Beyt: cave à manger aux accents libano-méditerranéens sur la Main
Beyt cave à manger
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4142 Boulevard Saint-Laurent Montréal H2W 1Y8
+1 514-665-0551 -
Lundi: Fermé
Mardi: Fermé
Mercredi: 4:00 PM – 12:00 AM
Jeudi: 4:00 PM – 12:00 AM
Vendredi: 12:00 PM – 12:00 AM
Samedi: 12:00 PM – 11:59 PM
Dimanche: 12:00 PM – 10:00 PM
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- Bar Caviste
Sur le boulevard Saint-Laurent, à deux pas de la montagne, Beyt Cave à Manger s’est installé à la mi-mai 2026 et donne déjà l’impression d’avoir toujours été là. Anthony Gebrayel et Angélique Custeau misent sur une idée simple, une cave à manger inspirée de celles que l’on a la chance de découvrir en Europe, où l’on peut passer simplement pour un café, un verre de vin, une assiette à partager, un apéro prolongé ou une bouteille à emporter.
Le nom donne déjà le ton. Beyt, qui se prononce « bait », signifie maison en arabe. Pour Anthony, d’origine libanaise, c’était une façon naturelle de nommer ce lieu pensé autour de l’accueil, du confort et du plaisir d’être bien reçu. « Ça veut dire maison, tout simplement », résume Angélique qui décrit l’esprit du projet avec des mots qui reviennent souvent dans la conversation: convivial, accessible, social, vivant. Et c’est exactement comme ça qu’on le ressent en entrant.
Anthony a étudié la sommellerie à l’ITHQ avant de passer une dizaine d’années en restauration, entre sommellerie, gestion, bar et stages en Europe. Il bifurque ensuite vers le design et l’ébénisterie, un détour qui prend tout son sens dans ce local qu’il a imaginé et construit avec l’aide de plusieurs amis et collaborateurs du milieu. En 2023, il lance Dépanneur Comptoir, sur Duluth, où les petits producteurs locaux sont mis de l’avant.
C’est aussi autour de cet univers qu’il se lie d’amitié avec Angélique, dont le parcours s’est façonné au fil d’expériences dans plusieurs maisons montréalaises, notamment Fleurs et Cadeaux, Hélicoptère et Bonheur d’Occasion. Formée en sommellerie également, elle y trouve une façon de relier ce qui l’anime: le produit, les gens, les producteurs et les histoires derrière chaque cuvée.
De cette amitié, de longues discussions et d’une envie commune naît Beyt: un lieu moins engageant qu’un grand souper au restaurant, mais plus incarné qu’un simple bar de quartier. « On partageait les mêmes idées sur ce qui manquait à Montréal », confie Angélique. Une cave à manger où l’on vient autant pour un café qu’un lunch d’affaires, pour l’apéro d’après-midi ou le souper qui s’étire, sans avoir à tout planifier.
Vins d’artisans comme point de rencontre
Dans le verre, Angélique signe une carte vivante, axée sur les produits d’importations privées et les petits arrivages de vins d’artisans qu’elle souhaite faire découvrir. « Je veux un espace vivant, je veux des vins vivants », dit-elle. L’idée n’est pas d’« acheter du vin pour acheter du vin », mais de créer un lien entre le producteur et le client. Cette envie de transmission se traduira aussi par des événements de dégustation, alors que Beyt compte recevoir certains vignerons sur place, dans ce même esprit de rencontre et de partage. La sélection de vins au verre, que l’on dit aussi « à la verse », suit cette même envie de découverte: mettre en lumière des cuvées travaillées avec le moins d’intrants possible, dont certaines servies en fût, à des prix relativement accessibles. La carte est en constant mouvement, les histoires circulent, et le volet caviste permet aussi de repartir avec quelques bouteilles à petit prix, à condition, lois obligent, d’ajouter un petit plat à emporter. Les quelques cocktails proposés restent volontairement en retrait: martini, negroni, limonade forte. Ici c’est définitivement le vin la vedette.
Hommage à la culture libanaise
En cuisine, Beyt avance dans un registre de partage aux accents méditerranéens, avec un clin d’œil assumé aux origines libanaises d’Anthony. On y retrouve des assiettes simples, mais précises et savoureuses: œufs mayo samouraï, hummus-tapenade d’olives, poireaux vinaigrette fattouche, brochettes d’agneau avec yogourt au za’atar, aubergines farcies servies sur labneh, légèrement relevées, notre coup de cœur (!!) Comme tout bon bar à vin qui se respecte, les planches de fromages et de charcuteries québécoises sont aussi en tête d’affiche. Les desserts, signés par l’entreprise locale Patachon, complètent l’offre, dont une mousse au chocolat servie avec huile d’olive et fleur de sel, est déjà assez convaincante pour donner envie de revenir.
Le décor raconte aussi sa part d’histoire. Lors de la démolition, l’équipe a découvert des murs de pierre et de brique, des matières brutes qu’elle a choisi de laisser parler. Derrière le bar, le mur patiné donne une âme au lieu, comme une trace visible de tout ce que l’espace a traversé avant de devenir Beyt. Des blocs de verre habillent le bar, véritable pièce maîtresse, tandis que les hauts plafonds et la mezzanine donnent de l’air à l’espace. Les arches, clin d’œil à l’architecture libanaise classique, installent une ambiance entre sud de l’Europe et Moyen-Orient, sans mise en scène forcée. « On est littéralement tombés en amour quand on est rentrés dans ce mini local qui est vraiment à échelle humaine », dit Anthony, qui ajoute qu’ici, on est toujours « à un verre de vin près de parler à son voisin ».
Beyt arrive donc comme une adresse de quartier au sens le plus juste du terme: petite, habitée, accessible, pensée pour créer des habitudes. Avec ses 34 places à l’intérieur et une terrasse qui viendra presque doubler sa capacité, le bar à vin a pour objectif d’être en opération de midi à minuit, cinq jours par semaine. Un endroit où l’on vient boire un verre, comprendre ce que l’on boit, se laisser guider par de petits plats à partager, faire de belles rencontres et, pourquoi pas, repartir avec quelques bouteilles. On sent que l’adresse a été pensée par des gens qui comprennent vraiment le sens de l’hospitalité. Pour cette raison, Beyt compte déjà parmi les plus belles ouvertures de 2026: une maison de quartier qu’on a déjà envie d’adopter.
Écrit par Maya Cloutier
Photographié par Alison Slattery