Sep Lai : les délices du Laos en formule apportez votre vin

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Depuis 2022, Sep Lai s’est imposée tranquillement comme l’une des rares adresses montréalaises à mettre la cuisine laotienne (et seulement la laotienne!) au cœur de sa proposition. Ouvert par Natassia Marier, le restaurant porte un parti pris encore rare en ville : célébrer un héritage culinaire trop souvent fondu dans le grand tout « asiatique ».

Natassia est demi-Laotienne. Sa mère a grandi au Laos, son père est Québécois. Avant Sep Lai, elle travaillait dans un restaurant italien du même quartier, un univers qui ne lui ressemblait plus. « Ça ne me tentait plus de travailler dans une cuisine italienne. Je voulais vraiment ouvrir un resto lao », confie-t-elle. Le budget est modeste, mais l’envie est là, et la détermination est encore plus forte. Les premiers mois sont rudes : les clients connaissent peu cette cuisine, l’apprivoisent doucement. L’arrivée en cuisine de la cheffe Line Thongvan change tout pour Sep Lai. Elle développe les recettes, forme l’équipe, reste trois ou quatre ans, et revient encore aujourd’hui prêter main-forte quand le menu évolue. « C’est à elle que je dois tout », résume Natassia.

Le menu de Sep Lai refuse les mélanges faciles. Pas de pad thaï, pas de pho : que des plats laotiens. On y retrouve le khao poun (la soupe-curry au lait de coco avec laquelle Natassia a grandi), le lap parfumé d’herbes fraîches, le nam khao croustillant et, surtout, un riz collant cuit dans des paniers de bambou, servi avec une sauce padaek maison. « Chaque famille a sa recette de padaek. Il n’y a pas beaucoup de places qui le font comme ça », souligne-t-elle. Les véganes ne sont pas oubliés : une sauce poisson végétale à base de miso, de champignons et d’algues remplace la version traditionnelle.

L’espace, plein de chaleur et de lumière, se déploie en plusieurs petites salles colorées. Sur les murs, des photos des jupes traditionnelles de sa grand-mère, de sa mère et de sa tante racontent une histoire de famille. Partout, des plantes et des teintes vives rapportées de ses voyages au Laos. À l’arrière, une terrasse d’une cinquantaine de places, totalement invisible de la rue, déborde de verdure et de petites lumières. « De dehors, on ne voit rien. C’est full cosy. Ça me rappelle mes voyages en Asie », glisse-t-elle. Un secret bien gardé du quartier, à ajouter sans hésiter à la liste des plus belles terrasses de la ville.

L’ambiance chez Sep Lai est décontractée et chill. Le genre d’adresse où l’on vient entre amis pour très bien manger sans se ruiner, pour partager plusieurs plats et boire une bonne bouteille qu’on avait à la maison. C’est aussi un endroit de choix pour un souper en amoureux quand on veut sortir sans avoir à se mettre sur son 31. On y passe un bon moment, on discute longtemps, on se régale… Bref, quoi demander de plus ?

Sep Lai est un apportez votre vin qui mérite d’être découvert ! Dans une ville où l’on parle beaucoup de cuisines asiatiques au pluriel, Sep Lai rappelle qu’il y a, derrière chaque tradition, une voix singulière. Et celle-ci, on l’écoute volontiers.


Photographié par Alison Slattery





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