Café Champions : sandwichs et cafés à l’italienne au pied du mont Saint-Hilaire

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Créer le sandwich idéal, celui qui comble exactement une envie précise et combine les ingrédients favoris de chacun, est une tâche qui relève presque du miracle. Dans ce café d’Otterburn Park, on peut pourtant bâtir le sandwich de ses rêves, en plus de boire de très bons cafés. Mais Café Champions est plus qu’un café où l’on mange bien : c’est un point de rencontre pour les amateurs de course, de vélo et de bonnes choses, à l’image de son propriétaire. La vallée du Richelieu est une destination de choix pour de nombreux sportifs, mais ici, on pédale surtout pour mieux manger.

Gabriel Belzile a grandi entre Outremont, le Mile End et la Petite Italie, à parler avec les baristas des cafés italiens. Grand habitué du Café Club Social, il cherchait ce même esprit de rassemblement en s’installant en Montérégie. « Ce qui me manque vraiment en région, c’est cet aspect de communauté-là », explique cet ancien rédacteur de Tastet. Il a donc décidé de créer lui-même ce lieu de rencontre, un projet qu’il mène avec l’aide de son grand ami et désormais gérant du café, Malik Mahmoud.

La mathématique du sandwich

Il y a quelques années, Gabriel signait un texte intitulé « La mathématique du sandwich ». Aujourd’hui, il peut enfin mettre en pratique la théorie qu’il avait élaborée. Sur un petit papier, chacun coche ses ingrédients pour créer un sandwich à son image. Plusieurs pains, comme la focaccia et la baguettine de chez Le Pain dans les Voiles servent de base, puis le reste se prête à presque toutes les envies possibles.

La plupart des charcuteries (mortadelle, prosciutto, jambon blanc, etc.) sont importées d’Italie, et un brisket, clin d’œil au smoked meat montréalais, vient s’ajouter à l’offre, gracieuseté de Jude, de la Boucherie Capitol. On peut aussi jeter son dévolu sur une panoplie de sauces, de la bomba épicée à la moutarde au miel, en passant par le pesto. Si on y ajoute les aubergines marinées ou les options de fromage, les possibilités grandissent de façon exponentielle (Gabriel évalue le nombre de combinaisons à plus de 15 000!).

Pour les indécis, la maison propose deux propositions déjà établies : le classique sandwich déjeuner sur pain brioché, servi toute la journée, et le sandwich du champion, un spécial qui change au gré des inspirations. Pas question de virage santé pour autant. « Moi, je fais du vélo pour pouvoir manger à l’infini », blague Gabriel.

L’esprit italien se prolonge avec l’espresso et ses déclinaisons, préparés avec les grains Musetti, tandis qu’un mélange de Traffic Coffee aux notes de mélasse et de chocolat noir infuse le café filtre et le cold brew. Malik a monté un programme de thés avec Camellia Sinensis, et les fameux croissants du Bar à Croissant, à Beloeil, garnissent les tablettes.

Les circonstances idéales

Le local, déniché hors marché, se trouvait sur le trajet que Gabriel empruntait depuis des années dans ses grandes sorties à vélo à partir de Montréal. Entouré d’arbres, il borde une piste cyclable achalandée, avec vue sur la montagne. Les propriétaires de la bâtisse, Marie-Pierre et Étienne, rêvaient même d’y voir un café cycliste et ont mis la main à la pâte pendant les travaux. Atelier Lux Design a signé le concept aux accents de bronze et de terracotta, où Gabriel a glissé un banc d’église trouvé sur Marketplace, décapé puis repeint.

Le lettrage de la devanture a été réalisé par Prototype, et la grenouille du logo est l’œuvre de Manu Josk. « Pourquoi une grenouille? Pourquoi pas? Une grenouille, ça roulerait vite en vélo! », lance Gabriel.

L’arrière du café abrite une boutique, où les sportifs peuvent se procurer des produits de nutrition sportive et de la merch, comme des maillots de vélo portant le nom de la maison. On y trouve aussi quatre vélos stationnaires intelligents Zwift, que les clients peuvent enfourcher, sandwich à la main, pour pédaler devant un match de hockey ou un film.

Un club social version vélo

D’autres items s’ajouteront éventuellement au menu, mais le sandwich restera le champion de la place. Gabriel a signé un bail de dix ans et compte bien faire de ce café un lieu d’échange pour toute la communauté. « C’est mon projet de vie. Ma conjointe Stef et moi habitons ici maintenant. Je suis là pour rester », dit-il. Et le nom porte un s pour une bonne raison : dans son café, « on est tous des champions ».


Photographié par Scott Usheroff





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