Antonin Mousseau-Rivard : chef extraordinaire et son resto Le Mousso

Antonin Mousseau-Rivard — Mis à jour en novembre 2017

Antonin Mousseau-Rivard est un chef de 31 ans, et voici pourquoi il sera probablement un des chefs les plus marquants du Québec. © Photo Maybe Watson

Antonin Mousseau-Rivard et Jean-Paul Mousseau © Maybe Watson

Le portrait d’Antonin Mousseau-Rivard :

1. C’est un vraiment bon gars. Là vous pensez, oui, mais ce n’est pas si important lorsqu’on fait le métier de chef. En effet, on peut être un peu — voir très — trou de cul et être un excellent chef, mais c’est toujours plus agréable de donner du mérite à quelqu’un qui n’a pas la tête enflée, est sympathique et a l’esprit ouvert.

2. C’est un travaillant qui a commencé en bas de l’échelle. Antonin Mousseau-Rivard n’a jamais été bon à l’école. À 16 ans, sa mère lui signe un papier pour qu’il arrête l’école. Cependant, l’entente est qu’il doit toujours travailler, sinon il y retourne. Il commence comme plongeur au Mæstro SVP et vend des hot dogs aux festivals l’été. Puis un jour, il a une chance de devenir cuisinier au restaurant Sarcelles à St-Lambert. « C’est une institution française, avec de la cuisine française de la vieille école; beaucoup d’étapes pour peu de résultats. J’ai beaucoup appris, mais à un moment je me suis écœuré. » Il quitte et prend une pause de la gastronomie. Un peu par hasard, il obtient un travail au Frite Alors Rachel. Très rapidement, il devient gérant de cuisine, aide à ouvrir les nouveaux Frite Alors! et peut sortir un burger en moins d’une minute. Il quitte le Frite Alors! après quatre ans pour faire du traiteur, pour Star Académie entre autres. Un jour, pour un traiteur privé, il nourrit le directeur du journal Le Devoir et la directrice de la Place-des-Arts. Quelque temps après, il reçoit un appel pour être cuisinier pour le restaurant du MAC, Le Contemporain, où les choses deviennent intéressantes. Commencer en bas de l’échelle n’est pas nécessaire, mais cela permet d’apprendre et de respecter chaque poste en cuisines.

3. Il vient d’une famille d’artistes québécois d’influence. Sa mère, Katerine Mousseau est actrice et son père Michel Rivard est chanteur. Son grand-père, Jean-Paul Mousseau est un peintre important du Québec, d’ailleurs affiché au MAC, élève de Paul-Émile Borduas et co-signataire de Refus Global. « Je m’inspire beaucoup de ses œuvres. » Dans le reste de sa famille, on compte aussi Muriel Guilbault — comédienne québécoise et co-signataire de Refus Global aussi —, Robert Rivard — acteur québécois et président de l’Union des Artistes pendant plusieurs années — et Dyne Mousso (d’où le nom de son prochain restaurant) comédienne, artiste et cosignataire de Refus Global encore. Woah. Impressionnant. 

4. Lui aussi est artiste et provoque. En plus de faire des plats exquis, ses assiettes sont époustouflantes. On dit que l’on goûte d’abord avec les yeux; vous serez abasourdis, marqués à jamais. Sérieusement. Pour vous donner un aperçu, vous pouvez jeter un coup d’œil à son compte Instagram, qui compte plus de 17,000 fans, des amateurs de gastronomie, à des chefs d’un peu partout dans le Monde — même des Étoilés Michelin. C’est vraiment de l’art. Il a également fait beaucoup de peinture, de dessins, graffitis et a même déjà été rappeur (!).

5. Antonin Mousseau-Rivard a un talent exceptionnel. Sans avoir fait d’école culinaire, Antonin repousse les limites de la cuisine. La première fois que j’ai goûté son travail, mon père m’avait amené manger au restaurant Le Contemportain pour le travail. Un restaurant de musée, c’est un peu ennuyant me suis-je dis. Et tout d’un coup, sans s’y attendre, on a reçu des prodiges, un à la suite des autres. On était tout les deux estomaqués. Textures, goûts, couleurs, présentation, tout y était parfait. Tellement que mon père en a parlé partout où il pouvait. C’était comme notre crush surprise; vraiment agréable. Il a le meilleur restaurant de Musée de Montréal. C’est un entrepreneur: trois mois après avoir commencé au restaurant Le Contemporain, il devient chef.  Un an après, il le rachète avec sa mère et à 24 ans, il redécouvre la gastronomie, replonge dans les recettes, les essaie-erreurs et se permet des folies. « Ça m’a vraiment pris du temps à aimer mon resto. Pendant longtemps j’ai voulu qu’il soit quelque chose qu’il n’est pas. Un restaurant de Musée, c’est un restaurant de Musée. Je ne peux pas changer cela. Et c’est pour cela qu’il ne gardera pas le restaurant et qu’il ouvre son nouveau restaurant Le Mousso. » Aaah, ce fameux nouveau restaurant.

6. En 2015, il a ouvert avec sa mère, Le Mousso, un des meilleurs restaurants gastronomiques de Montréal! Le Mousso se trouve sur la rue Ontario, au coin de Amherst. « Dépendamment d’où tu regardes, tu vois des quartiers différents. Je suis à la limite du Centre-Sud, du Plateau, du Centre-Ville et du Village. » L’établissement a une quarantaine de places assises et présente « l’essentiel des assiettes du Contemporain; toujours minimaliste, mais avec une ambiance, de la musique… » Le restaurant propose simplement un menu dégustation « Je veux obliger les gens à découvrir. J’ai un permis de bar esti! Je veux que le monde ait du fun! Et de partout où tu es dans le resto, tu vois ma cuisine. Je veux faire ressortir le lien entre les cuisiniers et les clients. Je trouve ça vraiment important. » On aime beaucoup cet endroit.

 

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© photos de son compte Instagram





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