Michel-Ange Pizzeria : le secret bien gardé sur Jean-Talon
Michel-Ange Pizzeria
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1565 Rue Jean-Talon Est Montréal H2E 1S9
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Lundi: Fermé
Mardi: Fermé
Mercredi: Fermé
Jeudi: 4:30 PM – 10:00 PM
Vendredi: 4:30 PM – 10:00 PM
Samedi: 4:30 PM – 10:00 PM
Dimanche: 4:30 PM – 10:00 PM
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- Comptoir
Sur la rue Jean-Talon Est, une enseigne discrète prépare certaines des meilleures pizzas en ville. Michel-Ange Pizzeria, ouverte le 9 septembre 2021, n’a rien d’une trattoria spectaculaire. Pas de service aux tables, pas de réservation : on se présente, on commande au comptoir, on attend que le pizzaiolo et le four se mettent à l’œuvre. Et c’est exactement le point.
Derrière ce fameux four trône Antoine Roy-Camarda, propriétaire de Michel-Ange Pizzeria, Québécois aux racines calabraises. Son père a quitté la Calabre pour rencontrer ici sa mère, et toute son enfance s’est ponctuée des vendredis pizza chez sa grand-mère : de grandes pizzas rondes qu’on dévorait avant de cacher les boîtes vides dans les forts de neige de la cour. « C’étaient les trésors à aller chercher », se souvient-il. Quelques décennies plus tard, ces grandes pizzas rondes sont devenues sa signature.
Avant d’ouvrir, il s’est formé sérieusement : cours de cuisine à l’ITHQ, DEP en boulangerie à l’école hôtelière de Montréal, et plusieurs années à travailler dans des pizzérias et boulangeries pour se perfectionner. Mais au-delà des cours et des formations, c’est la passion qui lui a tout appris. « Le secret dans mon apprentissage de la pizza c’est mon amour pour elle. », explique-t-il.
Sa pizza n’est ni napolitaine, ni strictement calabraise. Elle est la sienne. Un four à sole haute température venu du nord de l’Italie, un enfournement à la pelle, et quelqu’un de dédié pour suivre chaque cuisson. La carte change selon les arrivages : Margherita, toute garnie, soppressata, parmi d’autres… Mais l’esprit reste constant. « C’est personnel, la cuisine », résume-t-il. « Je fais les pizzas comme je les aime. » Chez Michel-Ange, c’est la qualité qui prime. Les ingrédients sont soigneusement choisis par Antoine, et bien qu’ils veulent offrir des pizzas à prix abordables, ils utilisent tout de même l’une des farines les plus dispendieuses sur le marché. « C’est dans les plus dispendieuses, mais pour moi, c’est pas négociable. » Aucun compris sur la qualité.
Le décor est volontairement modeste : 27 places assises, un comptoir, l’essentiel. On ne vient pas chez Michel Ange pour la mise en scène, mais pour emporter une grande pizza ronde en sortant du métro, pour souper vite et bien en famille, ou pour traîner entre amis autour d’une part. La salle est tranquille, c’est avant tout une affaire de take-out, et c’est très bien comme ça. Côté boissons, la sélection reste courte et assumée : une bière allemande Pilsner, trois ou quatre bouteilles de vin, un seul vin au verre la maison et de petits nectars italiens qui lui rappellent son enfance.
« Je garde les choses vraiment simples », dit-il. Et c’est précisément cette discipline — un seul produit, une farine d’exception, un geste maîtrisé, un prix qu’il tient à garder accessible — qui fait de Michel Ange l’une des pizzerias de quartier les plus fidèles à elles-mêmes en ville.
Écrit par Valérie Boutet
Photographié par Alison Slattery