Arepera : le repère des arepas

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Sur la section piétonnière de la rue Prince-Arthur, l’Arepera du Plateau entretient depuis longtemps une réputation de cantine vénézuélienne où l’on revient en famille, entre amis ou seul au comptoir lorsque pris d’une envie de maïs grillé. Aujourd’hui portée par un couple qui en a fait un projet de vie, l’adresse garde son âme tout en affûtant ses recettes, son bar et son engagement envers le quartier.

Une histoire de transmission

Fondée par Max De La Concha, arrivé du Venezuela avec ses recettes de famille, l’Arepera s’est d’abord fait connaître dans une petite salle de la rue Duluth avant de s’installer sur Prince-Arthur pour suivre la demande. Adriana Arian et Eric Leroy en ont depuis repris les rênes, dans une passation faite en douceur et dans le respect de ce qui avait été bâti. Le fondateur demeure d’ailleurs un ami de la maison.

Le copropriétaire s’est attelé au développement de l’offre culinaire en s’appuyant sur les racines vénézuéliennes de sa partenaire et de sa belle-famille, qui veillent à l’authenticité des recettes. « Nous avons conservé son identité tout en perfectionnant nos recettes et en faisant évoluer notre vision », résument les propriétaires, qui parlent volontiers d’une « histoire de passion et de transmission ».

Une carte entièrement sans gluten

L’arepa, ce petit pain de maïs grillé puis fendu et garni, est le plat emblématique du Venezuela et de la Colombie. Naturellement sans gluten, elle a toujours fait de l’adresse un refuge pour les personnes cœliaques. La maison est allée au bout de cette logique : toute la carte est sans gluten, avec une vigilance particulière portée à la contamination croisée en cuisine. Les options végétariennes et véganes y occupent une vraie place, si bien qu’une tablée aux régimes variés peut commander sans compromis.

On y vient d’abord pour les arepas, généreusement farcies de poulet, de porc effiloché, de poisson ou de garnitures végétales. Une seule suffit aux petits appétits, deux combleront les plus affamés. Autour gravitent les empanadas dorées, le chicharrón croustillant et les spécialités à base de maïs et de manioc. Les tostones, ces tranches de plantain vert aplaties puis frites, se sont ajoutés à la carte et font découvrir une autre facette de la cuisine vénézuélienne.

Côté verre, la sélection de bières québécoises sans gluten s’est élargie, et la carte de cocktails mise sur les saveurs tropicales et les produits d’ici. Le dimanche, l’Arepera se transforme en rendez-vous de brunch : un DJ installe une ambiance festive pendant que les assiettes de maïs et de plantain défilent.

Couleurs des Caraïbes et esprit de quartier

Le décor, frais et coloré, s’inspire des Caraïbes et s’habille de photographies évocatrices, sans rien perdre de la simplicité qui fait le charme de l’hospitalité vénézuélienne. Familles du Plateau, habitués, touristes de passage et curieux de cuisines du monde s’y croisent dans une atmosphère décontractée.

Cette convivialité déborde de la salle. Le restaurant collabore avec Petites-Mains, un organisme qui favorise l’intégration professionnelle des personnes immigrantes, et privilégie les fournisseurs locaux lorsque c’est possible. Un service de traiteur fait aussi voyager arepas et empanadas jusqu’aux événements privés et corporatifs. Les propriétaires disent vouloir placer « la qualité, l’inclusion, la convivialité et l’engagement communautaire au cœur de chaque assiette ».

Sur Prince-Arthur, l’Arepera reste une table chaleureuse où la cuisine vénézuélienne rassemble les gens, portée par une ambition résolument tournée vers sa communauté.


Photographié par Alison Slattery





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