Umarell : le nouveau bar à vin de l’équipe du Mano Cornuto

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Dans le jargon de Bologne, un umarell désigne le genre de retraité qui s’arrête devant les chantiers de construction, les mains derrière le dos, pour commenter l’avancée des travaux. Un clin d’œil qui trouve un écho particulier à Montréal, et un nom tout trouvé pour le nouveau bar à vin de la bande derrière le Mano Cornuto et le Mano Figa.

La famille s’agrandit

On retrouve aux commandes les quatre associés d’origine du Mano Cornuto : Vito Ciocca, James Baran, Tyler Maher et Alex Ragoussis. Daniel Sacco, qui a gravi les échelons au sein du groupe depuis deux ans, prend la direction générale et devient le cinquième propriétaire pour ce projet, son tout premier restaurant. En cuisine, le chef exécutif Brett Davis, passé par le défunt Bremner, où il a croisé la route de James Baran, signe le menu. Plusieurs membres de l’équipe ont d’ailleurs fait leurs classes dans cette même école du Bremner et du Garde-Manger.

La Méditerranée en petites assiettes

Les racines restent italiennes, mais la carte voyage du côté de l’Espagne, du Portugal, de la Grèce et de la France. Le format est celui des petites assiettes à partager, divisées en entrées, crudos, pâtes, plats et pizzas, et les prix sont vraiment raisonnables : la majorité des plats coûtent moins de 20 $. Comme les portions sont petites, on en commande plusieurs, idéalement une assiette dans chaque section.

Notre gros coup de cœur va aux gnocchetti sardi à la bolognese blanche : une variation sur la bolognese classique, simple et riche, qui s’accroche à chaque petite coquille striée. L’autre coup de cœur : les pétoncles, presque fondants, servis dans une sauce pil-pil, une émulsion basque d’huile d’olive, d’ail et de piment.

Côté pizza, la pâte est façonnée sur le long et se prête bien à être pliée, un peu à la manière de la pizza portafoglio. Elle est pensée pour circuler au centre de la table. Daniel Sacco recommande celle aux champignons.

Un negroni aux vrais poivrons rouges

Au bar, Anthony Pecoraro, lui aussi issu du Bremner, signe tous les cocktails maison. Son red pepper negroni est devenu le cocktail signature de la maison. Le bar chef fait rôtir cinq ou six poivrons rouges, puis les laisse infuser 24 heures dans le negroni au complet, monté avec une bonne dose de vermouth (Cinzano et Cocchi Americano), du Campari et du gin Tanqueray. Le résultat embaume le poivron rôti dès le premier nez et gagne en profondeur à chaque gorgée.

Vers des horizons plus vastes

Contrairement aux autres adresses du groupe, où les vins italiens dominent, la carte d’Umarell s’ouvre sur toute l’Europe. C’est Rob Clarke, sommelier du Mano Cornuto, qui l’élabore, épaulé sur place par Antoine, assistant sommelier venu du Vin Papillon. On y déniche des bouteilles de Serbie, d’Autriche, de République tchèque, d’Espagne et du Portugal.

Le local est aussi beaucoup plus vaste que les autres adresses du groupe : la salle compte environ 85 places, auxquelles s’ajoutent une trentaine de places en terrasse. Dès 8 à 10 personnes, l’équipe propose un menu de groupe, et l’endroit peut être privatisé pour une centaine de convives.

Umarell réussit à garder la chaleur conviviale du Mano Cornuto tout en ouvrant grand la carte, dans l’assiette comme dans le verre. On y va à deux ou en bande et on commande plusieurs plats pour goûter à tout, sans pour autant faire saigner le portefeuille.


Photographié par Alison Slattery





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