Goza : le café qui relie Veracruz au Mile End

Goza@twofoodphotographers1 Goza@twofoodphotographers2 Goza@twofoodphotographers1 Goza@twofoodphotographers3 Goza@twofoodphotographers4 Goza@twofoodphotographers5 Goza@twofoodphotographers6 Goza@twofoodphotographers7 Goza@twofoodphotographers8 Goza@twofoodphotographers9 Goza@twofoodphotographers10 Goza@twofoodphotographers11 Goza@twofoodphotographers12 Goza@twofoodphotographers13 Goza@twofoodphotographers14

En espagnol, Goza est une invitation : à profiter, à savourer l’instant. C’est aussi, depuis le début juillet 2026, le nom d’un petit café de spécialité posé sur la rue Saint-Viateur, à un jet de pierre de l’institution qu’est le Café Olimpico. Goza, c’est le projet d’Abraham Guillen, un restaurateur de Veracruz qui a décidé de faire voyager le café mexicain jusque dans le Mile End, et qui sert l’hospitalité comme un cadeau. « Pour nous, ça veut dire donner des câlins avec l’âme », dit-il du nom qu’il a choisi pour bâtir l’endroit autour de la chaleur humaine.

Abraham n’est pas un nouveau venu dans le métier. Depuis 2009, il fait vivre le restaurant Mardel, à Veracruz, une région du Mexique reconnue pour ses producteurs de café.  Formé à l’ITHQ, cuisinier et sommelier de métier. Il revient  s’installer au Québec en 2008 avec une idée en tête : tisser des liens entre ses deux ports d’attache. « Veracruz et Montréal, les deux endroits que j’adore le plus au monde », dit-il. Il y a quelques années, il s’est mis à la torréfaction, à petite échelle, pour son restaurant. Chez Goza, il torréfie lui-même les grains. Plutôt que de brandir des certifications, Abraham préfère parler des gens : des relations qu’il a bâties au fil du temps, comme cette coopérative mexicaine soudée où les récolteurs sont payés à leur juste valeur, ou encore ce producteur primé à la Cup of Excellence qui développe des hybrides pour résister au réchauffement climatique.

Le café comme le vin, une histoire de terroirs

Le café mexicain reste rare à Montréal — coûteux à faire voyager, porté par une filière moins rodée que celle du Brésil, mais d’une qualité tout aussi remarquable.  Abraham y voit ici, une belle place à prendre. La sélection s’ouvre au-delà du Mexique, avec des cafés du Guatemala et de l’Équateur, choisis avec des importateurs qui connaissent leurs origines sur le bout des doigts. Son ambition : faire rayonner le café comme on le fait avec le vin, en mettant de l’avant son terroir et les mains qui le façonnent.

L’une des spécialités de la maison, l’horchata matcha, montée sur un lait de riz, de cannelle et  de vanille que la maison importe directement de Veracruz, est vite devenue un coup de cœur des habitués. « On le fait comme quand j’étais petit avec ma maman », confie Abraham, qui s’approvisionne en matcha chez Camellia Sinensis. L’été impose son rythme. L’affogato se pare d’une crème glacée faite maison, elle aussi parfumée de vanille. Les gourmands accompagnent le tout de viennoiseries de la boulangerie Aube ou d’une concha au chocolat de Carlottala bomba, comme on la nomme là-bas. Les amateurs plus pointus, eux, filent vers le petit bar à quatre places pour un pour-over

Une parenthèse ensoleillée

Baigné de lumière, le Goza s’ouvre sur une grande baie vitrée qui laisse naturellement entrer les rayons du soleil. Le décor minimaliste, pensé par Abraham avec l’aide d’un architecte, reste aéré et accueillant : doux mur de brique délavé, comptoir de marbre posé sur une céramique terracotta, quelques plantes verdoyantes. Aux murs, des clichés racontent l’histoire : « Ce sont des photos d’amis photographes qui m’ont accompagné tout au long du processus, quand on allait chez les producteurs choisir les grains ; on a tout documenté », explique Abraham. Il a voulu que l’endroit soit « un petit voyage dans le sud ». glisse-t-il. 

Aux beaux jours, la terrasse prolonge l’invitation à ciel ouvert. On peut bien sûr venir y travailler, mais Abraham rêve plutôt d’« un lieu de rencontre », tourné vers la communauté et pensé pour la dégustation. Une offre de bouchées aux clins d’œil mexicains est attendue pour l’automne. D’ici là, le Mile End a déjà adopté ce petit coin de Veracruz, et nous aussi !


Photographié par Alison Slattery





Du magazine

Les meilleurs burgers de Toronto

Les meilleurs burgers de Toronto, des sliders façon Detroit du Telway aux pop-ups smash culte devenus adresses permanentes, en passant par des burgers de chef raffinés.