Le Bar à Croissant : l’art de la viennoiserie à son meilleur

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À Beloeil, une adresse a fait du croissant sa raison d’être. Au Bar à Croissant, on ne trouve ni pain, ni pâtisseries, ni sandwichs : uniquement des viennoiseries, travaillées avec une rigueur qui fait jaser, et qui attire maintenant des clients venus de bien au-delà de la Rive-Sud.

La science du croissant

Le choix de s’en tenir aux viennoiseries est pleinement assumé. La maison refuse de se disperser dans le pain ou la pâtisserie, convaincue qu’une offre trop large ferait perdre en qualité ce qu’elle gagnerait en variété. La fabrication du croissant relève ici d’une vraie science, prise très au sérieux : chaque pièce est façonnée et pesée une à une, la vanille arrive en gousse, et l’équipe ajuste sans cesse sa méthode selon la température et l’humidité, avec le changement des saisons. Le menu, d’une quinzaine de produits, se renouvelle chaque mois avec un croissant du mois et quelques nouveautés.

Tout y est excellent. Les variations de croissant sont évidemment à essayer, mais nous avons également eu un coup de cœur pour leur pain suisse, exécuté à la perfection, lors de notre visite. Pour les accompagner, cafés et matchas sont servis sur place, avec des grains signés Wiltor, un torréfacteur de Saint-Ours. On compte une vingtaine de places à l’intérieur de cette charmante maison typique de Beloeil, et une petite terrasse avant en ajoute huit à l’été.

Un engouement presque immédiat

Tout part d’un manque. Installés sur la Rive-Sud en 2021, Thibaud Georges, boulanger-pâtissier de formation, et Alice Mielcarek, tous deux originaires de France, ne retrouvent pas la chocolatine qu’ils avaient l’habitude d’aller chercher la fin de semaine à Montréal, latté à la main. Le boulanger décide alors de la faire lui-même. Il sous-loue une partie d’un local pour tester l’idée, et le bouche-à-oreille des groupes Facebook de Beloeil et de Mont-Saint-Hilaire fait le reste : dès le premier jour, toute la production s’envole en trois heures.

En 2024, la maison remporte le concours du meilleur croissant du Grand Montréal, avec à la fois le prix du jury, décerné par des professionnels lors d’une dégustation à l’aveugle, et le prix du public. Trois déménagements plus tard, l’équipe compte une quinzaine de personnes, et un centre de production à Saint-Hyacinthe vient épauler la boutique.

On comprend tout à fait l’engouement. Un conseil pour la fin de semaine : arrivez tôt. La file se forme souvent avant même l’ouverture, et entre 300 et 350 clients passent à la caisse chaque samedi et dimanche. La boutique est souvent en rupture de stock entre 11 h et midi et ferme alors plus tôt. Des viennoiseries de ce calibre ne peuvent pas sortir d’une production de masse. L’attente en vaut la peine : l’équipe a voulu faire du Bar à Croissant un lieu de rencontre où l’on s’attarde autour d’un café, comme dans les petits commerces de quartier en France, et plusieurs habitués y sont devenus des amis.


Photographié par Alison Slattery





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