Bistrot Fortune : entre Asie du Sud-Est et Amérique latine
Bistrot Fortune
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- Réserver
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2115 Rue Jean-Talon Est Montréal H2E 1V3
+1 514-727-8189 -
Lundi: Fermé
Mardi: Fermé
Mercredi: 5:00 PM – 10:00 PM
Jeudi: 5:00 PM – 10:00 PM
Vendredi: 5:00 PM – 11:00 PM
Samedi: 5:00 PM – 11:00 PM
Dimanche: 5:00 PM – 10:00 PM
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- Restaurant
Il y a des adresses qui bouclent une boucle. Au 2115, rue Jean-Talon Est, dans Villeray, Phong Thach reprend les clés du tout premier local qu’il avait ouvert en 2007. Près de vingt ans plus tard, il y revient avec son ami et complice Carlos Ortiz pour y faire vivre Bistrot Fortune, ouvert depuis le 4 avril dernier. Un petit local d’une trentaine de places assises, une cuisine qui file entre Saigon et San Salvador, et une ambition simple : cuisiner exactement ce qu’on a envie de manger.
L’histoire des deux acolytes ne date pas d’hier. Carlos a longtemps travaillé pour Phong au Red Tiger avant d’en devenir lui-même copropriétaire et gérant à la succursale d’Angus. Quand Phong a quitté la barre du Red Tiger pour explorer d’autres avenues, les deux ont continué à cuisiner ensemble, d’abord pour le plaisir, puis sous forme de petits traiteurs, et puis de pop-ups. C’est dans ce contexte qu’est née Fortune, une cuisine de rue d’inspiration asiatique et latine, librement métissée. Quand l’ancienne propriétaire de son local de 2007 a annoncé sa retraite et tendu la perche à Phong, le projet a trouvé son toit. Carlos a tout de suite accepté d’embarquer avec Phong dans le projet Bistrot Fortune. La suite s’est écrite naturellement.
Une fusion qui fait du sens
La cuisine du sud-est de l’Asie tient le premier rôle chez Bistrot Fortune, avec des incursions latino-américaines et la précision technique japonaise qu’a longtemps pratiquée Phong. Le mot « bistrot » dans le nom n’est pas qu’un clin d’œil : il évoque la part française qui irrigue depuis longtemps la cuisine indochinoise« On retourne dans le passé un petit peu », explique-t-il. Un troisième complice, le chef Tony, apporte d’ailleurs une signature plus franchement bistronomique à certains plats. Le mélange de saveurs audacieux et l’entrelacement des techniques est parfaitement balancé. L’expérience qui en résulte en unique à Montréal, une vague de fraicheur et d’originalité dont la ville avait besoin. L’équipe n’essaie pas d’en faire trop avec la fusion : ils font ce qu’ils maîtrisent et ils le font bien, c’est tout.
La carte de Bistrot Fortune reste volontairement courte et bouge au gré des arrivages et des saisons. On y trouve un crudo de hamachi qui baigne dans un aji verde aux accents thaïs, devenu rapidement la signature de la maison, ainsi qu’une salade de porc croustillant qui assume représente bien la cuisine fusion de la maison. Côté plats à partager, le poulet sous-vide, tendre et bien assaisonné, est devenu un favori discret, tout comme le tofu crémeux à l’aubergine, qui désamorce les sceptiques dès la première bouchée. Plus récemment, l’équipe a ajouté un osso buco braisé à la vietnamienne, parfumé à l’anis étoilé et aux épices à pho… Rien qu’à en parler, on salive! « On cuisine de la façon qu’on aime cuisiner. On est là pour notre cuisine à nous », assume Phong, qui ne rabaisse pas le niveau d’épices pour faire plaisir à tout le monde. Le résultat : une explosion de saveurs franches et vibrantes.
La formule de Bistrot Fortune se prête à tout : à la carte, ou en mode « faites-nous confiance » lorsqu’on en glisse un mot à l’équipe. La carte des vins, signée par Carlos tient en quelques flacons bien choisis, accompagnée d’une courte sélection de cocktails.
Petit, intime, fait pour les tables de deux ou de quatre (une date ou un souper entre amis) Bistrot Fortune s’installe sur Jean-Talon avec l’aplomb tranquille de ceux qui savent exactement ce qu’ils ont envie de servir. Et c’est précisément ce qui le rend intéressant. Bonne découverte!
Écrit par Valérie Boutet
Photographié par Alison Slattery