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En France, tout le long du littoral méditerranéen, trouver une bonne table relève souvent de l’exploit, beaucoup de pseudo restaurants, gargotes et autres coupe-gorges. De temps en temps une éclaircie, Le Fanal en est une belle.

Banyuls est l’avant-dernier village côtier français avant la frontière avec l’Espagne ; pour qui descend à Barcelone par la côte, c’est une halte reposante après le brouhaha de Collioure, envahi par des hordes de shorts et tongs.

Au bout du port, Le Fanal, un petit restaurant avec une belle terrasse abritée. Dans la lumière du fanal, un chef, Pascal Borrell, originaire du Perpignan voisin, biochimiste gastronome. De divers séjours dans certaines des meilleures cuisines de l’Hexagone — Ledoyen, Bardet, Passard (sept macarons Michelin à eux trois) — et de son parcours chez les Compagnons du Tour de France, le chef Borrell a rapporté beaucoup et redonne tout autant dans de très belles assiettes. À lui seul, ce chef-là justifie que vous vous arrêtiez manger à Banyuls

Menu retour de marché, disponible midi et soir, une entrée et un plat ou un plat et un dessert pour 19 euros ; entrée, plat et dessert pour 29 euros. Pour un macaron Michelin, avouez que c’est très raisonnable.

Ce soir-là, deux entrées irréprochables : « Croustade aux olives, moules en marinade » et « Légumes rafraîchis en méli mélo, huile d’olives de la Baillaury » ; suivies de deux plats principaux, lapin et poissons, servis dans de belles assiettes reparties en cuisine soigneusement nettoyées. Marie et Maguy avaient bien émis quelques réserves sur leurs lapins rôtis en croûte, jus au romarin, mais après avoir goûté le plat, Bernard et moi avions conclu que leurs critiques étaient exagérément sévères et très moyennement justifiées.

Mon sourire intérieur de la soirée aura été offert par les explications de la patronne sur le « Crémat de poissons, aïgo Bullido » fournies à mon ami Bernard, expert local ès la chose et de nombreuses autres, affinées au cours d’une brillante carrière en cuisine pendant une cinquantaine d’années qui eût la délicatesse et la courtoisie de ne pas commenter.

Cette même patronne monte par contre une carte des vins intelligente et mettant l’accent sur les très belles bouteilles produites localement en plus de quelques autres venues d’autres cieux tout aussi radieux.

L’aventure dans les assiettes se poursuit avec une « Composition fromagère d’ici et ailleurs », puis une « Pêche rôtie à la vanille » en conclusion et en confirmation que nous reviendrions manger ici lors d’une prochaine visite dans la région.

 

 


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