Bar Prima : un des plus beaux restaurants de Toronto

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Bar Prima a été bâti sur une sensation, celle de pousser une porte sur une rue passante de Toronto et d’atterrir ailleurs, complètement. « On voulait créer une salle où, dès que tu mets les pieds, tu as l’impression de ne plus être à Toronto », explique Julian D’Ippolito, qui a ouvert le restaurant en octobre 2023 dans le cadre du Alter Ego Group, aux côtés des copropriétaires Craig Harding et de la famille Scarangella. « C’est clair que tu n’as pas du tout l’impression d’être sur Queen Street. »

Septième restaurant d’un portfolio qui en compte maintenant neuf, Bar Prima est installé sur Queen Street West, dans une salle de 70 places qui frappe bien au-delà de sa taille. Le restaurant a remporté le prix du meilleur design des Canada’s 100 Best Restaurants en 2024, s’est hissé sur la liste nationale, et s’est bâti une réputation comme l’une des salles italiennes les plus commentées en ville. Tout ça en moins de deux ans et demi.

Feuille d’or, verre de Murano et un plafond qui rayonne

Le design, signé Ali McQuaid de Future Studio, est franchement théâtral, sans s’en excuser. Le plafond est en retrait, recouvert de feuilles d’or appliquées à la main par l’artisan Andrzej Kisza, spécialisé dans le dorage de manoirs dans les années 80, avant que la technique ne tombe en désuétude. Des murs tapissés de miroirs reflètent un motif de marbre au sol inspiré des années 60. Des rideaux de velours et de tweed encadrent une salle baignée de luminaires d’époque seventies. Une fenêtre du plancher au plafond en verre de Murano italien ancre l’avant du restaurant.

Le rez-de-chaussée compte une cinquantaine de places ; en bas, ce que l’équipe appelle la club room en ajoute une vingtaine. « Notre équipe de design a fait un travail incroyable », dit D’Ippolito. Litote, vu que l’espace a décroché un prix national de design dans sa première année.

Des zeppole salées et un maritozzo bourré de mousse de foie

Le chef de cuisine Nicholas Iaboni dirige une carte de 25 à 28 plats à tout moment, construite sur l’idée de prendre les classiques italiens et de leur faire faire quelque chose d’inattendu. L’approche est ludique, mais jamais frivole : chaque pirouette gagne sa place dans l’assiette.

« On fait des affaires comme des zeppole, qui sont normalement sucrées, mais qu’on rend salées avec un cacio e pepe », explique D’Ippolito. « Les maritozzi, qui sont des beignes romains traditionnels remplis de crème fouettée — nous, on les remplit de mousse de foie de volaille avec du caviar sur le dessus. Des affaires comme ça, on s’amuse avec. »

Le résultat, dans ses propres mots, c’est une cuisine « super savoureuse, audacieuse, et indéniablement italienne ». Des plats qui récompensent les habitués qui saisissent les références, et qui ravissent les nouveaux venus qui passent à côté.

Le pétoncle qui a lancé mille tables

Le plat signature est arrivé presque par accident. D’Ippolito comptait mettre des huîtres Rockefeller au menu, mais il y avait un hic : il n’aime pas les huîtres. Quand un fournisseur s’est présenté avec de magnifiques pétoncles dans leur coquille, l’idée a fait clic. Le pétoncle Rockefeller est à la carte depuis le premier jour, et c’est devenu le plat sans lequel une tablée se sent incomplète.

« Si une table ne le commande pas, on se dit : ben coudonc, qu’est-ce qui se passe ? », rigole-t-il. « C’est à quel point ce plat-là est populaire. »

Pour ceux qui veulent la visite complète, il y a un menu du chef à 110 $ qui traverse toute la carte : stuzzi, antipasti, pâtes, plats principaux, contorni, dessert. Certains plats sont servis en portions réduites, d’autres ne sont même pas au menu régulier. « On se sert de ces menus-là comme d’une occasion pour montrer des affaires qui pourraient faire leur entrée à la carte dans quelques semaines, des choses sur lesquelles on expérimente », précise D’Ippolito.

Le programme de cocktails s’aligne sur l’énergie de la cuisine. The Uncut Gem, aussi spectaculaire à regarder que solidement construit, est à la carte depuis le soir de l’ouverture. Les martinis sont une pierre angulaire, avec un service de caviar et un menu de martinis saisonniers pendant les Fêtes, où les spiritueux et les garnitures changent régulièrement.

« Les barmans sont juste tellement créatifs », dit D’Ippolito. « Notre équipe de design a créé une salle tellement réussie qu’on n’a qu’à être à la hauteur : servir les verres dans une belle verrerie, s’assurer que c’est savoureux, et exécuter. »

Fun dining

D’Ippolito tient à la nuance. Bar Prima, ce n’est pas du fine dining, c’est ce qu’il appelle du fun dining. Le fine dining, c’est trop guindé. Ici, c’est une salle où tu peux te mettre sur ton trente-six ou débarquer en mode décontracté. Où les playlists comptent autant que le dressage des assiettes. Où le personnel porte un uniforme, mais l’ambiance reste relâchée. Et où la constance, sept soirs par semaine, est le standard.

« Que tu viennes un lundi ou un vendredi, que ce soit une soirée tranquille ou que tu fêtes quelque chose, je trouve que Bar Prima peut cocher toutes ces cases-là », dit-il.

Ce dont il est le plus fier, ce ne sont pas les prix ni la presse. C’est l’équipe. « Un restaurant, ce n’est rien sans son monde », dit-il. « On a beaucoup de gens qui sont avec nous depuis le premier jour. »


Photographié par Alter Ego Group





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