Golden Horseshoe BBQ : barbecue texan cuit au bois rue Dupont
Golden Horseshoe Barbecue - Texas BBQ
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657 Dupont Street Toronto M6G 1Z4
+1 416-532-9292 -
Monday: Closed
Tuesday: Closed
Wednesday: 11:30 AM – 8:00 PM
Thursday: 11:30 AM – 8:00 PM
Friday: 11:30 AM – 8:00 PM
Saturday: 11:30 AM – 8:00 PM
Sunday: 11:30 AM – 8:00 PM
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- Restaurant Counter
Il existe un barbecue qui se reconnaît dès la première bouchée. Cuit au bois, fumé lentement pendant des heures et des heures, avec une croûte qui prouve que quelqu’un a vraiment veillé sur le fumoir toute la nuit. Sur la rue Dupont, Golden Horseshoe BBQ fait exactement ça depuis son ouverture à la fin de 2025, et les files devant la porte montrent que Toronto l’a remarqué. Brisket, côtes levées, saucisses maison, burnt ends de flanc de porc et quelques spéciaux de fin de semaine sortent tous d’une cuisine qui brûle 50 bûches pour une seule cuisson de 12 heures : du vrai barbecue, sans raccourci. Le Guide Michelin l’a aussi remarqué : l’édition 2026 de Toronto lui a décerné un Bib Gourmand, l’un des cinq seuls nouveaux cette année.
Un pitmaster de 24 ans qui a fait ses débuts dans la cour de sa mère
L’histoire de Golden Horseshoe commence en mars 2020. Andrew Golden est alors en première année à l’Université d’Ottawa quand la COVID renvoie tout le monde à la maison. Cet été-là, sa mère achète un petit fumoir électrique pour la cour arrière. Andrew s’y met aussitôt, apprend le procédé en autodidacte et commence à vendre sa nourriture à sa famille, à ses amis et à quiconque accepte de couvrir ses coûts.
Ce projet de cour arrière finit par lui ouvrir les portes d’un restaurant de barbecue torontois, puis celles de The Carbon Bar, où il rencontre le chef exécutif qui deviendra son associé : Kris Hansen. Après un peu plus d’un an au Carbon Bar, Andrew prend un été de congé pour travailler dans l’une des adresses de barbecue les plus réputées du Texas. Il en revient transformé, avec la piqûre, le savoir-faire et une vision que Toronto n’offrait pas encore.
Pendant un an et demi, il enchaîne les pop-ups sous le nom Golden Horseshoe, et les files s’allongent. En mai 2024, le projet a dépassé la formule. Andrew et Kris s’associent, Andrew quitte le Carbon Bar pour se consacrer à temps plein à Golden Horseshoe, et la recherche d’un local permanent commence. Ils ouvrent sur la rue Dupont à la fin de 2025 et ne dérougissent pas depuis.
Un nom ancré dans la région
Le nom Golden Horseshoe BBQ renvoie à plusieurs lieux à la fois. Le Golden Horseshoe, c’est le croissant géographique qui borde le lac Ontario, de Niagara jusqu’à Toronto en passant par Hamilton. Le nom de famille d’Andrew est aussi Golden, ce qui a rendu le choix facile. Mais le sens profond tient à l’identité régionale.
Aux États-Unis, le barbecue est hyperrégional. Style St. Louis, texan, des Carolines ou de l’Alabama : chacun a ses techniques, ses sauces et ses traditions. On traverse la limite d’un comté et la viande n’a plus le même goût. Andrew voulait que Golden Horseshoe soit la réponse torontoise à cette idée : un restaurant de barbecue enraciné dans la tradition texane, mais pensé à l’image de la ville où il vit. À Toronto, entre Little Italy et Koreatown, les cuisines du monde entier se croisent à chaque coin de rue. Golden Horseshoe mise là-dessus, avec une cuisine de style texan où les saveurs de la ville se glissent discrètement.
La trinité texane, et tout le reste
La première règle d’Andrew pour tout comptoir de barbecue texan, c’est la trinité texane : brisket, côtes levées, saucisse. Si l’un de ces trois éléments n’est pas votre préféré dans un restaurant de barbecue, quelque chose cloche. Chez Golden Horseshoe, les trois sont réglés au quart de tour.
