Wadju: en quête des meilleurs plats en ville

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Commander la bonne chose au resto, c’est tout un art. On a tous déjà zieuté avec envie une assiette sur la table voisine en recevant notre plat, ou regretté d’avoir commandé le plat du jour plutôt qu’un classique éprouvé à notre resto de quartier favori. Combien de fois avons-nous débattu de qui fait la meilleure poutine, les meilleurs dumplings, avant de découvrir une adresse incroyable qui était passée sous notre radar?

Évidemment, c’est le métier des serveurs et serveuses de guider nos choix. Mais imaginez si vous aviez accès à tout moment à une personne de confiance (voire à toute une communauté!) pour vous aider à choisir les meilleurs plats dans tous les restaurants, partout sur la planète? C’est exactement ce que Wadju, une app mobile créée par deux montréalais, souhaite accomplir.

Nous avons rencontré le cofondateur et président de Wadju, Ted Schipper, pour jaser de son parcours et de la genèse de l’appli.

Le client aura toujours raison

Alors c’est quoi, Wadju?

«Wadju, c’est une application mobile qui permet d’évaluer les plats d’un restaurant pour référence future ou pour le bénéfice de la communauté», dit Ted Schipper.

C’est un peu comme Yelp, mais au niveau moléculaire: au lieu de noter le restaurant, on note les différents items sur le menu et on partage nos impressions avec les autres utilisateurs de la plateforme.

«Vous êtes au restaurant, vous ouvrez l’appli. Au bas de la page d’accueil, où vous retrouvez les dernières nouveauté, vous trouverez un icône avec un couteau et un fourchette», explique Ted. Lorsque vous appuyez sur le couteau-fourchette, l’appli vous propose une liste des restaurants qui se trouvent à proximité. Une fois le restaurant sélectionné, le menu apparait, avec l’évaluation de chaque plat. «Si vous avez commandé le vivaneau, sélectionnez-le dans le menu pour ajouter votre évaluation. Ajoutez une photo et un commentaire et le tour est joué!», poursuit-il.

Vous pouvez également suivre vos amis et d’autres personnes sur l’application (abonnez-vous au compte de Tastet pour connaître nos plats coup de coeur!) et créer des listes personnalisées pour retrouver facilement les recommandations de sources fiables.

Avec l’aide de Wadju, on pourra bientôt commander à n’importe quel restaurant sans crainte d’être déçu ou de passer à côté d’un plat incroyable.

De producteur hollywoodien à entrepreneur tech

Cheveux gris en broussaille, casquette élimée à l’effigie de Nos Glorieux, sourire affable ; Theodore Schipper ne ressemble pas au stéréotype du guru de la tech. De fait, c’est un virage encore récent pour l’entrepreneur natif de Montréal, qui a fait carrière à Hollywood avant de tout plaquer pour lancer Wadju.

«J’ai grandi à Montréal et, depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours su que je voulais faire des films», raconte-t-il.

Au grand regret de son père médecin, Ted a fait ses études en droit, à l’Université McGill. «Je savais que c’était la meilleure façon de devenir producteur de films», nous raconte-t-il.

Pendant sa troisième année de droit, il contacte plusieurs studios à Hollywood. «C’était bien avant Internet. À l’époque, on devait écrire une lettre, coller un timbre et la mettre à la poste», ricane-t-il.

Éventuellement, il reçoit une réponse de Concorde-New Horizon, une compagnie de production et de distribution spécialisée dans les films de série B à petits budgets, fondée par Roger Corman, légende du cinéma indépendant et surnommé «Le Pape du film pop». Le studio lui propose un stage non-rémunéré, au terme duquel il est engagé au département légal. Pendant les années qui suivent, il apprend tout sur le cinéma et touche à tous les aspects de l’industrie.

Puis, Ted décide de faire son bout de chemin, jusqu’à ce qu’il atterrisse chez Annapurna Pictures, qui deviendra avec son aide le studio de production indépendant renommé qu’on connait aujourd’hui. On leur doit entre autres les films Sans Loi, Le Maître, Elle et l’incroyable Opération avant l’aube.

Retour à la case départ

Mais revenons à Wadju.

L’idée est apparue à Ted en 2014 au retour d’un restaurant de Los Angeles, alors qu’il parlait au téléphone avec sa mère en conduisant. «Qu’est-ce que tu as mangé? Qu’est-ce que tu as aimé?», le taraudait-t-elle.

«Quand une femme juive d’un certain âge dit « What did you… », ça sonne comme « Wadju », explique Ted. C’est de là que m’est venu le nom.»

«Toute la technologie nécessaire existait déjà. Pourquoi n’aurait-on pas accès à ce que nos amis, des critiques ou tout simplement d’autres personnes qui ont déjà mangé au même restaurant ont pensé des plats, au moment opportun?», ajoute le fondateur.

Ne sachant trop vers qui se tourner avec son idée, il demande conseil à un ami, qui lui présente l’entrepreneur en série Robert Tercek. C’est l’occasion pour Ted de mettre à profit ses années d’expériences de pitchs à Hollywood.

«Ce gars-là était une sommité du monde des apps mobiles à l’époque. Je ne sais pas combien d’idées il pouvait entendre chaque jour, mais mon ami a organisé une rencontre et il m’a dit: « C’est une bonne idée, tu devrais le faire. »»

Mais Ted ne pouvait réaliser son projet seul: il fait donc appel à son ami d’enfance, l’ingénieur informatique Jory Zunenshine, qui embarque dans l’aventure à titre d’associé et cofondateur.

Ted (à droite) et son ami de longue date et associé Jory Zunenshine (à gauche)

Bientôt au menu

Qu’est-ce qui attend Wadju pour la suite?

«Une fois qu’on aura suffisamment d’utilisateurs, on veut créer une plateforme où vous pourrez interagir avec la communauté au-delà des évaluations et des notes», dit Ted.

Il souhaite créer des outils qui permettront aux chefs, restaurateurs et autres amateurs de bonne chère de vendre des cours de cuisine, des recettes ou d’autres services directement sur la plateforme. «On veut créer un marché numérique dédié aux arts de la table», résume-t-il.

Mais Ted Schipper ne s’arrêtera pas là. Il voit encore plus grand. «On veut que Wadju deviennent gigantesque. Quand on pense à San Francisco, on pense à Apple et Facebook. à Seattle, c’est Starbucks. À Montréal, ce sera Wadju. C’est ce que je vois dans le futur, mais pour le moment, on avance un pas à la fois. Ou plutôt une note à la fois», conclut Ted.

Et si on peut se permettre: Montréal sera la ville de Wadju ET de Tastet. 😉

«Exactement!»

À propos de Wadju

L’application Wadju est disponible dès maintenant sur l’App Store. La version Android sera déployée sous peu. Pour plus d’info, visitez wadju.com.


Photographié par Mikael Lebleu

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