passe-t-il concrètement aujourd’hui ?

Ce que l’on appelle aujourd’hui « le conflit du homard » s’est joué sur les eaux de la Nouvelle-Écosse la semaine dernière, entre des pêcheurs micmacs et d’autres non micmacs ; plusieurs politiciens ont alors demandé l’intervention du gouvernement fédéral. Le désaccord va bien au-delà de la pêche aux homards et concerne plutôt les droits des populations indigènes qui s’efforcent de gagner leur vie grâce à la chasse, la cueillette et la pêche.

« C’est de la pêche, mais c’est bien plus que cela pour nous, » a déclaré l’un des pêcheurs micmacs. « Il s’agit de faire en sorte que les autres niveaux de gouvernement respectent notre peuple. »

La semaine dernière, la communauté micmac Sipekne’katik a lancé sa pêche sur un quai fédéral, distribuant sept licences aux bateaux de pêche micmacs pour un total de 350 casiers – « …moins qu’un seul bateau de pêche commerciale ne le fait, » a déclaré ce même pêcheur. Il y a 979 permis de pêche côtière aux homards délivrés pour cette région de la Nouvelle-Écosse.

« La pêche est un moyen pour la communauté Sipekne’katik de lutter contre la pauvreté, en créant plus d’emplois qui permettent de gagner un salaire de subsistance dans la lucrative industrie du homard, » ajoute le pêcheur.

Rappelons qu’en vertu des droits que leur confère le traité, les Micmacs sont autorisés à pêcher sans restrictions afin de gagner un « moyen de subsistance modéré », selon un arrêt historique de la Cour suprême de 1999.

Mais le lancement de la pêche a suscité une opposition farouche de la part des pêcheurs non indigènes, qui affirment qu’il est illégal de pêcher le homard pendant la basse saison actuelle, en invoquant des préoccupations concernant la durabilité. Aujourd’hui, il s’agit du homard, mais les droits issus des traités s’étendent également à d’autres ressources.

Le différend sur le homard en Nouvelle-Écosse montre qu’une certaine forme de racisme est enraciné dans l’industrie canadienne de la pêche. En réponse à cette bataille, certains restaurants réputés de Montréal, tels que le restaurant Joe Beef ou Le Garde Manger prennent partie et boycottent à leur tour le homard en provenance de la Nouvelle-Ecosse.

Sources :

  • Huffington Post
  • Aptnnews.ca

© Photo Alison Slattery — Instagram

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