Les meilleurs bagels de Toronto
Toronto n’a jamais attendu la permission de Montréal pour aimer les bagels. La plus ancienne boulangerie de bagels de la ville façonne les mêmes bagels moelleux et légers depuis les années 1960, plus proches du petit pain que du casse-mâchoire, et dangereusement faciles à terminer dans la voiture sur le chemin du retour. Ce style s’est développé le long de la rue Bathurst, où les boulangeries juives ont suivi leur clientèle vers le nord depuis Kensington Market au milieu du siècle dernier. Certaines d’entre elles préparent encore des twisters, des bagels plats et des sacs d’une douzaine pour le brunch du dimanche.
Les bagels de style montréalais sont arrivés plus tard : bouillis dans l’eau miellée, cuits au four à bois, plus petits, plus denses et plus sucrés. Ils ont depuis longtemps trouvé leur place ici aussi, d’un comptoir au fond du St. Lawrence Market jusqu’aux boutiques dont les fours tournent jour et nuit. Aujourd’hui, trouver un bagel de style montréalais à Toronto ne demande aucun effort particulier, mais en dénicher un excellent exige encore un peu de flair. Les puristes peuvent continuer de débattre de la ville qui les fait le mieux; nous, on mange les deux avec plaisir.
Plus récemment, une nouvelle génération de bagelleries torontoises a poussé l’exercice plus loin. Dans Oakwood Village, des bagels roulés à la main et bouillis au malt, dans la tradition new-yorkaise, se sont bâti une clientèle fidèle. Sur St. Clair Ouest et sur Ossington, des bagels au levain à fermentation lente, faits sans levure commerciale, attirent quant à eux les files d’attente. Plus d’une de ces nouvelles adresses écoule régulièrement toute sa production avant l’heure du dîner.
C’est cette diversité qui rend les bagels de Toronto si réjouissants. Certains matins réclament un bagel au sésame encore chaud, mangé directement dans le sac de papier, avec tout au plus un peu de beurre. D’autres appellent l’esturgeon fumé, le fromage à la crème au raifort ou une généreuse pile de pastrami, et les meilleurs sandwichs-bagels de la ville remplacent sans peine un dîner. Notre liste couvre les deux : des bagelleries où le bagel lui-même tient la vedette, d’autres où la garniture compte tout autant. Voici les meilleurs bagels de Toronto en ce moment.
Primrose Bagels
Sam Davis s’est forgé une clientèle culte grâce à des fêtes de bagels dans une cour arrière et à des pop-ups en restaurant, avant d’ouvrir ce commerce de coin de rue d’Oakwood Village en janvier 2020. Les bagels chez Primerose s’inspirent d’adresses new-yorkaises comme Ess-a-Bagel : roulés à la main, bouillis au malt et légèrement irréguliers, avec une croûte craquante, une mie bien élastique et une douceur aux notes de noisette apportée par le malt. Ce sont toutefois les sandwichs déjeuner qui nous font revenir. Le Bodega Bagel vaut à lui seul de régler son réveil : œuf, fromage américain, cornichons, laitue en chiffonnade, mayo à l’ail et un trait de Cholula. Ce classique de comptoir deli est ici parfaitement exécuté, les cornichons et la sauce piquante tranchant avec le moelleux de l’œuf et le fromage fondu. Pour les plus affamés, l’œuf-pastrami au fromage suisse est l’option la plus copieuse.
Toronto
Gryfe's
Si Toronto a un bagel maison, c’est celui-ci. La famille Gryfe a déménagé sa boulangerie de Hamilton à Kensington Market en 1925, puis vers le nord le long de Bathurst, mais le bagel n’est arrivé que dans les années 1960, lorsqu’on a demandé une douzaine de bagels à Art et Ruth Gryfe et qu’ils ont trouvé la façon de les faire. Cette recette n’a pas bougé depuis. Un bagel de Gryfe’s pèse environ 3,5 onces (une centaine de grammes), soit à peu près la moitié d’un bagel new-yorkais typique, avec une croûte fine et croustillante et un intérieur assez tendre pour se déchirer du bout des doigts. Plus léger qu’un bagel montréalais et moins sucré, il disparaît vite : bien des clients avouent en avoir mangé trois avant d’arriver chez eux. David Fisher et David Granovsky, qui ont racheté la boulangerie à la famille en 2022, font tourner trois fours toute la journée, si bien qu’une fournée fraîche n’est jamais bien loin. Prenez une douzaine assortie, et ajoutez-y une brioche aux bleuets tant qu’à y être.
Toronto
Bagel World
Bagel World a ouvert ses portes à l’angle de Bathurst et Wilson en 1963, et la boutique d’origine fonctionne toujours comme un diner de quartier doublé d’une boulangerie. Fondée par Charles Sherkin, la maison appartient aujourd’hui à son fils Michael et à Ephraim Dloomy, et le personnel connaît par cœur les commandes des habitués. Les bagels sont bouillis, puis cuits jusqu’à ce que la croûte cloque et prenne une teinte dorée profonde, ce qui donne un vrai croquant avant une mie dense et souple. Commencez par un classique au sésame, puis explorez les spécialités maison : le Twister, enrobé trois fois de graines de pavot et grand vendeur de la boutique, et le Flagel, un bagel plus mince, plus plat et plus croustillant, qui fait une excellente base de tuna melt au cheddar, à la tomate et à l’oignon rouge. Restez pour une shakshuka ou un plateau de poissons fumés en salle, et prévoyez du temps pour vous garer, car le stationnement est réputé pour son espace restreint.
