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Lulu Épicerie: parfums du Liban dans la Petite Bourgogne

Lulu Épicerie - Un aperçu du menu Lulu Épicerie - Plateau de dégustation Lulu Épicerie - L'enseigne extérieure Lulu Épicerie - Shawarmas Batata et au boeuf Lulu Épicerie - Man'ouché Lulu Épicerie - Des réserves de Bonjus Lulu Épicerie - Grillades au charbon Lulu Épicerie - Shawarma de poulet Lulu Épicerie - Confection des pains plats Lulu Épicerie - Côté épicerie Lulu Épicerie Lulu Épicerie - Les copropriétaires Mayim Z Salomé et Soufian Mamlouk

Lorsqu’on entre chez Lulu Épicerie, on est tout de suite frappés par les parfums et par l’ambiance, qui nous transportent directement dans le Levant. Ancré dans la tradition mais résolument au goût du jour, ce comptoir-épicerie saura charmer les amateurs de cuisine de rue libanaise.

Avec Lulu Épicerie, les copropriétaires Soufian Mamlouk (Barley, Eat Agency) et Mayim Z Salomé (ex-chef du Barley), tous deux originaires du Liban, souhaitaient reconnecter avec leurs racines. 

«On adore Montréal. Mayim a passé toute sa vie ici, j’y habite depuis 11 ans. Mais comme bien des Libanais, nous étions tiraillés par le désir de retourner là-bas», raconte Soufian.

«Après les événements des dernières années – la révolution en 2019, puis l’explosion à Beyrouth –, j’ai senti le besoin de renouer avec ma culture. De montrer à tout le monde que je pouvais être une femme libanaise fière et montréalaise à la fois», poursuit Mayim. 

C’est donc à travers le projet du comptoir-épicerie, en travaillant directement avec des petits producteurs au Liban, qu’ils ont pu retrouver cette connexion.

«Lulu était le surnom de ma grand-mère. Quand j’allais chez elle, il y avait toutes sortes de choses merveilleuses à manger. Toutes ces choses, c’est ce que vous retrouvez ici sur le menu.»
-Soufian Mamlouk, copropriétaire de Lulu Épicerie

Un petit bout de Beyrouth au cœur de la Petite Bourgogne

Installé dans le local adjacent au Liverpool House, sur Notre-Dame Ouest, Lulu Épicerie propose de délicieux plats de cuisine de rue libanaise ainsi que des produits fins importés directement du Liban.

«La rue Notre-Dame est reconnue pour ses restaurants, mais il n’y a pas beaucoup d’options à emporter, particulièrement dans la Petite Bourgogne», explique Soufian Mamlouk. 

Avec ses heures d’ouverture étendues (de 10h à 21h les jours de semaine et de 9h à 21h le week-end), Lulu espérait attirer les chefs et cuistos des restos du coin après leur quart de travail. Jusqu’ici, c’est un pari réussi. «L’accueil des chefs et des cuisiniers des restaurants aux alentours à été incroyable depuis notre ouverture, se réjouit-il. Certains sont déjà venus trois ou quatre fois!»

Le meilleur du street food libanais

«On voulait retrouver tous les types de bouffe de rue dont les Libanais raffolent sous un même toit», explique la cheffe Mayim Z Salomé. «Le classique shawarma que tout le monde connaît – ou croit connaître avant de goûter au nôtre –, les grillades au charbon de bois et les man’ouchés cuites au furn [un grand fourneau en pierre importé spécialement du Liban]», poursuit-elle.

Les shawarmas sont servis sur des marqouq, de grands pains plats très minces cuits sur une coupole métallique appelée saj. Plus mince que le pita, le marqouq absorbe rapidement les sucs de la viande, ce qui ajoute un délicieux croustillant aux sandwiches après un tour sur le grill.

Toutefois, c’est la viande qui vole sans contredit la vedette ici: le shawarma de boeuf en particulier est savoureux et juteux à souhait.

Les man’ouchés, des sortes de pizza sur pitas qu’on mange pliées ou roulées, sont aussi un incontournable du menu. On recommande fortement le moitié-moitié au fromage et zaatar garni avec tomate, concombre, menthe et olives (pour 1.50$ en extra).

Tout ici est fait maison, des sauces aux salades, en passant par les marinades et les pains, qui sont confectionnés à la main par leur khabazeh («la femme qui fait le pain»).

«On aimerait éventuellement qu’elle fasse le pain directement dans la vitrine. Au Liban, lorsqu’on entre dans un restaurant, c’est toujours la première personne qu’on voit», explique Soufian Mamlouk.

Le «Beyrouth finish»

Le cœur de Lulu Épicerie, c’est sa cuisine traditionnelle. Mais Mayim et Soufian se considèrent comme des arabes modernes et voulaient créer un espace à leur image.

«Quand tu viens ici, tu retrouves toutes ces odeurs des aliments, mais aussi une ambiance, une atmosphère», explique Mayim Z Salomé.

Imaginé par les Gauley Brothers, le décor puise allègrement dans la nostalgie des deux propriétaires, mais avec une touche résolument au goût du jour. Du funk arabe émane à toute heure du jour des hauts-parleurs. Des caisses de Bonjus, des boîtes de jus qui ont marqué l’enfance de tous les Libanais, sont placées bien en évidence un peu partout.

Avec ses grandes surfaces bariolées de beige, de jaune et de brun et ses grandes poutres ajourées, l’espace a un air inachevé, que les propriétaires qualifient affectueusement de «Beyrouth finish». «Ça me rappelle les immeubles du centre-ville de Beyrouth, avec leurs multiples couches de peinture tout écaillée», songe Mayim.

On retrouve quelques tables à l’avant et à l’arrière du local, mais la majeure partie de l’espace est occupée par le comptoir et la cuisine ouverte, question de permettre aux clients de voir l’équipe à l’oeuvre pendant qu’ils font la file.

Le meilleur du Liban

Du côté épicerie, les grandes étagères en bois nu sont garnies de produits fins importés du Liban et d’items créés en collaboration avec des marques qui partagent la philosophie de Lulu, comme Mama Ghannouj et Ya Habibi Market. Fondée par Patrick Gemayel (alias P-Thugg du duo Chromeo), cette boutique de vêtements et produits lifestyle redistribue tous ses profits à des œuvres caritatives au Proche-Orient. 

Bientôt, Soufian Mamlouk espère aussi ajouter une sélection de vins de petits producteurs libanais indépendants à l’offre de l’épicerie, à travers son agence d’importation privée, Sienna Wines.

«On essaie de représenter le Liban du mieux que nous pouvons. Nous voulons appuyer des producteurs qui créent quelque chose d’unique et les aider à traverser cette période difficile pour le Liban», plaide-t-il.


Photographié par Alison Slattery



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