Cantine Dukana : un comptoir à sandwichs à l’image de Montréal

Cantine Dukana Thumbnail Cantine Dukana1 Cantine Dukana2 Cantine Dukana3 Cantine Dukana4 Cantine Dukana5 Cantine Dukana6 Cantine Dukana7 Cantine Dukana8 Cantine Dukana9 Cantine Dukana10

Une toute petite salle, une équipe de cinq, un menu qu’on lit d’un coup d’œil, et pourtant Cantine Dukana a réussi ce que peu de grandes tables réussissent, faire sentir aux gens qu’ils sont chez eux. Dans le Petit-Laurier, ce comptoir à sandwichs aux accents libanais est vite devenu une habitude pour les gens du quartier, qui aimeraient sûrement garder le secret tellement tout y est bon.

« Moi, je suis né au Liban, puis j’ai grandi à Montréal », raconte Ali Sleiman, qui a fondé la cantine avec Lara Travers, une amie rencontrée il y a des années au restaurant Omnivore. L’idée d’ouvrir un endroit comme Cantine Dukana germait depuis un moment quand il la lui a pitchée, environ un an et demi avant l’ouverture. Un comptoir à sandwichs d’inspiration libanaise, mais sans se restreindre à la tradition pure et dure. Le nom, lui, vient du mot arabe « dukhan », qui désigne un petit marché de quartier, explique Ali. « Montréal, c’est un melting pot, il y a beaucoup de cultures là-dedans », dit-il. « C’était vraiment ça, l’idée, rejoindre ces deux aspects-là. »

C’est Lara qui a pris, presque de façon organique, le rôle de cerveau derrière les recettes de Cantine Dukana. « Elle garde les ingrédients dans sa tête, je ne sais pas comment elle fait », dit Ali.

Des coups de cœur contre toute attente

Le Dukana, avec poulet taouk effiloché, devait être le sandwich vedette de la maison, celui qui porte le nom de la place. Mais c’est plutôt le Walafel, un sandwich au falafel, qui a fini par ravir la faveur du public, à la surprise même d’Ali. C’est un peu la même histoire pour les frites, qui, elles aussi, ont contribué à tailler la réputation de l’endroit. « Le monde me dit tout le temps que j’ai les meilleures frites à Montréal », raconte Ali. « On n’avait vraiment pas l’intention de faire ça, mais on est bien contents que ce soit tombé comme ça. » Le menu reste volontairement petit, mais un sandwich spécial du mois vient régulièrement le bousculer, une façon pour le duo de garder leur créativité vivante.

La sélection de boissons mélange les classiques tendance de Montréal (Zamalek, etc.) et ceux du Moyen-Orient, en plus d’une boisson à l’hibiscus maison, une invention de Lara. Elle est faite de fleurs d’hibiscus séchées, de mélasse de grenade et d’un peu d’eau de rose, un choix qu’on aurait tort de sous-estimer.

Amener le chez-soi à la Cantine

Le décor porte la signature de Daniel Laforest, un ami graphiste avec qui Ali rêvait de travailler depuis longtemps, épaulé pour le mobilier sur mesure par un autre ami ébéniste. Mais les petits objets, les plantes et les bibelots qui donnent à la place son identité viennent surtout de chez Ali. « Je veux me sentir comme si j’étais chez nous », explique Ali. Et on ne pourrait pas être plus d’accord.

Cette chaleur-là déborde jusque dans la rue. Ali parle du Petit-Laurier comme d’une communauté qui l’a adopté autant qu’il l’a adoptée, des voisins devenus des habitués, des clients dont il voit grandir les enfants au fil des visites. « Il y a quelque chose de spécial, surtout à Montréal, avec les mom-and-pop shops comme ça », dit-il. « C’est un peu un dying breed. Moi, je me tiens proche de ça, je ne veux pas voir ça partir. »

C’est un comptoir avec neuf places assises qui donne autant qu’il reçoit. Mais, surtout, c’est une preuve que l’hospitalité et un menu bien maîtrisé, quand ils sont sincères, finissent toujours par se faire remarquer.


Photographié par Alison Slattery





Du magazine

De formidables poutines au homard

Une formidable poutine au homard servie en cassolette avec fromage en grains, frites maison et sauce à la bisque de homard à la poissonnerie gaspésienne du Marché Jean-Talon.