Made-Rite : le comptoir café-sandwich qui manquait à Kensington Market

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À la lisière de Kensington Market, sur un coin tranquille de Wales Avenue, tout près de l’hôpital, Made-Rite fait depuis un an quelque chose d’apparemment tout simple : un vrai sandwich déjeuner et un bon café, sous un même toit. C’est le plus dépouillé des six projets du restaurateur torontois Leemo Han, déjà derrière Hanmoto, Seoul Shakers, Shaker’s Club, Pepper’s et Oldeseoul Tavern.

Le sixième projet de Leemo Han

Leemo Han a grandi entre Philadelphie, le New Jersey et Toronto, et Made-Rite est sa réponse à un manque. Sur la côte est, les dépanneurs de coin et les bodegas réussissaient deux choses en même temps que Toronto arrivait rarement à conjuguer : un solide sandwich de diner, pensé pour le monde qui travaille, et un café capable de tenir son bout. « Beaucoup d’endroits à Toronto servent un excellent café, mais seulement avec des viennoiseries, ou bien de bonnes bouchées, mais leur café n’est pas à la hauteur des standards de l’industrie », explique Kevin Birung, qui tient le comptoir et signe la carte des cafés. Réunir les deux, pour vrai, c’était tout l’objectif.

Made-Rite propose un café fait pour accompagner, pas pour voler la vedette

Birung s’est joint à l’équipe six à huit mois après l’ouverture, reprenant l’espresso des mains de Sam, un partenaire des débuts qui avait façonné le programme café, avait travaillé avec Han au défunt Pinky’s (un comptoir de fusion vietnamienne) et est depuis reparti vivre en Asie. Le café que verse Birung est conçu pour épouser la nourriture plutôt que de l’éclipser : équilibré, ni trop fruité ni trop torréfié, bien installé au centre.

Du fromage fondu, sans complexe chez Made-Rite

La cuisine suit la même logique. « On essaie au mieux de servir un sandwich de tous les jours, qui vous en donne vraiment pour votre argent », résume Birung, et l’équipe assume des choix honnêtes plutôt que des fioritures premium. Le fromage en fait partie. « On utilise encore du fromage fondu, parce qu’aucun autre fromage ne donne vraiment ce fil filant », dit-il, sans s’en formaliser. L’objectif, qu’il répète, c’est la constance et la fraîcheur, un dîner qu’on pourrait manger chaque jour sans s’en lasser. Ça compte, dans un comptoir dont les habitués comptent le personnel de l’hôpital d’à côté.

Les sandwichs déjeuner sont la pièce maîtresse, à commencer par le saucisse, œuf et fromage, une affaire fumante zébrée de ketchup qui disparaît vite. Au dîner, le Made-Rite, qui donne son nom à la place, est le coup de cœur de Birung lui-même : une relecture du chopped cheese new-yorkais, avec du bœuf haché mariné croustillé sur la plaque, du fromage américain, des cornichons, des oignons, du ketchup et de la moutarde repliés dans un pain vapeur. Une série de sandwichs façon bodega complète le tableau, aux côtés du banana bread et des biscuits posés sur le comptoir. Sa préférence va au banana bread fraise-banane, plus rare et plus étonnant, plaide-t-il, que la version chocolat qui fait l’unanimité.

Son coin de Toronto pour Made-Rite

Ce dont il est le plus fier ne figure pas au menu. « On a notre petit coin de Toronto à nous, qui ne ressemble à aucun autre endroit en ville », dit-il, en décrivant une équipe fidèle et un noyau d’habitués qui grossit, juste aux abords de Kensington. Dans une ville où le diner du quotidien est une forme en voie de disparition, Made-Rite défend tranquillement l’idée que bien faire les bases, le sandwich comme le café, est une ambition en soi.


Photographié par Scott Usheroff





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