Leonard Lighter, l’homme ...
3961 Boul St-Laurent
http://moishes.ca/fr/
(514) 845-3509

Leonard Lighter, l’homme aux multiples succès 

Leonard Lighter est le propriétaire du restaurant Moishes. C’est celui que vous voyez orchestrer la salle et accueillir les clients en soirée. Le restaurant Moishes a fêté ses 75 ans en 2014, mais l’endroit est fréquenté par plus de 500 clients certains soirs (!). Entretien avec un mari, un père, un restaurateur et un homme d’affaires exceptionnel.

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Moishes, une histoire particulière

« Mon père a immigré seul à Montréal de Roumanie à un jeune âge, il devait avoir autour de 13 ans. Il a travaillé dans le quartier, dans plusieurs établissements. Le restaurant où se trouve Moishes s’appelait à l’époque le ‘Saffrin’s restaurant’. Mon père, Moishe Lighter travaillait pour le propriétaire; mon père était un gambler et le propriétaire du Saffrin’s l’était aussi. En 1938 il a parié le restaurant et l’a gagné (!). Il le renomme alors à l’époque « The Romanian Paradise« . Durant la Deuxième Guerre mondiale, vu la position de la Roumanie dans le conflit, il renomme le restaurant à son nom: ‘Moishes’ et cela fonctionne très bien. » En 1950, ils agrandissent le local du restaurant (la salle où nous nous régalons à ce jour, représente quatre bâtiments différents).

Tout petit, Leonard Lighter mange donc souvent du ‘Moishes’: « mon père en rapportait à la maison et tous les samedis matins on venait pour luncher au restaurant avec ses amis et lui ». Quand Léonard est dans sa début vingtaine, il commence à travailler au Moishes, sans vraiment savoir ce qu’il va faire. « Au début, je travaillais à faire la lessive qui était intégrée dans le restaurant, puis j’ai fait le bar, puis maître D, pour finir au management. Tout s’est fait de façon organique. » Son père commence à ralentir son travail, et par évolution normale son fils prend plus de place. Lorsqu’il décède, Leonard Lighter reprend officiellement le restaurant Moishes.

L’homme de famille 

En plus de son restaurant, Leonard est papa et grand-papa (il n’a vraiment, mais vraiment pas l’air). Il a un fils de 34 ans qui vit en Ontario, une fille de 28 ans qui fait sa médecine aux États-Unis, une fille de 25 ans qui vient d’accoucher de jumeaux et un fils de 23 ans qui étudie en finances.  Il est aussi marié à sa charmante femme Stéphanie depuis 13 ans. Comment fait-on pour être restaurateur et homme de famille? « C’est difficile! (rires). Sans blague, c’est très difficile même. Je pense que Stephanie fait un grand effort pour s’impliquer dans tout ce qui concerne le restaurant. En fait tout le monde dans la famille fait un effort: si c’est important, il faut faire un effort, sinon on n’y arrive pas. »

L’homme aux valeurs de cœur

« Ce que je préfère, c’est le sentiment que j’ai lorsque c’est très occupé, mais que tout fonctionne! (rires) Parfois, on fait des centaines de personnes en une seule soirée; chaque petite chose compte. Il faut organiser le travail proprement, et en fin de compte, tout le monde dépend de tout le monde pour que la soirée se déroule bien. J’aime à penser que je suis un peu le leader ou le conducteur de ce mouvement. » Il y a des plongeurs qui sont là depuis plus de 35 ans, des serveurs depuis plus de 50 ans et des jeunes qui viennent d’arriver; ça en dit long sur le traitement que le restaurant a envers son personnel. « C’est l’équipe d’un restaurant qui fait le restaurant, vraiment. »

Ce dont il est le plus fier, c’est l’héritage que Moishes transmet: « Nous sommes une forme d’institution. Cet établissement a une longévité. Nous avons travaillé fort et avons construit une entreprise honnête, qui tente de donner beaucoup d’amour et de générosité. C’est important de sentir l’amour et la chaleur humaine d’un endroit; du gérant au garçon de salle. »

L’homme ouvert d’esprit 

« Montreal vit une récession et les jeunes gens trouvent le milieu attirant. Je suis pour un libre marché, mais il faut des ‘balls’, de la vigilance et du travail assidu. Il y a quelques années, on avait un problème avec notre image parce qu’elle était un peu vieille. Nous étions connus de ma génération et celle d’avant, mais on avait de la difficulté à rejoindre les jeunes; on a dû trouver une solution. On a pensé, on a rénové, et offert un menu moins dispendieux à partir de 21h et surtout, on est surtout devenu actifs sur les médias sociaux. Notre histoire était importante, on est beaucoup connecté avec Montréal, mais il fallait revoir notre fonctionnement. » Si vous allez au restaurant pour le service late night, le restaurant est effectivement maintenant rempli de jeunes. Une belle réussite pour Moishes.

L’homme d’affaires hors pair

Depuis un an, Moishes vend dans tous les supermarchés de grande surface plus de 25 produits — ribs de bœuf, cornichons, salade de choux et poulet depuis peu. « Le commerce de détail de gros amène beaucoup d’opportunités pour nous. Ça prend une partie très importante de notre marché à ce jour. J’ai beaucoup de fierté et d’attachement dans le fait que, je voulais à quelque part que mon père soit fier de moi, et je me plais à penser que lui qui est parti seul et de rien, serait heureux de voir son nom partout dans les épiceries. » En effet. Bravo.

Avec tous ces éléments, on peut comprendre que le restaurant fonctionne aussi bien, même après plus de 75 ans d’existence.

Bonne continuation Leonard et longue vie au Moishes.





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