Pio : le bar à cocktails qui prolonge l’esprit du Tonino dans le Vieux-Québec
Pio
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- Réserver
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46 Rue Saint-Louis Québec G1R 3Z3
(418) 380-1700 -
Lundi: Fermé
Mardi: Fermé
Mercredi: 5:00 PM – 1:00 AM
Jeudi: 5:00 PM – 3:00 AM
Vendredi: 5:00 PM – 3:00 AM
Samedi: 5:00 PM – 3:00 AM
Dimanche: 5:00 PM – 1:00 AM
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- Restaurant Bar Bar à cocktail
Sur la rue Saint-Louis, à deux pas du Château Frontenac, le Pio s’est installé sur une artère qui compte très peu de bars à cocktails. Signé Anthony Travaglini, chef-propriétaire du Tonino, il occupe depuis la mi-août 2026 un local historique aux allures singulières.
Depuis 2019, Anthony a fait du Tonino l’une des adresses italiennes les plus courues de Québec. Le Pio marque, pour lui, un tout autre point de départ. « Ça a commencé à l’opposé du Tonino, résume-t-il. Ici, tout est neuf. » Exit les fours qu’il fallait retaper un à un : cette fois, tout a été réfléchi dès le départ, de la déco signée Atelier Filz au système de son, conçu pour accueillir certains soirs les DJ aux platines. En cuisine, en revanche, on reste en terrain connu, et les habitués du Tonino devraient y retrouver leurs repères avec plaisir.
Sous la bonne étoile de Padre Pio
Anthony avait l’œil sur ce local depuis près de quatre ans. C’est peut-être sous la bonne étoile du Padre Pio, figure italienne vénérée pour son humilité, son sens du partage et de l’hospitalité, qu’il a obtenu le seul permis de bar de toute la rue — un clin d’œil qui lui a d’ailleurs inspiré le nom de la maison, baptisée Pio en son honneur. Il raconte d’ailleurs, en riant, que sa grand-mère n’a jamais digéré de voir les convives s’essuyer la bouche sur des serviettes à l’effigie de celui-ci.
Pour concrétiser ce projet, il s’est associé à Louis Lorthois, sommelier et anciennement directeur de salle au Tonino. Pendant qu’Anthony pilote la cuisine, Louis veille à ce que les invités profitent du moment, tandis que le mixologue Antoine Richand orchestre la carte des cocktails. L’idée est claire : un bar à cocktails haut de gamme, une cuisine italienne dans l’esprit du Tonino, et une soixantaine de couverts qui suffisent à faire comprendre que la qualité prime sur le volume. « Je ne peux pas mettre mon nom sur quelque chose qui ne serait pas à la hauteur », nous confie Anthony.
Le menu, lui, se construit encore, à mesure que le chef apprivoise les lieux. « Ce n’est pas juste écrire un menu sur un bout de papier, explique-t-il. Tu as besoin de le vivre, de comprendre ce qui plaît à la clientèle. » Un mois à peine après l’ouverture, un plat s’est déjà imposé comme un classique qu’on ne retire plus de la carte : le mezzi rigatoni, ragù d’oxtail, champignons et os à moelle, généreux et réconfortant, porté par une cuisson des pâtes d’une précision remarquable. On s’est aussi délecté de l’antipasti de vitello tonnato et du sashimi de thon de la Gaspésie, servi sur une note acidulée de yuzu. On y retrouve aussi un clin d’œil du regretté Tonino Pizza, sous forme de petites pizzette pensées pour être partagées et accompagner d’un cocktail : de quoi réjouir les nostalgiques, puisque c’est le même pizzaiolo qui est aux commandes.
La dolce vita, de Palermo à Milano
La carte des cocktails, quant à elle, s’inscrit dans la fourchette haute selon nous, un prix qui reflète le travail en coulisses, cohérente avec l’élaboration derrière chaque verre. On s’est laissé tenter par le Marco Aurelio, à base de cognac rehaussé d’amaro pour l’amertume et la profondeur, couronné de perles de caviar d’argousier qui éclatent en bouche et viennent réveiller l’ensemble, un cocktail à l’équilibre juste, qu’on recommande sans réserve. La carte elle-même est pensée comme un voyage : chaque section porte le nom d’une région d’Italie, avec son caractère propre, du Palermo, frais et acidulé, au Napoli, plus corsé, en passant par le Roma, amer et herbacé. Le Padre Pio, une composition d’amaro, de scotch et de sirop d’épices, vient boucler la boucle avec le récit qui a donné son nom à la maison. Même philosophie en cuisine, où Anthony mise sur des produits d’exception, souvent importés d’Italie, complétés par des arrivages locaux bien choisis. Le programme de vin, lui, joue la carte classique, avec des appellations puisées principalement en Italie, en France et en Espagne.
Ouvert jusqu’aux petites heures du matin, le Pio proposera, comme tout bon bar à cocktails qui se respecte, de petits plats à partager, mais l’opulence reste la marque de la maison : la pizzette burrata et caviar sibérien, à partager, en est la preuve, garnie d’un caviar qu’Anthony assure compter parmi les meilleurs qu’on puisse trouver en ville. Le lieu, lui, mise sur une atmosphère feutrée, aux accents de rubis, tout aussi indiquée pour un rendez-vous en tête-à-tête que pour une soirée plus festive.
On aime le Pio pour son accueil, sincère, digne de la réputation de son grand frère, et pour la générosité qu’Anthony met dans chaque assiette, lui qui ne fait jamais les choses à moitié. C’est dans cette essence même que le Pio s’impose déjà comme une destination à part entière dans le Vieux-Québec. Et c’est peut-être ça, au fond, la signature Travaglini : cette capacité à faire sentir les gens chez eux, peu importe l’adresse.
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Écrit par Maya Cloutier
Photographié par Clovis Jacob / Ludovic Gauthier / Pio