Thé Jinjin: amener la culture chinoise du thé à Montréal

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  • Thé Jinjin

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  • 330 Rue Marie-Anne Montréal H2W 1B1
  • Lundi: Fermé
    Mardi: Fermé
    Mercredi: Fermé
    Jeudi: 10:00 AM – 4:00 PM
    Vendredi: 10:00 AM – 4:00 PM
    Samedi: 10:00 AM – 4:00 PM
    Dimanche: 10:00 AM – 4:00 PM

Depuis des années, de pop-up en pop-up, Wen Zhang, tend un fil entre la culture chinoise du thé et celle des cafés nord-américains. Son projet, Thé Jinjin, a enfin son propre local, dans le Plateau-Mont-Royal, et on comprend en y entrant que rien là-dedans n’a été improvisé : c’est l’aboutissement d’une longue élaboration.

La route du thé, jusqu’à Montréal

Avant Thé Jinjin, Wen a étudié les sciences alimentaires à l’université, puis a bifurqué vers les salles à manger plutôt que vers un laboratoire. L’idée du salon de thé est née d’un constat simple. « Le marché, c’est soit tu bois du thé d’épicerie, soit tu dois t’y connaître beaucoup, dit-elle. Je voulais créer un entre-deux, pour que le thé soit plus accessible. » Le nom vient de son amie Jinjin, qui a dessiné le logo aux deux chevaux, clin d’œil à l’ancienne route du thé et des chevaux, ceux-là mêmes qui transportaient les feuilles. En chinois, 津津 décrit le mouvement de l’eau autant qu’un intérêt si vif qu’il en fait saliver.

Le menu tient cette promesse. On se retrouve à mi-chemin entre la tendance matcha du moment, qui sert un peu de porte d’entrée, et la tradition chinoise, qui fait le reste du chemin.

Le thé est importé de Chine, le matcha vient du Japon, et c’est un des meilleurs matchas qu’on peut se procurer en ville. Le favori du public, c’est le matcha à la fraise et au thé earl grey. Nous avons un coup de cœur pour le matcha miel d’été au pu-erh. Ce dernier ingrédient est un thé fermenté et vieilli, aux notes terreuses et boisées qui complémentent la vivacité végétale du matcha, et la pincée de sel ajoutée en finition fait le pont idéal entre les deux. « Je ne veux pas que le thé soit intimidant, explique Wen. Avant, tu ne savais peut-être pas ce qu’était le pu-erh et là, je le mets dans ton verre. »

L’Honnête Kid en cuisine

La nourriture est signée Elliot Latendresse, le partenaire de Wen, alias L’honnête Kid. Le surnom vient du père de Wen : son anglais est approximatif, et pendant tout le séjour d’Elliot chez ses parents, il a séparé le monde entre les mauvais gars et cet honest kid-là. Elliot en a francisé la moitié pour l’accorder à Montréal.

Sa cuisine emprunte aux classiques des salons de thé hongkongais, ces plats occidentalisés une première fois à Hong Kong plutôt qu’ici. Le pain doré au lait condensé, farci de beurre d’arachide et coiffé d’une tranche de beurre franche, résume l’exercice : traditionnel dans la référence, effronté dans l’exécution.

Tout dans la salle de Thé Jinjin a été dessiné par le couple, du choix du mobilier jusqu’aux sous-verres fabriqués par l’oncle de Wen. Rien n’y est décoratif au sens paresseux du mot. L’adresse prolongera éventuellement ses heures pour un service de soir, avec un menu salé élargi toujours concocté par Elliot et une carte des vins.

Pour l’instant, la vague d’attention est telle qu’une file se dessine au coin Marie-Anne et Drolet du jeudi au dimanche. Le duo a dû s’ajuster à cette popularité arrivée d’un coup, et il est déterminé à relever le défi. « J’ai l’impression de créer un troisième lieu, dit Wen. Il y en a qui mangent, d’autres qui écrivent dans leur journal, d’autres qui travaillent sur leur portable. C’est un espace libre pour tout le monde. » Le jour où la poussière retombera, le concept de troisième lieu se solidifiera : un endroit où on prend le temps, où on profite d’une tasse chaude et d’un bon livre sans que personne vous presse.


Photographié par Alison Slattery





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