Toronto
The Bagel House
Sat Chouhan et Jessie Sahdra ont appris le métier dans des boulangeries montréalaises, dont St-Viateur, avant d’importer cette tradition à Toronto au tournant du millénaire. La méthode est entièrement montréalaise : une pâte roulée à la main sans matière grasse, un passage dans l’eau miellée, puis la cuisson dans un four à bois alimenté à l’érable. Le résultat est plus petit, plus dense et plus sucré que le bagel torontois classique. Le magazine Toronto Life a même déjà avancé qu’il pourrait surpasser l’original montréalais, avec une mie un peu plus légère et un peu plus de mâche. On choisit parmi les bagels réguliers, spéciaux et twisters, puis on ajoute du saumon fumé et du fromage à la crème, ou on opte pour l’un des sandwichs deli. Le véritable atout de la maison reste ses heures d’ouverture : les boutiques sont ouvertes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, ce qui fait de Bagel House l’un des seuls endroits en ville où l’on peut savourer un bagel de style montréalais encore tiède à 3 h du matin.
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St Urbain Bagel Bakery
Le nom renvoie directement à Montréal, tout comme le bagel. St. Urbain cuit ses bagels au fond du St. Lawrence Market depuis au moins le début des années 1990, et le marché lui attribue le titre de premier commerce à avoir introduit les bagels de style montréalais à Toronto. Denses, peu gras et légèrement sucrés, dans la tradition de St-Viateur et de Fairmount, ils sortent du four à bois tout au long de la journée. Tout l’intérêt est là : en acheter un encore chaud et le manger en flânant dans le marché. Le sésame reste la référence, mais ce comptoir familial propose aussi cannelle et raisins, oignon et ail, bleuets ou multigrains, avec une longue rangée de fromages à la crème, du houmous et du baba ganoush. Les curieux essaieront le Craigle, un hybride de croissant et de bagel qui a connu son heure de gloire sur TikTok. Rapportez ensuite une douzaine à la maison, car les saveurs préférées s’envolent vite.
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Arthur's Snackette
Raegan Steinberg et Alex Cohen tiennent depuis une décennie l’Arthur’s Nosh Bar à Montréal, l’adresse de brunch de Saint-Henri réputée pour sa cuisine réconfortante juive. Faute de trouver à Toronto le local idéal pour un Nosh Bar complet, ils ont misé plus petit : un comptoir à emporter niché dans une ruelle donnant sur St. Clair Ouest, ouvert en avril avec la boulangère spécialiste du levain Dara Gallinger (anciennement chez Brodflour) et leur associé Ari Zuckerbrot. La recette, développée spécialement pour Toronto, s’éloigne du bagel montréalais : farine québécoise, levain naturel, aucune levure commerciale et plus d’une journée de fermentation avant que les bagels soient bouillis puis cuits. On en trouve seulement deux sortes, sésame et « everything » maison (oignon, ail, sel, carvi, pavot, sésame), servies à l’ouvert avec du beurre de culture, du saumon fumé Smoke Bloke, du fromage de chez Tony’s, la salade aux œufs d’Arthur’s, ou du beurre d’amande et de la confiture. Une autre belle adresse pour les amateurs de schmear!
Toronto
Schmaltz Appetizing
Le chef Anthony Rose a ouvert ce comptoir d’appetizing en 2014, dans un petit bâtiment derrière Fat Pasha, son restaurant moyen-oriental de la rue Dupont, et on n’y a jamais lésiné sur les portions. Les sandwichs arrivent emballés dans du papier et coupés en plein centre, de sorte qu’on en voit chaque étage. Le Maven (gravlax citron-aneth, fromage à la crème nature, câpres, oignons) est le classique. L’Alter Kocher mise sur l’esturgeon acadien fumé et un fromage à la crème à l’oignon vert, alors que le Chazzer marie un gravlax façon pastrami à des œufs de saumon et à un fromage à la crème au raifort. Notre préféré demeure toutefois le bagel au pastrami. Le Shemendrick joue la simplicité : une généreuse pile de pastrami fumé, de la moutarde jaune et un cornichon surette entier, sur le bagel de votre choix. La moutarde et le cornichon apportent l’acidité, le pastrami le sel et le fumé, et le bagel parvient tout juste à tenir l’ensemble.
Toronto
Company Bagel
Le plus récent nom de cette liste, et déjà l’un des plus difficiles à obtenir. Company Bagel a ouvert sur Ossington en octobre 2026, dans l’ancien local de La Cubana. On le doit à Mark Martone, obsédé de bagels autoproclamé qui en mange un chaque matin depuis dix ans, épaulé par le chef Eli Kerbel (Bar Raval, La Carnita) pour peaufiner la recette. Le bagel au levain naturel est fait sur place : aérien et élastique à l’intérieur, avec une croûte cloquée et craquante. Company Bagel, c’est l’adresse où aller quand on a envie d’un bon bagel chargé de garnitures savoureuses. Le corégone ou le saumon fumé sur fromage à la crème couvrent les classiques. Un pan con tomate façon deli prend tout son sens venant d’un ancien de Bar Raval. Et l’option sucrée, un fromage à la crème à la cardamome garni de quartiers de clémentine fraîche, est la proposition la plus inattendue du comptoir. Pour emporter en quantité, les bagels se déclinent en nature, pavot, sésame et « everything ». Ils s’écoulent régulièrement, alors mieux vaut y aller tôt.
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