Caravelle : la Méditerranée sur les rives du Richelieu

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Au bord du Richelieu, dans le Vieux-Belœil, le mont Saint-Hilaire se dessine à l’horizon derrière la silhouette du magnifique nouveau restaurant Caravelle. Certains grands joueurs de l’équipe derrière le Limousine y signent une table de quartier raffinée, aux accents méditerranéens, pensée dès le départ comme une destination. L’idée : offrir des mini-vacances au bord de l’eau, à la manière de celles qu’on s’accorde dans le sud de la France.

Des airs de yacht club

Dès qu’on franchit la porte, c’est la vue qui frappe : le Richelieu coule juste devant, avec le mont Saint-Hilaire en toile de fond. « Il y a une petite magie dans l’air dans ce quartier du Vieux-Belœil », résume Renaud Lambert, l’un des quatre associés aux commandes de Caravelle, avec Victor Collette, Maxime Lachapelle et Olivier Marchand.

La salle est immense, une envergure rare sur la Rive-Sud, et pourtant on n’en ressent jamais l’ampleur une fois le seuil de la porte franchi. L’équipe a découpé l’espace en sections qui ont chacune leur ambiance. Au rez-de-chaussée, l’esprit brasserie française domine, animé et vivant, alors qu’à l’étage, plus calme, les tables nappées invitent aux soupers qui s’étirent et aux événements privés.

Le design porte la signature d’Ivy Studio, à qui l’on doit aussi les décors du Limousine, du Bowie et du Dorsia, pour n’en nommer que quelque uns. Inspirée des yacht clubs qu’on croise au bord de l’eau ailleurs dans le monde, la thématique nautique se glisse dans les détails sans jamais alourdir la pièce ni verser dans le kitsch. Dehors, un balcon surplombe la rivière et, juste en dessous, une immense terrasse avec son propre bar attend la belle saison. Un projet de marina est aussi en discussion : on pourra alors arriver directement en bateau pour l’apéro face à la montagne, et l’inspiration yacht club trouvera tout son écho.

À mesure que la soirée avance, la lumière baisse, la musique change et la salle s’anime. On peut s’y attabler pour de bon ou simplement y passer en fin de soirée pour un dernier verre.

Une carte où chacun trouve son compte

En cuisine, le chef exécutif Michel Normand (Chien Fumant, Hiatus et, bien sûr, Limousine) mène la brigade, appuyé par Jérémie Marcille, chef de production. Fidèle à sa réputation, l’équipe ne déroge pas à sa rigueur, et tout est fait maison, jusqu’au pain. « On a gardé la même technicité, on a même poussé certains trucs un peu plus », précise Victor. Les plats ont été choisis pour rassembler une clientèle de quartier qui vient aussi bien pour un souper de semaine que pour une célébration.

Faite de classiques bien exécutés, la carte se lit par catégories. Quelques amuse-bouches accompagnent l’apéro, les huîtres et les crudos ouvrent le repas en fraîcheur, puis viennent des entrées plus familières comme la pieuvre grillée et les calmars frits. Pâtes fraîches, salades, viandes (du filet au poivre à la côte de bœuf) et poissons complètent l’offre.

Le menu penche nettement vers la Méditerranée et vers la mer. Le poisson entier fait partie des plats que l’équipe souhaite mettre de l’avant, et les beaux produits québécois trouvent leur place à la carte au gré des arrivages.

Un brunch, déjà très attendu dans le quartier, fait aussi partie des plans pour Caravelle. L’équipe compte y miser sur de beaux classiques français, des œufs bénédictine à l’omelette française en passant par les crêpes, et le fait maison s’y poursuit, du pain jusqu’aux muffins anglais.

Des cocktails au soleil, une cave sans détour

Coup de cœur pour les cocktails, élaborés par Jonathan Homier, qui a aussi conçu la carte du Limousine. On reste dans les grands classiques, revisités à sa façon, avec une signature ensoleillée qui colle naturellement au bord de l’eau.

Côté vin, la carte est l’œuvre de de Victor et de Maxime, directeur passé par le Monarque et le Stellina. Elle mise sur des valeurs sûres et propose aussi des vins au verre abordables. Resserrée, elle puise surtout en France, avec des incursions en Italie et en Espagne fidèles à l’esprit méditerranéen de la maison, et réserve quelques millésimes plus anciens aux curieux.

Page blanche au bord de l’eau

Le projet est né lorsque les amis du groupe Janick, propriétaires du restaurant voisin, dont Arnaud Nadeau, ont acquis le terrain. Les quatre associés se sont joint au projet, et l’aventure Caravelle était lancée.

« Souvent, tu as quatre murs et il faut que tu sois créatif à l’intérieur. Là, on avait l’opportunité de tout bâtir de A à Z », explique Renaud Lambert. Une jolie petite maison patrimoniale laissée à l’abandon sur le terrain a même été rebâtie, afin d’éventuellement accueillir le Café Caravelle, une adresse distincte qui aura son propre menu de viennoiseries, de sandwichs, de cafés et de breuvages.

Avec sa terrasse et sa future marina, Caravelle a tout pour devenir l’un des endroits les plus agréables de la région pour s’attabler face à la montagne, un verre à la main.


Photographié par Alison Slattery





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