Nonno’s : la pizzeria-club social par le duo du Knuckles
Nonno’s Pizzeria et Club Social
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260 Rue Gary-Carter Montréal H2R 0B2
+1 514-439-7499 -
Lundi: Fermé
Mardi: Fermé
Mercredi: 11:00 AM – 9:00 PM
Jeudi: 11:00 AM – 9:00 PM
Vendredi: 11:00 AM – 9:00 PM
Samedi: 11:00 AM – 9:00 PM
Dimanche: 11:00 AM – 7:00 PM
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Nonno’s, c’est la nouvelle adresse du duo derrière Knuckles, charmant restaurant de Villeray connu pour sa cuisine inventive et ses panzerotti. Même duo : Vincent Lévesque-Lepage, le cerveau des recettes, celui qui tranche sur le style de pâte et la technique; et Matthew Shefler, l’homme du front of house et de tout ce qui donne une âme à la salle. Sauf qu’ici, le Nonno’s troque la rigidité du service pour un coin de rue tranquille près du parc Jarry et des pizzas à déguster du midi au soir.
Sous le regard de Nonno
« Nonno », c’est grand-papa en italien. Matthew n’a jamais connu le sien, mais il a grandi dans ses histoires et sous ses tableaux. L’aïeul, un Italien de la région des Pouilles, s’était bâti son propre pétrin dans une arrière-boutique congolaise pour rouler de la pâte et vendre ses pizzas sous le nom de Pizza Pronto; en artiste, il dessinait lui-même les logos de ses boîtes. Un demi-siècle plus tard, ses toiles habillent les murs de la salle. « Un restaurant, ça a besoin d’une histoire, ça a besoin d’aller puiser des racines dans quelque chose de plus qu’un business, explique Matthew. Tu fais ça par amour, c’est une vocation. »
L’esprit éclaté de la cuisine
Ici, on assume la pizza de style New York, à croûte croustillante et cuisson plus longue. Et surtout, on refuse l’étiquette de pizzeria italienne classique : la Big Wac, détournement assumé d’un certain burger nord-américain, résume à elle seule cet esprit éclaté hérité de Knuckles. Le go-to de la maison reste pourtant la plus humble : la marinara, sauce tomate franche, parmesan, huile d’ail et copeaux d’ail frais, sans fioritures. « C’est la underdog », sourit Matthew. Dans le présentoir, la Pep picante frappe aussi fort : jalapeños et miel piquant, à savourer avec un side de ranch herbacée qui tempère le tout. À partager, la césar de wedges de sucrine avec câpres frites fait le pont idéal entre deux ou trois pointes.
Côté bar, Matthew veut renouer avec son ancien métier de barman tout en gardant les choses simples : des twists sur les apéritifs italiens classiques, autour du vermouth et de l’amaro. Pensez à un Cynar sour, des vermouths toniques faciles à boire et, surtout, un negroni maison servi à 9 $. Un prix presque militant : « Je veux que le monde s’habitue à un prix qui est cool », résume-t-il, quitte à garder certains items abordables même quand le markup n’y est pas.
Une salle où chaque détail fait un clin d’œil
Le lieu est grand, lumineux et beau à toute heure. On s’assoit sur d’authentiques bancs d’église récupérés, clin d’œil aux grands-parents catholiques de Matthew. Au comptoir de céramique, Matthew a mélangé des carreaux jaunes, rouges et bleus sur fond blanc jusqu’à obtenir un motif qui évoque un Mondrian — hommage discret aux œuvres de son grand-père. On comprend vite le descriptif de « club social » que la maison se donne : moitié de la salle en walk-in pour le grab-and-go, l’autre pour le service à table. On peut y dépenser 5 $ comme 50 $, y passer un petit moment ou y étirer sa soirée.
Nonno’s, c’est Knuckles qui décompresse. « Y’a vraiment moins de pression, c’est juste de la pizza », résume Matthew, et c’est exactement ce qu’on ressent : de la bonne pizza dans un havre de paix au bord du parc. On y arrête pour une pointe et un café, on y reste pour une bouteille entre amis.
Écrit par Marie-Ève Godin
Photographié par Alison Slattery