BB’s Diner : là où la cuisine réconfortante philippine rencontre l’âme créative de Toronto
BB's
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- Réserver
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5 Brock Avenue Toronto M6K 2K6
+1 416-668-2023 -
Lundi: 10:00 AM – 3:00 PM
Mardi: 10:00 AM – 3:00 PM
Mercredi: 10:00 AM – 3:00 PM, 5:00 PM – 10:00 PM
Jeudi: 10:00 AM – 3:00 PM, 5:00 PM – 10:00 PM
Vendredi: 10:00 AM – 3:00 PM, 5:00 PM – 10:00 PM
Samedi: 10:00 AM – 3:00 PM, 5:00 PM – 10:00 PM
Dimanche: 10:00 AM – 3:00 PM
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- Restaurant
BB’s Diner, sur Brock Avenue dans l’ouest de Toronto, retranscrit la chaleur de la cuisine maison d’une Lola dans le langage de l’une des communautés culinaires les plus vivantes de la ville. Cuisine philippine, brunch, dîner — tout est fait avec cœur.
Il existe une chaleur particulière que seule la cuisine d’une grand-mère peut offrir. Le cliquetis des casseroles, l’odeur de l’ail et du vinaigre dans l’air, la certitude silencieuse que chaque plat a été préparé avec soin. Chez BB’s Diner, niché sur Brock Avenue dans l’ouest de Toronto, cette sensation est bien vivante. Ce diner philippin incarne l’esprit du repas fait maison par une Lola — la grand-mère — mais avec l’énergie créative de l’une des communautés culinaires les plus dynamiques de la ville.
De Denny’s à un rêve
L’histoire de BB’s commence avec les années que Justin Bella a passées dans l’industrie de la restauration, où une constante se dessinait : peu importe la cuisine, il y avait toujours au moins un collègue philippin. Pourtant, aucun restaurant philippin de la ville ne semblait vraiment refléter le vécu des Philippins canadiens, en particulier ceux qui travaillent dans le monde de la gastronomie.
L’étincelle est venue d’un endroit inattendu : un amour pour les silogs et la culture du petit-déjeuner philippin, né lors d’un premier emploi chez Denny’s. Cette nostalgie, couplée à l’envie de partager et de faire découvrir, est devenue le socle de BB’s. Avant l’ouverture, le fondateur a affiné son art chez La Mesa, l’un des premiers restaurants philippins modernes à Toronto — et sans doute dans le monde à l’époque. C’est là qu’il a rencontré le chef Julian Ochenko, qui allait plus tard faire passer BB’s à un autre niveau grâce à des spéciaux hebdomadaires minutieusement documentés, explorant toute l’étendue de la cuisine philippine.
BB’s a ouvert pour la première fois en 2018. Quand la pandémie a frappé et que le propriétaire a vendu l’immeuble, les subventions n’étaient pas une option. L’équipe a pivoté, consacrant les années COVID à perfectionner une recette de lechon manok — le poulet rôti philippin — avant de rouvrir dans un sous-sol en 2021, puis de déménager à l’adresse actuelle de Brock Avenue en 2022.
Le salon d’une Lola, réinventé
Le décor et l’ambiance sont résolument « Lola-driven » — inspirés par la nostalgie d’une visite chez une grand-mère philippine pour un repas fait maison. Un espace pensé pour les Philippins éloignés de chez eux qui s’ennuient de ces saveurs, et une introduction tout aussi accueillante pour quiconque découvre la cuisine philippine pour la première fois.
L’énergie ici est authentique et tournée vers la communauté. BB’s a largement dépassé le cadre d’un simple restaurant : ateliers de céramique palayok, cours de composition florale, concerts live de la scène créative philippine de Toronto. C’est un vrai lieu de vie.
Le menu : du matin au soir
BB’s propose à la fois un service de brunch et un service du soir, chacun avec sa propre identité. Le menu brunch, c’est là que tout a commencé — les silogs et les classiques réconfortants qui ont bâti la réputation de BB’s. Le menu du soir, façonné par une série de chefs talentueux, pousse dans un territoire plus ambitieux.
Le Tuna Kinilaw est un incontournable. Pensez ceviche philippin : la richesse d’une vinaigrette à la crème de coco rencontre l’acidité vive des chips de kalamansi et le croquant minéral du sel de mer asin tibuok. C’est équilibré, vibrant, et la façon idéale de commencer.
Pour ceux qui cherchent une nostalgie pure, le combo spaghetti et poulet frit livre exactement ce qu’il promet : du réconfort assumé avec une touche philippine. Il y a aussi le pansit, une création du chef Robby Hojila, qui a rejoint BB’s lors de la réouverture sur Brock Avenue. Hojila est une figure de légende — l’un des premiers chefs philippins à être mis en avant dans le New York Times pour sa cuisine philippine moderne, aux alentours de 2012. Son empreinte sur le menu est indéniable.
La carte évolue avec les saisons, changeant quelques protéines et légumes pour rester fraîche, tandis que les classiques comme le kinilaw et le pansit restent en place. Ce sont eux qui font revenir les habitués.
Des cocktails qui racontent une histoire
Le programme de boissons reflète la philosophie de la cuisine : percutant, ancré dans les saveurs philippines, plein de personnalité.
L’Ube-be flirte avec le dessert. Crème de coco, ube (igname violet), rhum infusé à la noix de coco et une mousse d’ube soyeuse qui arrondit chaque gorgée. Indulgent sans être lourd.
Le Dore Daiquiri est pour les amateurs d’acidité. Construit sur une infusion de rhum à l’oseille, du jus de lime et un sirop de tamarin maison, il enchaîne les notes sucrées avant de plonger dans une finale acidulée, inspirée par la profondeur aigre du sinigang.
Pour quelque chose de plus terreux, le Pandan Express marie noix de coco grillée, sirop de pandan maison, eau de coco et rhum brun dans un cocktail aromatique et enveloppant. Ces trois cocktails à eux seuls racontent l’histoire des saveurs philippines mieux que bien des menus.
Quand on lui demande ce dont il est le plus fier, la réponse de Justin ne porte pas sur un plat ou une distinction particulière. C’est la communauté. La scène créative philippine de Toronto a adopté BB’s comme la sienne, et l’espace est devenu un carrefour d’échanges culturels — de la céramique à la musique en passant par la gastronomie.
Le verdict
BB’s Diner est le genre d’endroit qui vous donne le sentiment d’être à votre place, que vous ayez grandi en mangeant de l’adobo ou que vous découvriez le kinilaw pour la première fois. C’est du réconfort, de la nostalgie et de la découverte — servis avec chaleur et générosité.
Écrit par Jean-Philippe Tastet
Photographié par Scott Usheroff (Craving Curator)