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Véronique Rivest et l’Outaouais : un accord parfait !

Publié le 9 septembre 2021
Véronique Rivest UPA Outaouais

Nous voici en Outaouais pour poursuivre la tournée Mangeons local plus que jamais, organisée par l’Union de producteurs agricoles en collaboration avec la fédération régionale de l’UPA Outaouais-Laurentides.

C’est la sommelière Véronique Rivest qui signe cette journée de visites à titre d’ambassadrice de sa région. Cette dernière est reconnue pour ses exploits dans le domaine, notamment sa deuxième place au concours du Meilleur sommelier du monde, en 2013. Son attachement à l’Outaouais est très grand ; elle y a habité toute sa vie et y a ouvert Soif, bar à vin son propre bar à vin, situé à Gatineau.

« Les gens ont toujours l’impression que je demeure à Montréal, mais j’ai habité ici toute ma vie, ou presque. Il y a aussi des talents en région! » souligne-t-elle.

Ferme Laronde

Notre premier arrêt : La ferme Laronde. Située à Venosta, l’entreprise a été achetée en 2010 par Carole Laplante et Donald Laronde qui souhaitaient en faire un projet de retraite. Au départ, ils possédaient quelques vaches et des poules pondeuses. Puis, en 2015, ils ont décidé de se lancer dans l’élevage d’agneaux. « Nos bêtes sont élevées naturellement au pâturage, en liberté, sans antibiotiques ni hormones. Nous en sommes très fiers. » Les mâles et les femelles sont toutefois séparés afin de contrôler la population. Véronique est d’ailleurs tombée sous le charme de ces attachantes bêtes qu’elle a eu la chance de caresser !

Depuis 2019, les propriétaires cultivent aussi des petits fruits, ainsi que des légumes variés, disponibles pour l’autocueillette. On y retrouve, entre autres, des camerises, des framboises, des bleuets, des betteraves, des choux et des carottes. Cet ajout permet à leur entreprise d’effectuer un peu plus d’agrotourisme, un volet de l’entreprise important pour Carole. Ils sont d’ailleurs membre de Terego, un site qui offre de l’espace aux VR sur des fermes canadiennes.

En boutique et sur leur site web, il est vendu, entre autres, des confitures, du ketchup de cerises de terre et des légumes en conserve.

Ferme Lève-tôt

On part ensuite à la rencontre de Richard Williams et Charlotte Scott qui ont fondé la Ferme Lève-tôt en 2010, un projet qui est le fruit de beaucoup de travail, mais également de belles opportunités. En effet, les propriétaires ont eu la chance de lancer leur entreprise en faisant partie de la Plateforme agricole de l’Ange-Gardien, une ferme incubatrice qui offre un soutien financier et un accompagnement à la relève agricole. Les agriculteurs peuvent peaufiner leur plan d’affaires et approfondir leur connaissance des pratiques agricoles grâce à cette plateforme pendant les cinq premières années de leur entreprise. En 2011, après seulement deux ans, Richard et Charlotte ont décidé de voler de leurs propres ailes.

Installée sur une terre de cinq âcres, cette ferme biologique cultive plus de 45 variétés de légumes. Le sarrasin et le seigle sont ici utilisés comme engrais verts dans leurs rotations de culture. Richard et Charlotte vendent leurs produits sous forme de paniers de légumes à environ 150 ménages en plus de tenir un kiosque au marché de Wakefield.

Richard et Charlotte opèrent une des rares fermes québécoises qui travaillent uniquement avec des chevaux. Leurs deux collègues équidés, Bart et Buck, sont de race Fjord norvégien. Ils participent à la plantation, à l’ensemencement, à l’intégration du couvert végétal et des résidus de légumes, sans parler du désherbage.

Richard nous a effectué la démonstration d’outils dont il se sert pour travailler au quotidien. Alors que certains instruments sont encore vendus de nos jours, d’autres outils datent des années 1940.  Même si la machinerie peut sembler archaïque, le couple assure que ces outils sont tout aussi efficaces en 2021 qu’autrefois !

Nous avons eu droit à une démonstration de labourage de la terre avec les chevaux. Véronique a ensuite eu le privilège de ramener les chevaux à leur écurie.

