Imanishi Japanese Kitchen : dix ans d’esprit izakaya sur Dundas West

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Avant qu’il y ait un restaurant sur Dundas West, il y a eu des pop-ups. Shori Imanishi — qui a grandi à Vancouver avant de s’installer à Toronto — a cuisiné un peu partout en ville avec un partenaire et un concept en main, en attendant le bon local. Il est arrivé en novembre 2015. En novembre dernier, le restaurant a discrètement soufflé ses dix bougies.

Un nom de famille au-dessus de la porte

Le nom est la partie la moins compliquée de l’histoire. « Imanishi, c’est son nom de famille », explique Dahna Grossi, directrice générale du restaurant. Personne n’a trouvé mieux, « et j’imagine que c’est une chose au Japon, que les gens donnent leur nom à leur établissement ». Dahna est là depuis neuf de ces dix années — elle connaissait Shori de l’époque des pop-ups — embauchée à temps partiel avant de prendre en main la salle comme DG juste après la COVID.

Bois blond, système de son et une pièce au sous-sol

« Imanishi a ce petit côté maison, très accueillant », dit Dahna. Du bois simple, rien d’ostentatoire, un système de son bien meilleur que ce que la salle laisse deviner, et une pièce d’écoute au sous-sol encore réservée aux amis et à la famille.

La référence n’a jamais été la haute gastronomie. C’était l’izakaya. « Quand tu vas dans les izakayas au Japon, c’est un endroit où tu restes longtemps, toute la soirée », explique-t-elle. « Tu bois du saké et des highballs au shochu, tu manges des petits plats, tu es avec tes amis et ta famille. C’est ce genre de sentiment de communauté. » Dix ans plus tard, c’est ce qui est resté : les habitués, une équipe qui n’a pas roulé, une salle qui se comporte comme un salon passé 21h.

Le beignet de maïs que tout le monde photographie

Le kakiage de maïs est le plat dont les gens parlent avant même de s’être assis. Suit une série de choses que la cuisine a tranquillement peaufinées — une salade de crevettes et coriandre, une salade de pommes de terre aux anchois avec des croustilles, un cari japonais, des côtes levées — toutes petites, toutes conçues pour être poussées au centre de la table.

Le dessert se résume à un seul item, et c’est voulu : le Tokyo Toast, du pain de mie japonais frit, saupoudré de cassonade, couronné de crème glacée au taro. « Il n’y a besoin que d’un seul dessert, dit Dahna, parce qu’il est incroyable. »

Le saké sans le cours magistral

Il y a une carte de cocktails, mais c’est du côté du saké que l’énergie se trouve. Dahna a passé les dernières années à l’étudier, et les clients viennent maintenant pour expérimenter plutôt que de se rabattre sur un cocktail. « C’est stimulant de pouvoir éduquer les gens qui pensent que le saké est une seule catégorie, alors qu’il en existe tellement de types différents, comme pour le vin. » La plupart des tables partagent une bouteille, avec des conseils quand ça aide : un ginjo juteux à côté de quelque chose de plus sucré, un honjozo ou un junmai pour une première fois. Les highballs au shochu reçoivent le même soin.

Le conteneur du parc McCormick

Les sandos sont nés d’une improvisation pandémique. L’Imanishi Basement Bar avait ouvert dans l’est de la ville environ neuf mois avant que tout ferme; les sandwichs y ont commencé, sont passés au menu du restaurant, puis ont atterri dans un conteneur maritime du parc McCormick qui avait servi de café. L’Imanishi Sando Bar y opère depuis, au 179, avenue Brock.

Le verdict

Dix ans, c’est une longue course pour une petite salle japonaise dans une ville qui se renouvelle vite. Imanishi y est arrivé en restant ce qu’il avait décidé d’être : un endroit où l’on commande trop de petits plats, où l’on vient à bout d’une bouteille qu’on n’aurait jamais choisie soi-même, et où l’on reste deux heures de plus que prévu.


Photographié par Daniel Neuhaus





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