Retro Gusto : trattoria et pizza romaine dans la Petite Italie

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En italien, « retro gusto » signifie « arrière-goût », et cette pizza à la romaine en laisse un tenace : depuis son ouverture en 2022, elle s’est taillé une place de choix sur la rue Preston et dans le paysage de la pizza à Ottawa. Autour d’elle gravitent une courte sélection de bouchées italiennes, des salades, une escalope de saison et des pâtes al forno. Une carte des boissons entièrement italienne donne le ton à l’aperitivo, ou transforme une pointe avalée en vitesse en longue soirée.

Derrière Retro Gusto, on retrouve la sœur et le frère Nina et Cesare Agostini, aussi fondateurs de Farinella, la boulangerie-pizzeria romaine réputée pour sa pizza au mètre, sa focaccia et son pain au levain. Ici, Cesare développe les recettes et le chef Michael Ison les porte jusqu’à l’assiette. « Mon frère et moi avons ouvert Retro Gusto parce que c’était l’endroit où nous avions envie de manger », raconte Nina Agostini.

Deux pizzas romaines aux antipodes

Les comptoirs de Farinella sont pensés pour suivre un achalandage soutenu, alors que la formule avec service aux tables de Retro Gusto permet à l’équipe de prendre son temps avec chaque assiette. Comme le résume Agostini, ici, c’est « davantage le côté ludique et joli ». Là où la pizza al taglio de Farinella tend vers le pain plat, celle-ci est « très, très, très mince », plus près du craquelin. La plus petite échelle permet à la cuisine de verser une huile d’olive plus fine, d’acheter ses champignons chez un producteur local et de rôtir ses propres poivrons.

Les pizzas mêlent classiques, créations maison et spéciaux fréquents. Aux côtés d’une margherita ou d’une funghi, on trouve des pizzas exclusives à la maison, comme celle à la crème de poivrons rôtis, aux olives Kalamata et à la saucisse de Luciano’s, la légendaire épicerie fine voisine. Chaque pizza reçoit un filet d’huile d’olive extra vierge des Pouilles avant de quitter la cuisine.

Le reste du menu suit les envies et les racines de la famille. « Notre famille vient des Abruzzes, alors les arosticini comptent beaucoup pour nous », explique Agostini. Faute de gril sur place, l’équipe fait plutôt frire ces classiques brochettes d’agneau et les sert avec la salsa verde, absolument de rigueur. D’autres fritures tournent en permanence, des supplì romains aux spéciaux récurrents comme les artichauts frits ou la mozzarella in carrozza. Les rigatoni à la vodka al forno, cuits au four et coiffés de burrata, complètent le menu.

Des classiques au bar, des cépages méconnus au verre

Le bar s’en tient surtout aux boissons « qu’on peut commander dans une gare en Italie » : Aperol spritz, Campari spritz, Campari soda. L’accent est mis sur les liqueurs amères, les amari et le vermouth, et les quelques cocktails maison suivent la même règle.

La carte des vins est entièrement italienne, et Nina tient à sortir des sentiers battus avec des cépages et des régions moins connus. « Je veux faire connaître ma culture », dit-elle. Elle souhaite que les clients découvrent quelque chose de nouveau, avec des options pour tous les palais. Parmi ses coups de cœur : un aglianico côté rouges et un pecorino côté blancs.

Le sous-sol de nonna

À l’intérieur de cette adresse de la Petite Italie, le bar enveloppant reproduit celui du sous-sol de la grand-mère des Agostini, recréé par l’oncle qui avait fabriqué l’original. La famille œuvre en restauration depuis des décennies, et Retro Gusto puise directement dans cet héritage : la vaisselle provient des anciens restaurants familiaux, les ustensiles du club que leur père tenait dans les années 1980, et Nina a elle-même tracé les rayures des murs avec trois crayons vissés sur un deux par quatre. « On a pratiquement volé tout le design du sous-sol de ma grand-mère », lance-t-elle en riant.

Avec ses 38 places, l’endroit joue la carte du resto de quartier, accueillant aussi bien les soirées pizza après le boulot que l’occasionnel mariage. « Ça n’a rien de chic, mais quand les gens viennent, j’espère qu’ils sentent qu’on a vraiment pris soin d’eux », confie Agostini. Son moment préféré du métier? Les « petites conversations avec les gens ».

Arrêtez-vous pour une pizza romaine croustillante, un aperitivo ou un verre d’une boisson italienne que vous n’avez peut-être jamais goûtée : bien après la dernière pointe, ce qui persiste chez Retro Gusto est exactement ce que promet son nom. Pour une soirée à la maison, les pizzas sont aussi offertes à emporter, avec supplì, salade César et cannoli pour compléter le festin.


Photographié par Maryn Devine





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