Bar Allegro : le bar à apéritivo plein de vie du Groupe Pompette, dans Little Italy

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À quelques portes du meilleur bar à cocktails au Canada, Bar Pompette, sur ce tronçon de College Street devenu discrètement l’un des corridors gastronomiques les plus excitants de Toronto, un nouveau lieu donne l’impression d’avoir toujours été là. Bar Allegro a ouvert ses portes au 597 College Street à la fin janvier 2026.

Le nom dit tout. En italien, allegro signifie joyeux, animé, pompette : un mot qui capture l’esprit de la culture de l’apéritivo et qui, ce n’est pas un hasard, fait écho à l’énergie réjouissante de ses établissements jumeaux situés sur la même rue. Il s’agit du dernier chapitre du Groupe Pompette, le trio derrière Bar Pompette, Bakery Pompette et le défunt Restaurant Pompette. Et à bien des égards, c’est le chapitre qu’ils avaient toujours voulu écrire en premier.

Un retour à l’idée d’origine

Quand Martine Bauer, Jonathan Bauer-Monneret et Maxime Hoerth sont arrivés à Toronto en provenance de France, leur rêve initial était d’ouvrir un bar à cocktails et à vin. C’était en 2018. Au moment où ils étaient prêts à se lancer, la pandémie en a décidé autrement. Ils ont pivoté vers les commandes pour emporter, puis vers un restaurant à part entière, et pendant cinq ans, c’est ce que Pompette a été : une salle à manger acclamée de Little Italy.

Mais l’idée originale n’a jamais disparu. « On voulait revenir à ce pour quoi on était venus ici », explique Martine. « On ne voulait pas avoir de regrets dans dix ans, en se disant qu’on était venus bâtir quelque chose qu’on n’a jamais pu construire. »

Bar Allegro occupe le local qui abritait plus récemment Vinoteca Pompette, repensé de fond en comble. Et pour la première fois, les trois partenaires ont conçu eux-mêmes l’espace dans son intégralité, sans architecte ni designer d’intérieur. Après cinq ans à bâtir des restaurants, à ouvrir une boulangerie et à lancer un bar primé, ils ont enfin fait confiance à leurs propres instincts.

Le résultat parle de lui-même. Les clients y entrent et ont l’impression d’être en Espagne, dans le sud de la France, dans un lieu visité en vacances qu’on n’a plus jamais voulu quitter. « J’avais l’impression d’ouvrir notre maison aux gens », confie Martine. « Tu viens chez moi, tu t’assois, tu prends ton verre. Ce n’est pas intimidant. C’est chez nous. »

L’apéritivo, comme il se doit

Le concept est simple et profondément européen : venir avant le souper pour un cocktail et une bouchée, ou y arriver après et y rester pour la soirée. Contrairement à Bar Pompette, qui se concentre presque exclusivement sur les cocktails, Allegro dispose d’une vraie cuisine et d’un menu pensé pour le partage.

La carte des cocktails est généreuse : 18 options au total, dont six à la pression, trois variations du martini et trois déclinaisons du negroni. Tout est fait maison, avec la même rigueur qui a valu à Bar Pompette ses distinctions, mais l’ambiance ici est plus détendue, plus décontractée. C’est l’apéritivo, pas une expérience de dégustation.

Quelques favoris se sont déjà imposés. Le Gorgonzola Martini, un classique des bars italiens que pratiquement personne ne prépare à Toronto, est devenu une sensation. Le Pistachio Negroni, fait avec un gin infusé maison à la pâte de pistache, est riche et surprenant. Le Bergamot Fizz est trouble, crémeux, réconfortant. Martine le compare à un London Fog, mais pour la soirée. Et le Spritz maison, construit avec du fruit de la passion et du piment de Calabre, trace une ligne parfaite entre fruité et épicé.

Pour la clientèle de l’industrie, il y a même de la Guinness à la pression !

Manger au bar

La nourriture chez Allegro est conçue pour accompagner les boissons, non pour leur faire compétition. Le menu repose sur des assiettes à partager aux accents européens, et il s’inscrit dans l’engagement du Groupe Pompette envers les fournisseurs locaux et la minimisation du gaspillage.

L’os à moelle est devenu une vedette précoce : un bœuf braisé façon bourguignon mêlé à la moelle, servi à l’intérieur de l’os, accompagné de pains pommes de terre cuits frais chez Bakery Pompette, trois portes plus loin. On déchire le pain, on trempe, et l’espace d’un instant, plus rien d’autre n’a d’importance. Il y a aussi un carpaccio de thon au fruit de la passion et jalapeño qui se marie magnifiquement avec le Spritz. Des œufs mimosa au crispy chili oil et mayo au gingembre. Et des moules à la sauce ‘nduja, notre coup de cœur !

Pour le dessert, la soft serve (vanille à l’huile d’olive, miel et fleur de sel) devait quitter le menu. Les habitués ont exigé son retour. Elle est restée.

Le menu restera essentiellement constant tout au long de l’année, avec des spéciaux saisonniers durant l’été, lorsque les produits arriveront des fermes partenaires du groupe.

Le vin, sans chichi

Jonathan Bauer-Monneret, Meilleur Sommelier de France, supervise le programme des vins avec la même philosophie qu’il applique à tout chez Pompette : accessible, mais jamais simplifié à outrance. On retrouve quatre ou cinq vins au verre à tout moment, choisis pour couvrir une variété de profils. Si aucun ne plaît, une carte de bouteilles d’environ 100 références s’offre à l’exploration. Plusieurs sont importées par Pelican Wine, la propre agence d’importation du groupe, spécialisée dans les vins naturels et biodynamiques de France, d’Italie et d’Espagne.

Le sommelier en salle vous demandera ce que vous aimez, ce que vous n’aimez pas, et vous orientera vers quelque chose qui vous convient.

Pour le Groupe Pompette, c’est un retour à l’idée qui les a fait traverser l’Atlantique en premier lieu. Pour Toronto, c’est combler une lacune qui se cachait pourtant à la vue de tous : un véritable bar à apéritivo européen où les cocktails sont sérieux et la cuisine, pleine d’âme.

Avec trois adresses désormais alignées du même côté de College Street, le Groupe Pompette a bâti quelque chose de discrètement remarquable dans Little Italy. Bar Allegro est l’expression la plus personnelle de ce qu’ils sont : trois amis venus de France, tombés amoureux de Toronto, qui ont décidé de partager un morceau de leur chez-eux.


Photographié par Scott Usheroff (Craving Curator)





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