Baloney : sandwicherie colorée à Saint-Jean-Baptiste

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Dans le quartier Saint-Jean-Baptiste qu’on connaît notamment pour Buvette Scott , une nouvelle adresse s’est glissée début février 2026, juste à l’extérieur des portes du Vieux-Québec. Elle s’appelle Baloney, et on ne peut pas la rater : vitrine colorée, palette assumée, et ce petit supplément d’audace qui manquait au paysage sandwich de la Vieille Capitale. À peine quelques mois après son ouverture, la sandwicherie est déjà bien implantée, avec sa vingtaine de places à l’intérieur et, surtout, une terrasse intérieure à l’arrière — une cour cachée d’une quinzaine de sièges que l’équipe peaufine pour l’été (on a hâte!).

Derrière le projet, un trio qui ne sort pas de nulle part : Benoît Lacourse, Carl Dumas et Joffrey Beaulieu. Les deux derniers sont les propriétaires du Le Cendrillon à Limoilou. Le premier, Benoît (Bear pour les intimes), a justement été chef du Cendrillon pendant près de dix ans, après un passage remarqué au défunt Toast de Christian Lemelin. Les trois ont tous fait leurs classes chez ce même restaurateur, à des époques différentes. Une famille étendue, en quelque sorte, qui se retrouve enfin réunie sur un même projet.

Baloney, c’est une vieille idée qui mijotait depuis les 21 ans de Benoît. « À travers mon parcours, des idées d’ouvrir un restaurant, j’en ai eu 14 000, mais il y en avait une qui ne s’en allait jamais. » 15 ans plus tard, l’idée a pris vie. Le déclic, c’est la pandémie qui l’a provoqué : quand le Cendrillon s’est transformé en sandwicherie d’urgence, il a compris qu’un bagage de fine dining pouvait très bien se glisser entre deux tranches de pain. 

Au menu, une douzaine de sandwichs : les hoagies, les texans, les “pas un sandwich” dont le roti et le hot-dog, et la vedette : le Baloney, qui est dans sa classe à part. Quatre intouchables — dont le baloney, évidemment, le viande froide, le cheddar cheese et le brunch. Quatre en rotation permanente, où la protéine reste (un hot dog, un poulet frit, un roti), mais la recette, elle, s’amuse. Et quatre autres qui partent et reviennent au gré des envies. Pour Bear, une chose demeurait en priorité : sa liberté de création, sans jamais compromettre ses sandwichs réguliers.

Côté breuvages, on assume une direction à contre-courant : ici, pas de café. « Du café, c’est brun, c’est beige… nous, on est colorés! » L’équipe préfère miser sur ses limonades maison — format généreux, saveurs qui changent, et un once de gin si vous vous sentez festifs — et sur une bière unique brassée par les Grands Bois. « Les amateurs de IPA vont en boire une bonne pilsner s’ils veulent boire une bière. » Et pour ceux et celles qui ont vraiment besoin de caféine, l’Orangerie et le Cantook sont trois portes plus loin, et Benoît envoie volontiers du monde chez eux. Et nous, on vous propose aussi un petit arrêt chez Chouquette, pour un café et une chouquette avant de venir vous régaler d’un sandwich chez Baloney.

Baloney veut être une sandwicherie qui mord, qui déborde du cadre, et qui se mouille. On ne change pas la roue : on fait bien les choses, avec une pointe festive et colorée. Rare, et très bienvenu à Québec. Bon appétit!


Photographié par Maxime Maltais





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