Lettre ouverte de David McMillan – COVID 19

David McMillan

Lettre ouverte de David McMillan sur le COVID – Cette lettre a originalement été postée dans La Gazette. Nous avons eu la permission de David de reposter sa lettre.

« Je travaille dans la restauration depuis plus de 30 ans et je suis propriétaire de quelques restaurants réputés à Montréal. En tant que groupe, nous avons choisi depuis le tout début de faire preuve de responsabilité chaque fois que cela était possible.

Face aux décisions d’affaires, nous avons fait quelques erreurs et nous continuerons à en faire, mais nous essayons toujours de faire ce qui est juste pour les restaurants, nos amis et nos familles, mais d’abord et avant tout, pour notre plus grand atout : le public des restaurants de Montréal. Cela signifie que nous utilisons avec ferveur et fierté les produits locaux, produits laitiers, protéines, légumes biologiques – tous issus de petites fermes locales.

Depuis toujours, nous essayons de dépenser notre argent localement et d’être de grands ambassadeurs touristiques pour notre ville et notre province. Nous sommes, comme tant d’amis et de collègues restaurateurs, fiers de brandir le drapeau québécois et de vendre ce que nos fournisseurs cultivent, élèvent et pêchent dans les limites du Québec. Les restaurateurs du Québec ont contribué de façon significative à la promotion du tourisme local dans le monde entier et sont d’infatigables défenseurs de la richesse agricole de notre province.

Depuis plus de 20 ans, en toute bonne foi et avec une profonde compréhension des privilèges et des autorisations, j’ai détenu plusieurs permis d’alcool, tous en excellent état. J’ai servi de manière responsable, sans aucune infraction à mon dossier en tant que détenteur de permis d’alcool dans de multiples locaux. En travaillant dur, je maintiens des restaurants propres et responsables qui ont strictement obéi à toutes les règles dictées dans un accord de licence d’alcool qui m’a été donné et qui correspond à la catégorie de restaurants que je possède.

Dans le type de restaurant que nous offrons, les restaurants comme le mien et mes collègues tiennent des stocks importants de vin et d’alcool achetés à la SAQ. Avec la licence d’alcool actuelle, nos collègues et nous-mêmes détenons la « licence de restaurant et de bar ». Il est illégal pour nous de nous adapter à notre nouvelle réalité pandémique pour modifier nos services et servir et vendre légalement du vin à emporter ou par livraison sans enfreindre la loi.

Un client ne peut tout simplement pas acheter du vin dans nos restaurants sans acheter un repas, et la règle existante concernant ce qui constitue un repas complet est stricte (trois éléments, composition à base de protéines). L’ancienne ligne « leur vendre juste quelques bretzels » est en fait un mythe, non légal et qui ne fonctionne pas.

Le gouvernement du Québec a été incroyablement lent à réagir ou à faire preuve de bonne volonté pour renverser cette mesure de contrôle archaïque. C’est au mieux irresponsable et incroyablement dommageable. Si je vends une bouteille de vin à un client sans nourriture, cela fait de moi un contrevenant à la loi et met en péril le fait que je détienne un permis d’alcool.

Lorsque la pandémie s’est déclarée au Québec en mars, le gouvernement aurait dû laisser les détenteurs de permis de restaurant fonctionner immédiatement en mode « caviste » (capacité de se transformer en cavistes). Le fait qu’ils ne l’ait pas fait paralyse l’industrie ; le fait de ne pas avoir accès aux stocks dormants dans nos caves nous a obligés à être plus dépendants des loyers et des subventions salariales, ce qui a fini par faire de nous des mendiants.

Quel est le problème ? Le contrôle ? Le manque de prévoyance ? Une incompétence hors du commun ? Nos chiffres sont de notoriété publique, car nous achetons tout au monopole d’État de la SAQ.

Mes collègues et moi avons le privilège, l’autonomie et la responsabilité de vendre des stocks de vin sans nourriture ou d’enfreindre la loi dans ces circonstances extraordinaires. Ce n’est pas une grande question ; nous avons montré tout au long de notre carrière que nous faisons ce qu’il y a de mieux pour nos clients et nos familles de restaurateurs.

Je crois qu’il est plus sûr d’acheter du vin dans plusieurs restaurants qui peuvent facilement être transformés en cavistes dans toute la ville que de faire la queue à une SAQ locale et de risquer une infection. Je ne comprends pas comment et pourquoi il m’a fallu écrire ce message à la veille de la période des fêtes. Cette solution évidente et facile est en retard d’au moins huit mois.

Monsieur Legault : Déverrouillez les portes de notre cave et surtout, s’il vous plaît, ne nous faites pas passer pour des contrevenants. »

Lettre ouverte de David McMillan, copropriétaire et cofondateur des restaurants Joe Beef, Liverpool House, Vin Papillon et McKiernan Luncheonette.

© Photos Alison Slattery — Instagram


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