Le brisket est le plat le plus vendu, celui autour duquel la cuisine organise sa journée. Fumé lentement au bois pendant des heures, avec une croûte profonde et un anneau rose tendre, il fixe la barre que le reste du menu atteint.
Les côtes levées arrivent au deuxième rang des commandes. Généreuses et bien fondues, elles complètent la trinité si vous commandez pour la tablée.
La saucisse fait la fierté d’Andrew. Chaque saucisse au menu est faite maison, uniquement avec les parures de bœuf et de porc issues de leurs propres viandes crues. L’équipe n’achète aucune viande pour faire ses saucisses : chacune découle du travail de boucherie déjà fait en cuisine, ce qui est rare à cette échelle et se goûte.
Au-delà de la trinité, les burnt ends de flanc de porc font l’unanimité et s’envolent souvent en premier. La dinde et le poulet sont les viandes blanches que la ville néglige, selon Andrew. Il vous le dira : s’il pouvait manger une seule chose tous les jours, ce serait la dinde et le poulet, parce que les coupes plus riches lassent plus vite qu’on ne le pense.
Les samedis et dimanches, la cuisine propose la côte courte de bœuf en spécial de fin de semaine. C’est cette coupe à l’os digne d’un dinosaure qu’on voit en photo dans toutes les grandes adresses texanes, et l’équipe la garde à prix accessible pour que les gens la goûtent vraiment. On ne la trouve pas toujours ailleurs en ville à cette échelle.
Les accompagnements complètent le tout : macaroni au fromage, fèves charro, salade de chou, pain de maïs et esquites, cette salade de maïs grillé à la mexicaine qui apporte la touche de fraîcheur dont le menu a besoin.
Service rapide, transparence totale
Golden Horseshoe est un restaurant à service rapide. On s’avance au comptoir, on regarde la viande se faire trancher, on compose son plateau. Pas de serveurs, pas de chorégraphie de serviettes pliées. L’équipe ne croit pas au service trop empressé et a plutôt conçu la salle pour que chacun crée sa propre expérience. Parlez au trancheur, posez vos questions sur le brisket et vous aurez une réponse franche.
La cuisine est assez ouverte pour qu’on voie presque tout ce qui se passe à l’arrière, derrière une petite paroi de plexiglas ajoutée selon le règlement municipal. Mieux encore, l’équipe propose des visites du fumoir. Si vous avez aimé votre repas et voulez voir ce qu’il y a derrière (ou si l’addition vous a surpris et que vous vous demandez pourquoi le barbecue coûte ce qu’il coûte), on vous fera faire le tour. Là où d’autres adresses de BBQ torontoises brûlent trois ou quatre bûches pour une cuisson de 12 heures, Golden Horseshoe en brûle 50. Un cuisinier au fumoir commence chaque jour à 1 h du matin et travaille jusqu’à 10 h pour que la viande soit prête pour le service du midi. Voilà le calcul derrière le prix, et l’équipe se fait un plaisir de le montrer.
Une équipe qui a tout réappris
Quand on lui demande ce dont il est le plus fier, Andrew répond : son équipe. Elle réunit des pros de la restauration issus de tous les types de restaurants torontois, des comptoirs rapides bon marché aux steakhouses les plus chers, et tous ont dû réapprendre certaines choses pour s’adapter à la façon de faire de Golden Horseshoe. Le style de cuisson leur était étranger, le style de service aussi. Après sept mois, la progression qu’Andrew observe chez ses cuisiniers et son équipe de salle est ce qui le rend le plus fier. Les cuisiniers au fumoir, surtout, ceux qui commencent à 1 h du matin, sont le cœur de l’opération.
Un barbecue qui vaut la peine de faire la file
Golden Horseshoe BBQ offre ce dont Toronto avait besoin et qu’elle n’avait pas encore : un vrai barbecue texan cuit au bois, avec une identité torontoise, mené par des gens qui savent le cuisiner. Commandez la trinité texane, ajoutez les burnt ends de flanc de porc et profitez de la côte courte si vous passez un samedi ou un dimanche. Faites la visite du fumoir si on vous la propose. Ce barbecue vaut largement la peine de faire la file.
Written by Jean-Philippe Tastet
Photography by Golden Horseshoe BBQ