Le Grand Comité : le bistro de quartier du chef Rémi Lemieux que le centre-ville attendait
Le Grand Comité
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- Réserver
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1445 Rue Bishop Montréal H3G 2E4
+1 514-447-7917 -
Lundi: Fermé
Mardi: Fermé
Mercredi: 11:30 AM – 3:00 PM, 5:00 PM – 9:00 PM
Jeudi: 5:00 PM – 9:00 PM, 11:30 AM – 3:00 PM
Vendredi: 5:00 PM – 10:00 PM, 11:30 AM – 3:00 PM
Samedi: 10:00 AM – 3:00 PM, 5:00 PM – 10:00 PM
Dimanche: 10:00 AM – 3:00 PM
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- Restaurant
Le centre-ville de Montréal regorge d’excellentes tables, mais les vrais bistros de quartier, ceux où l’on prend ses habitudes, s’y font rares. C’est ce vide que vient combler Le Grand Comité, la nouvelle adresse du chef Rémi Lemieux, ouverte en toute discrétion à la fin juin 2026. Un lieu vivant, pensé pour tous les moments de la journée : déjeuner en semaine, brunch le week-end, lunch d’affaires, souper entre amis ou simplement un verre au comptoir accompagné d’un croque-monsieur. ( peut-être un des meilleurs en ville ! )
Le chef, lui, arrive avec un bagage impressionnant. Passé par l’ITHQ, Rémi Lemieux est devenu l’un des plus jeunes chefs à diriger la cuisine du Pied de Cochon avant de rejoindre quelques-unes des plus grandes tables du monde : l’Osteria Francescana de Massimo Bottura, en Italie, puis Le Bernardin d’Éric Ripert, à New York. On l’a vu à Top Chef Canada, et le Guide Michelin l’a rangé parmi les chefs les plus créatifs de Montréal. Le personnage est aussi entier que sa cuisine : un perfectionniste indifférent aux conventions comme à sa propre image, doublé d’un showman, un brin excentrique, au franc-parler. Avec le Grand Comité, il tient son projet de rêve. « J’adore le défi d’ouvrir un resto qui ne devrait pas être au centre-ville », lance-t-il. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : un vrai bistro de quartier, accessible à tous, où des produits d’exception se paient à prix doux. Le nom, d’ailleurs, en dit long : le « comité », chez lui, désigne le cercle que l’on réunit autour du chef; le Grand Comité en ouvre grand ses portes.
Sous le toit de verre
L’espace se déploie sous une verrière spectaculaire, un toit de verre qui coiffe la pièce d’un effet de serre en plein cœur du centre-ville. Dessous, tout respire le bistro chic : sol posé en chevrons, banquettes de velours vert tendre, lambris de bois blond et une lumière naturelle qui habite les lieux. Ces bases, Le Grand Comité les doit à l’ancien Garden Room, dont l’équipe a hérité de l’ossature avant d’en façonner son identité. Le résultat impressionne et compte déjà parmi les plus beaux restaurants de la ville.
La rigueur du labo, l’habit de bistro
Le concept tient en peu de mots : accessible et précis. Sous cette simplicité affichée se cache l’obsession du chef pour la recherche et le développement. « Je dors deux heures par nuit », avoue-t-il, à peaufiner ses recettes. En résulte une cuisine d’une maîtrise totale, profondément technique, qui ne demande pourtant au client aucun effort, sinon celui de se laisser porter.
Les classiques revisités avec précision
La proposition culinaire de Rémi célèbre les grands classiques du bistrot en y intégrant une signature montréalaise. La grande majorité des produits proviennent de fermes et d’artisans d’ici. Le chou farci s’impose déjà comme un favori de la maison, aux côtés du burger de bœuf local vieilli servi médium saignant. Le trio de croques fait des adeptes, à commencer par celui au saumon, servi avec une ranch d’un vert éclatant, aérée et gorgée d’aneth. Le steak-frites, lui, résume toute la démarche : une pièce modeste de l’épaule, désossée puis vieillie trois semaines au koji pour en concentrer les saveurs, marquée d’une croûte sapide et servie avec des frites craquantes, absolument divines, le tout sous la barre des 40 $, 37 $ pour être exact.
Le Grand Comité fait également le choix, encore rare dans un bistrot, d’intégrer un chef pâtissier. Aux commandes du volet sucré, Iari Prassi, fort d’un parcours à l’international forgé dans les cuisines gastronomiques d’Australie, du Danemark, d’Italie et de France, a poursuivi sa carrière à Montréal, notamment à L’Île Flottante et chez Hiatus. On lui doit d’ailleurs une île flottante inspirée de l’Orange Julep et un sticky toffee façon pouding chômeur.
« Nous voulons qu’un simple pain-beurre soit suffisamment mémorable pour justifier à lui seul une visite », résume Rémi. La même exigence habite l’accueil, pensé comme on reçoit chez soi : de petites attentions glissées ni vu ni connu, un mot juste au bon moment, un clin d’œil qui transforme un repas en souvenir. De l’arrivée au départ, on sent qu’on est pris en charge par toute l’équipe. Ici, la table réserve autant de surprises que l’assiette. « Je m’occupe du wow; les gens n’ont qu’à être là et à avoir du fun. » — Rémi Lemieux.
Le pari de la découverte
Là où le centre-ville sert volontiers des valeurs sûres, le sommelier et copropriétaire David Zamora propose une carte des vins à contre-courant, fuyant les choix évidents au profit de la découverte. Des vins nature autant que des appellations pointues, souvent des cuvées qui frôlent un style familier sans pour autant en être une évidence. S’y ajoutent des vins du domaine La Bauge tirés en fût. Les vins au verre, eux, voyagent en Vespa : une vintage garée dans la salle, dont le coffre regorge de bouteilles ouvertes qui se proposent au gré des envies. Les cocktails, enfin, se relèvent d’aromates de saison, dont la livèche sauvage. Une carte vivante et évolutive, brillamment réfléchie.
Dès le mois d’août, Le Grand Comité accueillera sa clientèle du matin au soir, sept jours sur sept, sauf le dimanche soir. Le pari est clair : donner au centre-ville le bistro de quartier qui lui manquait, où la gastronomie se glisse derrière l’accessibilité.
Ce n’est d’ailleurs qu’un début : le Petit Comité, plus intime et mystérieux, se prépare déjà à l’étage inférieur, pour une ouverture prévue à l’automne. À en juger par le tour guidé qu’on a reçu d’Ali, l’un des trois associés, il risque d’en surprendre plus d’un.
Avec le Grand Comité, Rémi Lemieux réconcilie haute technique et abordabilité, plaçant le raffinement et l’exigence au cœur de l’expérience. Une table qui fait du bien au centre-ville!
Bonne découverte.
Écrit par Maya Cloutier
Photographié par Alison Slattery