Lettre ouverte aux élus : Un bar, c’est une PME

Mis à jour le 26 mai 2020   |   Publié le 5 mai 2020   |   318 partages
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Lettre ouverte aux élus : Un bar, c’est une PME

Dans le cadre du mouvement #unbarcestunepme (mouvement que l’on supporte de tout cœur), les bars s’unissent afin d’obtenir le droit de se réinventer, tout comme leurs confrères restaurants. Véritable cri du cœur de ces petites entreprises qui demandent seulement le droit de continuer à faire ce qu’elles font de mieux : continuer à donner du plaisir aux gens pour leur permettre de survivre à cette crise !

Lettre ouverte aux élus

« Permettez-nous de vendre du vin à emporter!

Une mesure qui peut aider à sauver des PME et qui ne coûtera rien au gouvernement.

Nous sommes des propriétaires de bars, des petites entreprises de ville, de quartier. Nous sommes aussi des restaurateurs : nos ventes de nourriture représentent de 20 à 50 % de nos revenus. Nous sommes des entrepreneurs passionnés, résilients et créatifs, et nous contribuons au dynamisme de notre industrie et de nos économies locales.

Nous sommes infiniment reconnaissants du travail colossal accompli à ce jour par nos gouvernements dans le cadre de la crise du COVID-19, et réalisons tout à fait la complexité de la tâche. La santé reste la priorité absolue pour tous. Plusieurs d’entre nous avons d’ailleurs fermé nos établissements avant que ce ne soit requis. Nous avons été parmi les premiers à fermer, et serons parmi les derniers à rouvrir. Nous adhérons totalement à ces mesures mais nous devons aussi nous préoccuper de la santé de nos entreprises. Persuadés d’être un maillon important de notre société, nous voulons continuer de contribuer à l’économie. Pour cela, il faut d’abord survivre.

Ce que nous demandons ne requiert aucun don, prêt ou subvention. Nous voulons simplement le droit d’exercer notre métier, de vendre du vin, même dans des conditions exceptionnelles.

Nous n’avons plus le temps d’attendre. Nous sommes, comme tant d’autres, dans l’urgence. Nous avons d’abord été mis à l’écart de toutes les mesures d’aide parce que nous détenons, en plus de notre permis de restaurant, un permis de bar. Nous n’avons pas eu le droit de vendre de la nourriture à emporter. Ces deux points ont maintenant été corrigés, mais l’interdiction de vendre du vin demeure, alors que tous les restaurants ont ce droit.
Les autres provinces canadiennes et de nombreux états américains ont aussi permis aux établissements licenciés de vendre de l’alcool à emporter.

Les autorités gouvernementales, la RACJ et la SAQ ont récemment permis à un tiers (alfred.vin) de vendre nos vins sur sa plateforme. Une initiative louable certes, et que nous saluons, mais pensons-y : un tiers peut vendre nos vins, que les clients pourront venir chercher dans nos établissements respectifs, mais nous non? Cela nous apparaît discriminatoire.

Nous sommes conscients que beaucoup de choses devront changer au sortir de cette crise, qui a mis en lumière de nombreux dysfonctionnements, et pas seulement dans le domaine de la restauration. Nous devrons tous nous adapter à une nouvelle réalité qui changera les règles du jeu. Mais dans l’immédiat, nous avons une seule et simple demande : autorisez-nous à vendre du vin, de la bière, du cidre, de l’alcool, avec ou sans nourriture à emporter. Nous avons été très durement touchés par la crise : dans l’impossibilité de nous tourner vers les ventes à emporter, nous avons dû complètement cesser nos opérations. Zéro revenu, et d’importants frais fixes à couvrir. Plusieurs de nos collègues sont au bord de la faillite. Nous voulons simplement pouvoir générer des revenus qui nous permettront de couvrir nos frais et nous donneront tous un sérieux coup de pouce dans notre lutte pour survivre.

Un nouveau modèle de bars-restaurants s’est développé au cours des vingt dernières années, qui a énormément contribué à la réputation gastronomique du Québec. Malheureusement les lois n’y sont pas adaptées. Il faut cesser de nous associer, les détenteurs de permis de bar, au crime organisé, et reconnaître notre juste place dans la société en tant qu’entrepreneurs dynamiques. La notoriété de plusieurs d’entre nous dépasse nos frontières et fait rayonner le Québec à l’étranger.

C’est par notre passion et notre rigueur qu’a été établi la renommée de nos établissements. Ne laissez pas cette passion s’éteindre.

Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à cette demande urgente, et espérons que vous comprendrez la simplicité et l’efficacité de cette mesure, et surtout, à quel point elle est essentielle à notre survie.

Simone Chevalot, Buvette chez Simone, Montréal
Alain Rochard, Le Rouge-Gorge, Montréal
Véronique Rivest, Soif Bar à Vin, Gatineau
Marc Bungarten, Bar Henrietta, Montréal
Richard Holder, Majestique, Montréal,
Marcos Almaguer, Le Darling, Montréal,
Max Ruiz Laing, Le Loïc, Montréal
Pierre Thibault, Taverne Saint-Sacrement, Montréal
Nikolas Da Fonseca, vinvinvin, Montréal
Jean-François Gladu, Bar Furco, Montréal
Sandra Bourgeois, Le Ratafia, Montréal

NB: Cette lettre a été envoyée hier à nos élus(es).

À faire circuler sans modération!
#Unbarcestunepme  »

Mais où sont les droits des bars là-dedans ?!

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