Marché McMillan

Direction Wakefield chez les McMillan, où nous attend une magnifique tablée pour l’heure du lunch. Les paniers du traiteur Les Flavoureux, de Gatineau, nous mettent l’eau à la bouche. Des pots de fleurs ainsi que des tomates cerises provenant directement du jardin sont joliment posées sur la table.  Pour dîner, Scott Judd, propriétaire de la Little Red Wagon Winery, nous a rejoint pour une dégustation de ses vins, un rouge et un blanc, que Véronique a proposé d’ouvrir et de servir à tout le monde !

Après le repas, cap sur le Marché McMillan où l’on fait la connaissance de Chloé McMillan, agricultrice de deuxième génération et propriétaire d’une ferme maraîchère. Depuis 2018, elle cultive plus d’une trentaine de légumes dans son jardin de deux acres.  Chloé travaille fort pour faire fructifier son jardin. Elle est constamment à l’affût des meilleures méthodes afin de pratiquer une agriculture durable et responsable. Aucun pesticide, herbicide ou engrais synthétique n’est utilisé et tous ses produits sont certifiés biologiques par Ecocert Canada.

L’endroit favori de Chloé sur sa ferme? Sa serre! Elle y fait pousser des tomates cerises, des aubergines ainsi que des poivrons. Il est possible pour les résidents de se procurer des paniers de légumes.

McMillan Farm

On se déplace par la suite à McMillan Farm, située à proximité du marché du même nom, qui existe depuis 30 ans. Myles McMillan et Cynthia Duncan élèvent des animaux sur leur ferme, située le long de la rivière Gatineau. Les animaux sont élevés dans un environnement naturel. Aucun pesticide, hormone ou engrais chimique n’est utilisé sur leurs terres. Les veaux naissent sur la ferme et passent toute leur vie au pâturage pour s’assurer qu’ils mangent de la nourriture naturelle de qualité supérieure.  Que c’est magnifique de voir les vaches et les veaux se promener librement sur leur immense territoire!

Verger Croque-Pomme

Dernier arrêt : le Verger Croque Pomme, situé à Thurso.  Agronome de formation et docteur en microbiologie, Fater Youssef est arrivé au Canada en 2011. Il a commencé à travailler au Verger Croque Pomme avant de devenir copropriétaire.

Depuis qu’il s’est joint à l’entreprise, il s’est orienté vers la production et la découverte de pommes rustiques pour l’autocueillette. Le verger compte plus d’une trentaine de variétés d’arbres fruitiers, dont une vingtaine de pommiers, des pruniers et des poiriers. Cette année, le verger offrira pour la première fois de l’autocueillette de pommes certifiées biologiques.

Au sein des quatorze hectares cultivés, la ferme comprend également un potager ouvert à l’autocueillette. La production de citrouilles et de courges s’est d’ailleurs ajoutée à la liste des activités offertes au cours des dernières années.

Après cette grande marche dans le verger, la tournée s’est terminée au bistro du verger pour déguster leur variété de cidres artisanaux, le smoked meat de la Ferme Brylee et les fromages la Tête à Papineau et le Manchebello de la Fromagerie Montebello. Véronique en a aussi profité pour suggérer quelques conseils d’accords mets et vins pour la dégustation.

Faire briller sa région

Après une journée ensoleillée à se délecter des produits d’ici et à découvrir le travail acharné des producteurs de sa région, Véronique quitte le verger pour rentrer chez elle, à Gatineau.  « J’ai réalisé qu’avec mon métier de sommelière et mes connaissances en viticulture, je connaissais plus de choses que je ne le croyais au sujet de l’agriculture ! » Elle ajoute cependant que, selon elle, ce sont les producteurs qui sont les acteurs primordiaux quand on parle de nourrir le Québec. « Mon travail me semble bien plus facile que le leur », lance-t-elle à la blague. Heureuse d’avoir pu échanger avec les producteurs de sa région, elle réitère le fait que l’esprit de communauté et le retour aux sources pour s’alimenter sont des besoins importants, voire une nécessité, autant pour les agriculteurs que pour ceux qui consomment leurs produits. 

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