L’Express endeuillé par la mort de madame Brossoit

Mis à jour le 15 février 2018   |   Publié le 8 juin 2014   |   292 partages
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Tous les amateurs de cuisine devraient passer à L’Express. Je veux dire toutes les personnes qui ne connaissent pas cette maison de la rue Saint-Denis et se ruent dans de nouvelles adresses à la mode où l’on mange des choses ordinaires devraient aller goûter les plats classiques de L’Express. Dans une vie antérieure, j’y allais souvent; j »étais client et j’appréciais. J’y retourne à l’occasion lorsque le calendrier de critique me laisse le temps d’aller manger dans des endroits que j’aime. La qualité est toujours là. Impeccable. Comme quoi, même aujourd’hui, on trouve des restaurants qui savent faire leur travail. Le chef Joël Chapoulie a pris une retraite méritée. La propriétaire, Colette Brossoit est partie. L’Express est toujours là.

TRISTESSE À L’EXPRESS

Merci madame Brossoit

6 juin 2014 | Jean-Philippe Tastet – Collaborateur | Restaurants

Certains restaurants, souvent les très bons, sont marqués par leur propriétaire. On va manger là et on l’y croise presque toujours. Lorsque cette personne est une esthète, sa présence a quelque chose de rassurant pour la clientèle.

Colette Brossoit était toujours à L’Express de Montréal. Bonheur. Brossoit vient de quitter L’Express. Tristesse.

Très peu de restaurateurs auront consacré autant de leur temps à leur établissement. Pendant 34 ans, Mme Brossoit a vécu L’Express. Cette chic brasserie, modèle du genre, a existé dans sa tête avant même de voir le jour. Dans sa tête et dans son coeur.
Pendant plus de trois décennies, elle aura veillé à ce que tout soit fait dans les règles, la première étant que l’on offre aux clients le meilleur du genre. Scrupuleusement. Amoureusement.
Les nuits de Montréal, dans ce qu’elles ont de chic et de raisonnablement branché, ont été éclairées par cette adresse. On y croisait au coeur de la nuit à peu près tout ce que la ville compte de vibrant.Venus savourer un os à moelle ou un foie de veau à l’estragon, un potage à l’oseille ou une île flottante, les clients savaient que, à deux heures du matin comme à deux heures de l’après-midi, la qualité des assiettes serait au rendez-vous et qu’ils recevraient là ce même service digne et attentif.Ce bar élégant, ce jeu de miroirs à l’infini, ce décor intemporel planté par feu Luc Laporte, ont vu bien des histoires d’amour se nouer. Bien des amitiés y ont grandi au fil des ans.

M. Laporte nous avait fait de la peine en partant créer de beaux décors chez le Bon Dieu. Colette, qui l’aimait tant, l’y a rejoint. En nous laissant avec une peine encore plus grande.

  L’article original du Le Devoir ici.

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Express
LeDevoir-Brossoit 060614
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