François Lurton : cinquième génération de viticulteurs Bordelais

« Moi, c’est comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais jeune. » François Lurton est de la cinquième génération de viticulteurs de la famille Lurton, qui produit des vins dans le Bordelais depuis 1897 !

François Lurton : vigneron cinquième génération de viticulteurs Bordelais

« Non vraiment, j’ai d’abord commencé par boire le produit ! » (rires) Si François Lurton est né dans le monde du vin, il commence à y travailler officiellement à 27 ans. En 1985, après des études de commerce, François Lurton commence sa carrière professionnelle comme directeur commercial — marketing des vignobles de son père André Lurton.

À la fin des années 80, profitant de la notoriété de son nom de famille et mettant à profit ses connaissances sur le vin et son esprit d’entrepreneur, François Lurton lance une société-conseil avec son frère Jacques. La société-conseil les amène à parcourir la planète pour y dénicher des vins et des terroirs d’exception ! « On nous surnommait les flying wine makers ou les vinifacteurs volants parce que les vignes sont sédentaires, mais on se déplaçait tout le temps et partout en avion. » Les frères Lurton commencent leur affaire en France, puis en Australie, avant de se diriger vers l’Argentine, le Portugal et l’Espagne. L’affaire gagne rapidement en popularité et ils se retrouvent partout, en Afrique du Sud, en Inde, en Hongrie, etc. Ils sont alors constamment à la recherche de viticulteurs, de négociants et de détaillants afin de satisfaire les exigences et demandes de leurs clients importants — dont Marks & Spencer, Tesco, Hardy’s et autres. « On travaillait beaucoup à cette époque, et on a gagné un peu d’argent. »

S’il excelle dans le conseil, François Lurton reste un paysan dans l’âme, et quelque chose lui manque. Il décide alors de créer ses propres vignobles avec son frère : « au lieu de s’occuper des vins des autres, on voulait avoir les nôtres. On est des enfants de viticulteurs, ce métier est le premier métier que ma famille ait fait. Les côtés industriel (transformateur de vin) et commercial (vente de vin) sont intéressants, mais l’agriculture, s’occuper de la terre, de la vigne, ça nous manquait trop. » Ils s’installent et produisent alors leurs propres vins dans quatre pays différents : France, Espagne, Argentine et Chili.

En 2007, ils décident de réorganiser l’entreprise et François devient alors l’actionnaire majoritaire de la société. Cela lui permet de s’impliquer davantage dans l’élaboration de ses vins et d’en garantir le haut niveau de qualité.

Depuis 2009, une association de producteurs Lurton s’est créée. « J’ai travaillé dans ma famille, mais je ne m’entendais pas trop avec eux. Chaque Lurton a mauvais caractère, personne n’arrive à travailler ensemble. (rires) Pour à la fois protéger le nom et permettre à tout le monde de travailler de manière indépendante, on a tous décidé de créer cette association de famille de producteurs Lurton. » L’association Lurton compte maintenant seize membres et rayonne à travers le monde.

Aujourd’hui, François Lurton possède des vignobles en Argentine, au Chili, en France et en Espagne. Une de ses spécialités est le sauvignon : « mes vins ont tous un style, mon style, je crois. On offre des vins blancs signatures, on nous reconnaît pour la fraicheur et l’acidité de nos vins. » François Lurton fait un vin qui reflète la terre où il travaille, il crée des vins identitaires. Selon lui, tous les endroits ont un potentiel qualitatif et il aspire tous les jours à réaliser sur chaque terroir un vin qui en soit le meilleur reflet possible. « Le vin, c’est un moment, et un endroit. À un endroit, il faut donc boire un type de vin pour vivre les vins de cet endroit. »

Il apprécie évidemment toutes ses bouteilles, mais nous suggère quelques-unes de chaque endroit pour mieux comprendre ses produits :

En Argentine, il possède le domaine Bodega Piedra Negra, et un de ses vins préférés est le Gran Lurton. Ce cabernet sauvignon est son premier vin développé en association avec son frère à son arrivée en Amérique du Sud. Si d’abord ils préféraient ne pas cultiver ce cépage par crainte d’en faire une copie bordelaise, les deux frères ont découvert que le cépage reflétait le terroir argentin avec une foule d’expressions uniques. On note à la dégustation de beaux fruits noirs et de délicates notes épicées. François, en grand amateur de vins blancs d’Italie du Nord (frioul) a donc été ravi de développer ce blanc, vinifié sur lies, en barriques. Un vin original, fruité, gras, vif et rond. » Il confie : « C’est un vin que j’aime beaucoup ! » (tu parles d’un rouge en haut)

Au Chili, son vignoble est Hacienda Araucano, dont il affectionne particulièrement le Clos de lolol. Ce vin est l’essence du climat de la vallée fraîche de Lolol et de toutes ses variations. Il est élaboré avec les meilleurs plants de vignes, de quatre différents cépages dont les raisins mûrissent lentement dans ces conditions climatiques : Carmenère, Cabernet Sauvignon, Syrah et Cabernet franc. Les raisins sont vendangés à la main, triés à deux reprises, avant d’être fermentés à basse température afin d’extraire les arômes fruités et les tannins. Ce vin a gagné plusieurs prix. François Lurton dit : « C’est un vin d’assemblage du terroir local qui a beaucoup de charme, il est unique et sans comparaison aux autres vins du Chili. Un véritable vin chilien avec une touche française ! »

En France, il est connu pour son domaine François Lurton. De ses vins français, il aime beaucoup le Petit pas. Ce vin est un mélange de grenache, Carignan et Syrah. C’est un modèle de ce que je fais : vins frais, fruités, qu’on vend très jeunes. Il a d’ailleurs énormément de succès auprès des jeunes. Il est en plein dans le mode de consommation actuelle. Il ne contient pas de soufre, pas de sulfite, et est digeste. Le vin est très souple, fruité, frais et très accessible.

En Espagne, son domaine est Bodega Lurton et un de ses vins préférés est le Hermanos Lurton Rueda. Je suis allé en Espagne pour produire des vins blancs. Je suis tombé en amour avec le cépage verdejo qui n’existe que là. Il est très intéressant pour les vins blancs : les petits, comme les grands. » On a vinifié le Verdejo de manière très différente. Les Espagnols ont dit qu’on avait été des révolutionnaires ! Il n’y avait pas de vins secs comme on fait avec les sauvignons. C’est devenu très à la mode, mais je pense qu’on a été visionnaire avec celui-là. »

François Lurton est aujourd’hui une sommité très connue dans le monde du vin. Il dépasse largement son père et son frère en termes de volume, produisant plus de 10 millions de bouteilles sur 400 hectares dans le monde entier ! Tous ses vignobles sont organiques, bio et biodynamiques et il tente d’y faire goûter le terroir de chaque endroit. « Je fais du vin pour la diversité. C’est cette diversité qui fait l’enchantement du vin ! »

© photos François Lurton

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