Pizzeria Badiali : la pizza qui a mis Toronto sur la carte
Pizzeria Badiali
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181 Dovercourt Road Toronto M6J 3C6
+1 416-531-5555 -
Lundi: 11:30 AM – 10:00 PM
Mardi: 11:30 AM – 10:00 PM
Mercredi: 11:30 AM – 10:00 PM
Jeudi: 11:30 AM – 10:00 PM
Vendredi: 11:30 AM – 10:00 PM
Samedi: 11:30 AM – 10:00 PM
Dimanche: 11:30 AM – 10:00 PM
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Il suffit de voir la file qui déborde sur le trottoir et tourne le coin de la rue pour comprendre : chez Pizzeria Badiali, on fait de la très bonne pizza. Si le nom ne vous dit encore rien, c’est le moment de découvrir l’une des adresses qui font le plus jaser à Toronto.
Un gars de fine dining qui voulait juste une bonne pizza de quartier
Ryan Baddeley n’a pas le parcours classique du pizzaïolo. Avant d’ouvrir son comptoir, il a fait ses classes dans quelques-unes des cuisines les plus pointues de Toronto — Nota Bene, Bar Isabel, Bar Raval, Osteria Rialto — et il a même passé un stage au Gema, à Montréal. Le genre de CV qui impressionne les foodies, mais qui ne dit rien de ce qui l’anime vraiment.
Parce que ce qui l’anime, c’est bien plus simple que ça. Ryan habitait le quartier. Il voulait un endroit où descendre au coin de la rue pour une pointe. Pas une pizzeria de commande en ligne, pas un comptoir de livraison : un vrai spot de quartier, comme ceux qui l’avaient obsédé à New York — ces coins de rue mythiques où tout le monde se rassemble autour d’une pointe de tomato pie. Toronto n’avait pas ça. Alors il l’a bâti.
Badiali, le vrai nom derrière Baddeley
Le nom n’a rien d’inventé : c’est le véritable nom de famille italien de Ryan, celui d’avant son anglicisation en Baddeley. En le choisissant pour sa pizzeria, il cherchait quelque chose de plus profond qu’une image de marque : un retour aux sources.
Printemps 2021 : ouvrir en plein confinement
Le timing était absurde. Au printemps 2021, Toronto sortait à peine de son deuxième confinement quand le local du 181 Dovercourt s’est libéré. Ryan, avec ses deux associés Nick Halligan et Owen Walker (les cofondateurs d’El Rey, rencontrés en 2013 au Bar Isabel), a foncé : c’était leur endroit, ils le sentaient.
Et ça a marché tout de suite. Pas parce que le moment était bien choisi — il ne l’était pas — mais parce que le produit ne souffrait aucune fausse note et que le quartier attendait exactement ça : de l’excellente pizza.
La pizza : format new-yorkais, exécution de grande table
Le menu est court, et c’est voulu. Chaque pizza fait seize pouces, à la new-yorkaise : croûte fine, croustillante, qui se plie en deux sans jamais casser. Le mélange de fromages — pecorino, grana padano et mozzarella au lait entier — forme cette couche dorée qui craque sous la dent, la véritable signature de Badiali.
Si vous demandez à Ryan quoi commander, la réponse est directe : la margherita (fior di latte, basilic frais, rien de plus) ou le pepperoni, le classique réglé au millimètre. Et pour sortir un peu de votre zone de confort, la cacio e pepe — sauce cacio soyeuse, fior di latte, pecorino et poivre noir — frappe tout en discrétion. Le genre de pointe qui vous fait fermer les yeux à la première bouchée.
Tout est fait maison ou sourcé avec la rigueur d’un chef de haute gastronomie — parce que c’est exactement ce qu’est Ryan, même s’il a troqué les assiettes de porcelaine pour des assiettes en carton.
Un local minuscule dessiné par Ryan lui-même
Ryan a pensé l’espace de A à Z. L’intérieur est petit, volontairement. Un comptoir de bois étroit longe la vitrine, et la cuisine est ouverte : on voit tout, parce qu’il n’y a rien à cacher. La brique se dévoile à même les murs, de vieux vitraux coiffent les fenêtres. Quelques tabourets, et le parc Trinity Bellwoods à deux minutes pour aller s’asseoir avec sa pointe.
L’expérience, c’est ça : la file, la première bouchée dans une pointe de pepperoni encore brûlante, la conversation avec la personne à côté qui attend la sienne. Un lieu pensé pour rassembler.
32e au classement mondial des pizzaïolos
En 2024, Ryan Baddeley s’est classé 32e au palmarès mondial The Best Chef Pizza, aux côtés de légendes de la pizza napolitaine. En 2025, il s’est maintenu au 51e rang, salué pour son approche « raffinée mais nostalgique ». Il est le seul Canadien à avoir figuré sur cette liste.
Pour un comptoir de quartier ouvert en pleine pandémie, ce genre de reconnaissance dit tout. Longue vie à Pizzeria Badiali !
Écrit par Jean-Philippe Tastet
Photographié par Scott Usheroff