Le Lit Double: bar de quartier au cœur de Saint-Jean-Baptiste à Québec

Le Lit Double@raphimori (raphelle Morin) Le Lit Double@raphimori (raphelle Morin)(2) @raphimori (raphelle Morin)(4) Hubert Poliquin (@hubert Poliquin) Le Lit Double@hubert Poliquin (@hubert Poliquin)(1) Le Lit Double.1 Hubert Poliquin (@hubert Poliquin)(2) Le Lit Double@raphimori (raphelle Morin)(3) Le Lit Double.2 Samuel Olivier Roy Lopez @s.o.r.l Le Lit Double@gael Thibault (g  Thibault)

« Québec, c’est un grand lit double. » Si l’expression vous fait sourire, c’est que vous savez déjà qu’ici, entre amis, ex et voisins, tout le monde finit par se croiser. Dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, un bar l’a carrément adoptée comme nom : Le Lit Double. Le Lit Double a ouvert en 2025 rue Saint-Jean, dans l’ancienne banque de 1850 qui abritait le Pub Le Projet. Trois amis y ont créé un lieu à leur image : accueillant, animé et où l’on mange vraiment bien.

Trois amis, une adresse

Derrière Le Lit Double, un trio aux rôles complémentaires : Mathieu Ferland à la gestion, Jérémy Dufour au service et aux vins, et Gaspard Thibaudeau-Goupil en cuisine. Instigateur du projet, Mathieu découvre les rouages du repreneuriat après des années en service et un détour par les relations internationales. Avec Jérémy, il reprend le bar Le Projet, puis tous deux recrutent leur ami Gaspard, formé en cuisine italienne à l’ITHQ et passé notamment par le défunt Kraken Cru. Ensemble, ils façonnent Le Lit Double, un bar à leur image : humble, sans prétention, porté par une trame sonore qui fait autant de place aux classiques québécois qu’au punk rock, et où l’équipe a toute la liberté d’être elle-même.

Un menu inspiré du voyage

« On n’est pas un restaurant, on est un bar », insistent les associés. Un bar où la cuisine mérite néanmoins toute l’attention. Plutôt que de s’en tenir à une seule tradition, Gaspard s’intéresse à ce qu’on mange en buvant un verre ailleurs dans le monde, avec une place réservée aux produits locaux et saisonniers. « Moi, mon objectif, c’est toujours que le prochain menu qui sort soit le meilleur », résume le chef.

Le « spice bag » s’est rapidement imposé comme une signature. Inspiré d’un plat populaire en Irlande, il réunit frites, poulet frit, épices, condiment pimenté croustillant et sauce au cari. « C’est comme notre poutine », lance Gaspard. À ses côtés, le schnitzel de porc côtoie des spätzle maison au Louis d’Or et un chou-fleur grillé sur sauce aux tomates lactofermentées. Les curieux peuvent s’en remettre au menu partage, une formule très abordable qui mise sur la découverte.

Au bar, les onze lignes de fût font la part belle aux brasseries québécoises, de Boréale aux Grands Bois en passant par Menaud. Jérémy y ajoute un vin en fût et une courte sélection d’importations privées, renouvelée au fil de ses dégustations. Les cocktails classiques (Negroni, Paper Plane, Jungle Bird) restent abordables, et l’équipe a carte blanche pour improviser des créations, avec ou sans alcool, à partir des sirops concoctés selon l’inspiration de l’équipe en cuisine.

Le lit comme toile de fond

Sous les plafonds à caissons de l’ancienne banque, la lumière ambrée glisse sur les corniches ouvragées et les médaillons de plâtre, révélant chaque détail d’un autre siècle. Le regard se laisse porter vers le haut, puis s’arrête sur la pièce maîtresse du décor : un lit drapé aux tons de rouille suspendu à l’envers, aux côtés de sa table de chevet. Clin d’œil assumé au nom de la maison, l’installation s’inspire de Madame Claude, un bar berlinois où tout se vit à l’envers. Le reste tient du travail d’artisans : luminaires façonnés par Camille, la copine céramiste de Mathieu, anciennes chaises d’école rehaussées en tabourets de bar et clichés de photographes de Québec qui habillent les murs.

Au souper, l’ambiance est feutrée. Passé le dernier service, le volume monte d’un cran, dans un esprit que l’équipe aime comparer au Darling, à Montréal. La fête prend des airs de party de maison et se termine aux petites heures du matin (!!)

Accessible, festif et rassembleur

Au Lit Double, l’accessibilité n’est pas un argument, c’est une mission. Partant du constat que bien des gens n’ont plus le sentiment d’en avoir pour leur argent au restaurant, l’équipe a fait du rapport qualité-prix sa promesse : des additions légères, sans jamais tourner les coins ronds. Inclusive et pensée « pour les plus et les moins fortunés », cette philosophie semble avoir trouvé écho auprès des gens du quartier, nombreux à y voir l’endroit qui manquait à la rue.

Cet esprit se prolonge dans une programmation événementielle guidée par les coups de cœur de l’équipe. Pop-ups colombien, mexicain ou créole avec des amis cuisiniers, soirée gastronomique où la cuisine déploie des techniques plus poussées : le bar devient le terrain de jeu d’une bande qui aime rassembler. L’espace se privatise aussi pour accueillir jusqu’à 60 personnes, et les projets culturels y sont les bienvenus, des expositions aux projections de courts métrages.

On aime l’adresse pour l’énergie qu’elle insuffle au quartier, la spontanéité de son équipe et sa table accessible. Une fois dans le lit double, on y revient pour un verre entre amis, qui en appelle souvent un deuxième.


Photographié par Raphelle Morin / Hubert Poliquin / Gael Thibault / Samuel-Olivier Roy-Lopez





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