Riposte : cuisine à contre-courant dans Saint-Henri
Restaurant Riposte
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- Réserver
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3568 Rue Notre-Dame Ouest Montréal H4C 1P4
+1 438-519-4361 -
Lundi: 6:00 PM – 11:00 PM
Mardi: Fermé
Mercredi: Fermé
Jeudi: 6:00 PM – 11:00 PM
Vendredi: 6:00 PM – 11:00 PM
Samedi: 6:00 PM – 11:00 PM
Dimanche: 6:00 PM – 11:00 PM
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- Restaurant
Chez Riposte, une soirée peut se limiter à un verre et quelques pintxos au comptoir, comme elle peut s’étirer jusqu’au digestif autour d’une grande pièce à partager. Cette souplesse, jumelée à une cuisine qui puise dans le Roussillon, là où le nord de l’Espagne rejoint le sud-ouest de la France, fait toute la singularité de l’endroit. Les inspirations espagnoles et françaises servent de point de départ, puis la carte s’autorise bien des détours. Dans Saint-Henri, l’équipe a voulu un vrai resto de quartier, avec des prix pensés pour qu’on puisse y revenir souvent.
À la barre du Riposte, on retrouve Julien Betancourt, Frédéric Bigras-Burrogano et le chef Matthew Finn. Amateur de vin de longue date, Julien a tenu des bars à cocktails et ouvert le Nolan, qui a depuis fermé ses portes. Mixologue de formation, Frédéric a fait le saut en restauration chez Gia Vin & Grill, où il a notamment piloté le programme de bar. Il est aujourd’hui doctorant à Concordia, où il mène des recherches en art, en philosophie et en alimentation, et Riposte est au cœur de sa thèse. Né à Belfast, Matthew a cuisiné au Frieda, à Berlin, dirigé la cuisine du Bistro L’Stage, en Colombie-Britannique, et fait un passage au Bar Minou, sur l’avenue du Parc. S’ajoute au projet Julien Hebert Nguyễn, associé plus discret, mais tout aussi impliqué. « Worst case scenario, c’est un resto de quartier le fun. Best case scenario, on inspire le monde à faire de la business autrement », résume Frédéric.
Deux fuseaux horaires dans l’assiette
En arrivant, Matthew a apporté avec lui toute une réserve de sauces, d’épices et de fermentations, qu’il marie aux légumes et aux produits québécois cueillis dans la semaine. « Dans l’assiette, tu as comme deux time zones en même temps », illustre Frédéric. Julien insiste sur la retenue du chef : « L’ingrédient principal est l’ingrédient principal. » Point barre. Le reste de l’assiette l’accompagne sans jamais lui voler la vedette.
La carte se prête autant aux petites faims qu’au grand repas. Pour quelques bouchées à partager, on y va avec les pintxos, comme le jambon serrano et les olives. Parmi les petits plats, le barbajuan, ce petit chausson frit originaire de Provence, est ici farci d’un pétoncle cru et de boudin noir, tandis que le tartare de bœuf emprunte les épices des pinchos morunos, ces brochettes marinées du sud de l’Espagne. Les tablées plus affamées peuvent se tourner vers des pièces de viande copieuses et réconfortantes. On pense au cocido de guanciale, joue de porc accompagnée d’aubergines et de figues, ou à l’assiette de côte de porc Berkshire à partager, servie dans son jus avec de la bonne huile d’olive et des shishitos.
« L’apéro plus-plus »
Les cocktails misent sur des saveurs plus douces, pensées pour accompagner les plats. « C’est un genre d’apéro plus-plus. Tu peux rentrer et tu peux toujours continuer », décrit Frédéric. Notre coup de cœur va à L’Émeraude, qui marie gin, tomate et concombre, et joue sur les tendances de la lactofermentation et du martini à la tomate avec une fraîcheur percutante. On y retrouve bien sûr le tinto de verano, ce classique espagnol qui vient s’agencer aux inspirations culinaires de la maison.
Il ne faut pas oublier le vin! La sommelière Eleonore Schreiber signe une carte d’une cinquantaine de références de France, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, de Suisse et du Québec, dont une section entière de macérations et de rosés. Partie d’une idée plus nature, centrée sur le Roussillon, l’équipe y a ajouté des cuvées plus classiques pour que tout le quartier y trouve son compte.
Frédéric dirige aussi une agence qui importe les produits de distillateurs indépendants, et le programme d’apéritifs et de digestifs en profite, tout comme nous. Cognacs et armagnacs, ces eaux-de-vie nées du vin, y côtoient calvados et eaux-de-vie de fruits, offerts à des prix très raisonnables. En fin de repas, le parfait aux herbes, qui rappelle l’esprit d’un semifreddo en plus léger, s’accorde d’ailleurs à merveille avec l’un des digestifs de la carte.
Allier minimalisme et confort
Installé dans l’ancien local du Nozy, entièrement rénové, Riposte mise sur une salle qui laisse toute la place à l’assiette. Des lampes en acier rouges au-dessus des tables, des accents orange et des banquettes rétro et confortables y côtoient un comptoir de marbre foncé et des affiches engagées. L’ensemble reste minimaliste, sans jamais être froid. La musique alternative qui joue en fond prolonge ce qu’on retrouve dans le décor, le verre et l’assiette.
Pour l’équipe, le mot riposte évoque un mode d’action, « quelque chose qui est un peu électrique », précise Frédéric, et une façon d’aller à contre-courant. L’éclair choisi comme logo, clin d’œil au groupe hardcore Bad Brains, illustre cette idée d’un geste vif qui frappe « à un point précis ». L’identité graphique du restaurant, jusqu’au menu, puise d’ailleurs dans l’iconographie hardcore.
Riposte offre ainsi sa propre réponse aux tendances culinaires montréalaises, et elle se goûte d’abord dans l’assiette. On n’y trouve pas d’équivalent en ville, ce qui en fait une belle découverte et une entrée de choix sur notre liste des meilleurs restaurants de Saint-Henri.
Écrit par Marie-Ève Godin
Photographié par Alison Slattery