Cinqàsept : la buvette-caviste de Ville-Émard qui met les producteurs d’ici à l’honneur

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Il fut un temps, pas si lointain, où dénicher une belle bouteille d’ici ou un fromage d’artisan dans Ville-Émard relevait de l’expédition. C’est ce vide que le Cinqàsept est venu combler en 2020, avec une petite boutique entièrement vouée aux produits locaux, une denrée rare dans le secteur à l’époque. Depuis, l’adresse du boulevard Monk a bien grandi : à l’épicerie-caviste des débuts s’est greffée, fin 2024, une buvette de quartier où l’on mange extrêmement bien et qui cultive l’idée de faire briller les produits d’ici.

De l’art à la cuisine, l’autodidacte assumé

Le tournant s’est joué en janvier 2026 , lorsque Lambert St-Cyr, désormais seul propriétaire, a repris les commandes de la cuisine. Ce diplômé en art et en design aborde la restauration en autodidacte, en posant un regard différent, guidé par la curiosité, l’expérimentation et le plaisir de recevoir plus que par les codes traditionnels du métier. Pour lui, cuisiner, c’est créer autrement : un terrain de jeu où l’instinct dicte le rythme, au gré des saisons et des arrivages.

L’arrivage comme inspiration

Cette liberté, on la ressent dans une carte qui ne cesse de se réinventer. L’équipe est petite, l’espace est restreint, et plutôt que de viser la complexité, Lambert préfère dénicher les plus beaux produits possibles et les laisser parler. Le menu se dessine au fil des récoltes, dont celles de la Ferme des Quatre-Temps, et des arrivages des artisans avec qui la maison travaille en étroite collaboration. De nouveaux plats apparaissent ainsi chaque semaine, et deux visites ne se ressemblent que très rarement. C’est au printemps que le Cinqàsept sort le grand jeu, à la saison du crabe des neiges. En traitant directement avec les pêcheurs, la maison propose la bête vivante en boutique et une fraîcheur d’exception à table, au point que des adresses réputées comme Mon Lapin et Beba viennent s’y approvisionner chaque année.

Pensée pour être partagée, cette cuisine se déguste dans une salle intime au décor contemporain et minimaliste, où cohabitent caviste et restaurant, de 18 places, auxquelles s’ajoute une quinzaine de plus en été avec la terrasse. Dans le verre, on reste fidèle à l’identité de la maison : des vins québécois et d’importation privée à prix doux, côté cocktails, trois valeurs sûres (negroni, paper plane, gin tonic). Quant au caviste attenant, il propose plus de 200 bières de microbrasseries d’ici, ainsi qu’une jolie sélection sans alcool (mocktails, bières à 0 %).

Clientèle du coin ou épicuriens en quête d’un bon rapport qualité-prix, souper en amoureux ou fête privée : le Cinqàsept se prête à toutes les occasions, sans jamais renier son esprit de proximité. On y vient pour bien manger, bien boire et repartir avec une trouvaille sous le bras. Et ça, Ville-Émard en avait franchement besoin.

 


Photographié par Philippe Émond / Cinqàsept





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