Beurre Baratté : comme chez des amis, rue Saint-Joseph Ouest à Québec

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« Les gens rentrent chez nous et ont l’impression de rentrer dans la cuisine d’un ami. » C’est le commentaire que Maxime Tessier et Frédéric Boudreau entendent le plus souvent depuis qu’ils ont ouvert Beurre Baratté dans Saint-Sauveur, un quartier en plein essor, à l’été 2026. Les deux associés cumulent une quinzaine d’années de métier. Le chef, originaire de Saint-Bruno, est passé notamment par Chez Victoire à Montréal, puis par la Buvette Scott et le Clocher penché du côté de Québec. Son associé, lui, veillait depuis cinq ans sur la salle du Maelstrom. Ils se côtoient depuis longtemps sans jamais avoir été collègues, avec l’idée qu’un projet finirait par les réunir. « On ouvre ça pour travailler, avoir un beau terrain de jeu, et s’amuser », expliquent-ils.

S’approprier les lieux

Il aura fallu quelques années et un local qui se libère pour que le projet prenne vie. Ils se sont installés dans l’ancien Patente et Machin, une adresse ancrée dans le quartier depuis dix ans. La nostalgie était forte, et le duo tenait à s’approprier le lieu, d’où une rupture nette dans le visuel. Trois mois de travaux à temps plein ont suivi : « il y avait quand même beaucoup d’amour à donner », raconte le chef. Loin des restaurants d’architectes qui se multiplient à Québec, ils voulaient un lieu façonné de leurs mains, faisant écho à la cuisine artisanale qu’ils proposent. « On avait envie d’un endroit qui ne sent pas la firme de design derrière. » Le décor, principalement de seconde main, déniché par leurs conjointes, habille l’espace entre murs de brique et tons de beurre, pour un résultat clair et épuré.

Party de cuisine

Un îlot central fusionne cuisine et service au cœur des 35 places, sans cloison. Le tête-à-tête se joue à la table en salle. Pour une expérience plus interactive, on suggère de réserver au comptoir de l’îlot, là où la magie s’opère sous nos yeux, au rythme de l’effervescence du service en cuisine.

Baratté, jamais baratiné

Beurre Baratté annonce déjà le programme : pain fait sur place et aucune cuisson sous vide. « On travaille toute notre vie pour apprendre à cuisiner, ce n’est pas pour manger du plastique », lance le chef. Le nom Beurre Baratté renvoie aux savoir-faire ancestraux et aux techniques que la cuisine moderne a largement délaissées. Et puis, comme le chef le note en riant, le beurre est toujours baratté : sinon, ça reste de la crème (!)

Quand les fermes dictent la carte

La carte prend forme au fil des arrivages. Deux maraîchers seulement fournissent les légumes, dont la ferme La Baigneuse. Les viandes proviennent d’élevages québécois. Chaque bête est travaillée en entier : l’équipe en cuisine en apprête les différentes pièces au fil des jours et, une fois celles-ci épuisées, le plat évolue. Le circuit court impose son tempo, au rythme d’une saison qui, au Québec, ne s’éternise jamais.

Le menu volontairement réduit va du pain au lait, beurre et fleur de sel, aux agnolottis matsutaké, maïs et ricotta. Lors de notre passage, ce sont les couteaux de mer, relevés d’une caponata et de citron, qui ont retenu notre attention de par leur délicatesse et leur équilibre. En finale, les desserts portent la signature de Sarah Arab, passée notamment par la pâtisserie Chouquette. Les assiettes se partagent volontiers, et maintenir les prix accessibles relève de la philosophie de la maison, dans une rue où les nouvelles adresses se multiplient.

Vins vivants, des trouvailles à défendre

Le programme de vin est signé Léo Nédélec et puise dans une sélection principalement nature. Léo travaille également en agence d’importation privée, et ça s’entend dans son approche : de la fougue, une connaissance fine de ce qu’il verse, et le plaisir de défendre ses trouvailles. C’est une âme libre qui ne prend que très rarement le plancher, et nous avons eu la chance, ce soir-là, de nous laisser porter par ses recommandations. La marge reste volontairement mince, pour que la carte demeure abordable autant pour les curieux que pour les connaisseurs. « C’est le fun de pouvoir offrir des produits de qualité et que les gens puissent se les permettre », souligne Frédéric. Le service écoute les envies, quitte à ouvrir au verre des bouteilles qui ne figurent nulle part sur la liste. Le geste est courant ici, et il s’adresse à quiconque montre un peu de curiosité.

Si Beurre Baratté donne l’impression d’entrer chez des amis, ce n’est pas un hasard. « Quand le projet est devenu officiel, on en a parlé à nos proches, à nos amis, aux gens du métier qu’on connaît. Puis ça n’a vraiment pas été long : tout le monde a levé la main », racontent Maxime et Frédéric. L’énergie en salle en découle : vivante et décontractée, à l’image de cette équipe soudée dont nous avons pu observer la complicité.

Bonne découverte!


Photographié par Claudia Kedney-Bolduc





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