Chez Biceps BBQ : pionnier du barbecue américain à Québec
Chez Biceps BBQ
- $$$$
- Réserver
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5151 Boulevard Henri-Bourassa Québec G1H 3A8
+1 418-914-5991 -
Lundi: Fermé
Mardi: 5:00 PM – 10:00 PM
Mercredi: 5:00 PM – 10:00 PM
Jeudi: 5:00 PM – 10:00 PM
Vendredi: 5:00 PM – 10:00 PM
Samedi: 5:00 PM – 10:00 PM
Dimanche: 5:00 PM – 10:00 PM
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- Restaurant
Dans le fumoir de Chez Biceps BBQ, le feu est nourri uniquement au bois d’érable, sans gaz, sans électricité et sans charbon. Il brûle doucement sous les côtes levées, le bacon maison et le brisket style Texas, grande fierté de la maison comme de toute table de barbecue digne de ce nom. « Dans l’univers du barbecue, c’est l’ultime accomplissement quand on est capable de faire de la bonne brisquette », affirme Vincent Chatigny, chef et unique propriétaire.
Sa rigueur, le chef l’a apprise en travaillant à de grandes tables, dont le Laurie-Raphaël, où il a été recruté dès l’école de cuisine avant d’y revenir comme sous-chef. Il y découvre un milieu « très exigeant, très difficile, mais en même temps, ultra créatif ». Un passage dans des cuisines italiennes lui fait ensuite apprécier la simplicité et l’importance d’ingrédients de qualité dans les recettes rustiques de l’Italie. À la recherche de nouveaux horizons, il devient ensuite l’un des visages de l’émission Bouffe en cavale pendant huit ans et traverse le Canada et les États-Unis, où il tombera en amour avec le barbecue du Sud. Après avoir passé plusieurs années au petit écran, il décide enfin de tenter le tout pour le tout et d’ouvrir son propre restaurant, Chez Biceps BBQ, en décembre 2015.
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, l’établissement n’a rien d’un repaire d’amateurs de musculation. Le nom vient de Phantom of the Paradise, un film culte de Brian De Palma que le chef regardait enfant avec son père. Dans la version française, le chanteur rock Beef y devient Biceps, un nom qui a d’abord été celui du taureau ornant autrefois le logo du restaurant.
Au fumoir, le temps fait bien les choses
Chaque jour, six poitrines entières de Certified Angus Beef passent au fumoir. C’est cette coupe, les pectoraux du bœuf, qui donne le brisket. Jadis délaissée, elle s’est hissée au sommet du barbecue grâce à une longue et lente cuisson. Chez Biceps, les poitrines reçoivent un dry rub d’inspiration texane, à base de sel et de poivre. Le chef y ajoute sa propre touche, avec des graines de coriandre et de fenouil. « Il n’y a pas d’injection, il n’y a pas d’arrosage. On la met dans le fumoir à sec et on la laisse aller », explique-t-il. Aucun thermomètre n’entre dans l’équation : « On y va juste au toucher, à l’œil. » C’est un savoir d’artisan qu’il est fier de transmettre à sa jeune brigade.
Autour du brisket gravitent les autres classiques d’un menu que le chef veut immuable, « comme les vieux restaurants français qui ont le même menu depuis 30 ans ». On y retrouve d’autres piliers du barbecue, comme les côtes levées, les short ribs, le poulet frit à l’américaine et, bien sûr, sa propre recette de sauce barbecue. L’identité culinaire québécoise vient également se marier à celle du Sud des États-Unis. On peut y manger des oreilles de crisse à l’année, et le foie gras comme le canard agrémentent aussi le menu, notamment dans le mac and cheese au chou-fleur rôti et canard confit. Au dessert, la tarte au citron géante à la meringue italienne brûlée est jugée « légendaire » par son créateur, qui ne pourrait plus la retirer de la carte.
Personne ne repart le ventre creux
Les portions sont généreuses. L’assiette de brisket arrive remplie de tranches de viande, avec de la salade de chou et des cornichons marinés sur place. Une assiette de viande et deux ou trois accompagnements se partagent déjà facilement, et un menu dégustation permet de goûter à tout. « Je veux que le monde soit vraiment rassasié en partant », insiste Vincent Chatigny.
Pour accompagner le tout, le bar propose une bonne sélection de whiskys. On les retrouve dans le Bloody Biceps, un Bloody César au whisky québécois garni d’une tranche de bacon fumé maison, ou dans l’Extrême-onction, un shooter de whisky coiffé du même bacon, vestige laissé par un épisode de Bouffe en cavale. La maison mise aussi sur des bières de microbrasseries québécoises, dont certaines sont brassées spécialement pour elle. Selon le chef, Chez Biceps BBQ est le seul restaurant à faire équipe avec la Cidrerie Au Pied de Cochon, qui lui produit chaque année une cuvée exclusive. On sent que les deux maisons partagent une certaine identité gourmande.
Après plus de dix ans d’existence, Chez Biceps BBQ demeure un restaurant à l’identité unique au Québec, qui attire des gourmands de partout dans la province. Plusieurs repartent même la glacière remplie de viandes sous vide, pour prolonger l’expérience jusqu’à la maison.
Écrit par Marie-Ève Godin
Photographié par Mélanie Emond, Ludovic Gauthier et Clovis Jacob